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 Chine : LaGrandecensure.com

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Chien Guevara
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Nombre de messages : 9406
Date d'inscription : 10/06/2007

MessageSujet: Chine : LaGrandecensure.com   Dim 30 Mar - 17:08

Chine : LaGrandecensure.com


Baptisée «Bouclier d'Or», la machine chinoise de censure du web monte en puissance. Avec l'appui de certains sites occidentaux.



Le site Yahoo! présentant des émeutiers tibétains

A quatre mois des Jeux, le gouvernement chinois a décidé de jouer la carte de la prudence. Aucune information sur la violente répression des Tibétains n'est accessible par Internet dans le pays. Vingt à trente milles policiers surveillent, bloquent et censurent le net quotidiennement. Ils sont relayés par les grands portails chinois et les médias nationaux qui s'auto-censurent afin d'éviter la suppression de leur journal, de leur chaîne de télévision ou, pire, l'emprisonnement. Pour Luc Richard, correspondant de Marianne en Chine, l'information sur les récents événements au Tibet s'est faite par étapes: rien pendant 24 heures, puis des images de saccages de boutiques et de lynchages de Chinois par des Tibétains, appuyant les thèses du régime. «Il y a eu une évolution depuis dix ans. A l'époque, aucune information ne serait sortie. Aujourd'hui, les images passent en boucle à la télévision et sont commentées mais elles servent la propagande» explique le journaliste. Sur les forums de discussions et les blogs, tous les commentaires sont supprimés, sauf ceux appelant au meurtre de Tibétains.

Une efficacité relative
Luc Richard raconte : «A l'intérieur du pays, les informations circulent un peu grâce aux SMS que s'envoient les Chinois, citadins comme paysans.» Malgré des écoutes téléphoniques systématiques, les habitants se renseignent et témoignent, entre eux, de leurs expériences grâce à des mots codés. Par ailleurs, jusqu'ici il était possible d'accéder à des sites d'information étrangers depuis la Chine par des relais - ou «proxys» - mais ils sont désormais inaccessibles. De même, le direct à la télévision est toujours différé de quelques minutes afin de parer à l'inattendu, qui pourrait nuire au régime. «Au Tibet, ils ont mis en place un système de contrôle des Internautes avec un numéro d'identification et un autre système de préprogrammation par mots clés. Mais leur efficacité est très relative. Et puis, tout système génère son contre-système. Ils ne sont pas à l'abri de petits génies de l'Internet, ou de fonctionnaires de l'administration qui souhaiteraient sortir des infos» précise Roger Faligot, auteur du livre Les services secrets chinois.

Le « Grand Pare-Feu » de la Chine
Cette machine de censure bien huilée porte un nom : le projet «Bouclier d'Or», dont les lois sont différentes selon les régions. A l'extérieur de la Chine Continentale, ce système est connu sous le nom de «Grand Pare-feu de la Chine», en référence à la grande muraille. Deux niveaux de blocage des serveurs extérieurs sont mis en oeuvre. La plupart sont filtrés, l'internaute attend indéfiniment comme si le site était saturé. D'autres sont bloqués, comme si le site refusait la connexion. La porte d'accès à Google existe en deux versions : Google.com (en langue chinoise) et plus récemment Google.cn. Les interfaces sont similaires et les deux sites sont accessibles de Chine, bien que Google.com ait déjà été temporairement bloqué. Un grand nombre de sites situés à l'extérieur de la Chine continentale sont sujets à une censure limitée dans le temps. Il est difficile d'en donner une liste exacte car ces sites sont accessibles dans certaines villes et non dans d'autres.

Fichage des blogueurs anonymes
Les sites d'information de sources étrangères, et particulièrement ceux qui proposent des forums et/ou une version en langue chinoise - BBC News, Hong Kong news et Radio-canada.ca - sont très surveillés. Sont censurés les sites et les informations sur l'indépendance des Tibétains et les actions du Dalaï Lama bien sûr, mais aussi sur les manifestations pro-démocratie de la place Tiananmen en 1989, l'indépendance des Ouïghours et de Taïwan, le site officiel de l'Eglise catholique clandestine et certains sites de Chinois à l'étranger comme China Gate.
Wikipédia, dans toutes les langues, est bloqué - malgré un bref déblocage en octobre 2006-; le site en langue chinoise est plus difficile d'accès que les autres. En réponse à Wikipédia, le moteur de recherche Chinois Baidu a lancé Baidu Baike, une sorte de Wikipédia chinois censuré. FreeBSD.org, maintenant accessible, a été bloqué jusqu'en décembre 2005. Egalement, le site du Falun Gong et de nombreux sites ayant pour sujet le Falun Gong ainsi que le site de Reporters sans frontières. Le gouvernement chinois essaie d'appliquer aux blogs tenus par des Chinois sur des sites extérieurs la même politique de vigilance qu'à l'intérieur. Pékin souhaite même ficher les blogueurs anonymes alors qu'on en recense 17,5 millions dans le pays.

Yahoo ! complice ?
Outre les mesures prises par les autorités de Pékin, certains sites étrangers apportent leur soutien tacite à la politique répressive du régime. Ainsi en 2005 le cyber-dissident Shi Tao avait été arrêté puis condamné à 10 ans de prison suite à des informations transmises à la police chinoise par le site Yahoo ! qui investissait alors des sommes considérables en Chine et ne pouvait envisager de ne pas répondre aux requêtes du régime. N'ayant pas perdu ses réflexes, le 23 mars Yahoo ! Chine mettait en ligne sur sa page d'accueil un avis de recherche lancé par les autorités contre une vingtaine de Tibétains accusés d'avoir participé aux récentes émeutes. MSN Chine diffusait le même avis, mais à l'intérieur de son site. Le texte était accompagné des photos des Tibétains suspects. Sur les 24 Tibétains visés par cet avis de recherche, deux auraient déjà été arrêtés.

Des milliards qui coûtent cher
Aujourd'hui, la société se défend en précisant «la marque Yahoo! Chine est opérée par Alibaba, société dont Yahoo! détient moins de 40% des parts». Dans un communiqué, Yahoo! déplore même l'utilisation d'internet pour supprimer la liberté d'expression et affirme être «une compagnie basée sur le principe selon lequel la promotion de l'accès à l'information peut fondamentalement améliorer la vie des gens et leur relation au monde qui les entoure».
Belles paroles certes, mais «même si c'est en partie vrai, c'est complètement hypocrite, explique la sinologue Marie Holzman car ils se font implicitement les relais de la politique répressive du régime. On ne peut pas s'exonérer des informations, surtout quand elles sont aussi graves, diffusées sur les sites dont on possède la marque».
L'image de Yahoo ! avait déjà été fortement ébranlée en 2005. Aujourd'hui c'est tout le comportement des sociétés étrangères vis à vis des autorités de Pékin qui est remis en cause. Et la facture de la très juteuse collaboration de Yahoo ! avec Pékin pourrait se révéler sévère ! Il est des milliards plus chers que d'autres…


L'ambassade de France en Chine, partisane de la censure ?
Un communiqué envoyé par le service de presse de l'ambassadeur de France en Chine, Hervé Ladsous, explique que «le traitement par les médias chinois des événements survenus depuis le 10 mars sur les marches méridionales de la République Populaire est par certains aspects très innovant.» La diplomatie française semble ainsi justifier la politique de la Chine envers le Tibet. Cette complaisance est surprenante de la part d'un membre du corps diplomatique, spécialiste du pays, qui ne peut ignorer la censure générale des médias chinois. Pourtant, on peut lire dans le communiqué: «Quelle que soit l'interprétation que l'on a des évènements, il faut donc constater que l'opinion publique chinoise a, depuis le 20 mars, librement accès à la plupart de l'information visuelle que l'on peut voir par ailleurs dans le reste du monde.» Étrange interprétation de la liberté dans un pays où tous les sites étrangers sont censurés et où ne subsistent que les partisans du pouvoir et de sa propagande. «Un tel niveau de transparence était en tout cas inédit» écrit l'ambassade qui dit assister à «une normalisation de l'information». Où est la transparence lorsque la télévision chinoise dissimule les images de la répression et qu'elle dénonce les actes du Dalaï Lama et «de sa clique» ? Comment parler de normalisation quand des journalistes se font emprisonner pour oser critiquer le gouvernement ? À ce train-là, on peut imaginer que l'ambassade dénoncera bientôt les actes dangereux de Robert Ménard et de sa "clique"…
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