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 Une baisse du chômage en trompe-l'oeil

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Chien Guevara
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MessageSujet: Une baisse du chômage en trompe-l'oeil   Sam 8 Mar - 0:30

Une baisse du chômage en trompe-l'oeil



Selon l’INSEE, le taux de chômage serait tombé à 7,5% en 2007. A quelques jours des élections, c’est une aubaine pour le gouvernement qui ne manque pas de s’autoféliciter et espère s’en servir pour inverser la tendance.
Ces chiffres restent cependant très contreversés. Ces chiffres ne reflètent pas la réalité du chômage en france. En décembre 2007, le nombre d’inscrits à l’ANPE était de 3 850 000 personnes. En outre, ces chiffres ne donnent aucune indication sur la nature des emplois. Les syndicats dénoncent une recrudescence des emplois précaires.
Enfin, l’embellie statistique des chiffres du chômage pourrait ne bien être que passagère. En janvier, le nombre de demandeurs d’emploi a progressé de 1,8 % selon le ministère de l’Économie.

Les chiffres officiels du chômage ne pouvaient pas mieux tomber. À deux jours du premier tour des élections municipales, l’INSEE a publié le taux de chômage du dernier trimestre 2007. La part des demandeurs d’emploi dans la population active serait tombée à 7,5 %, pour revenir à son plus bas niveau depuis 25 ans. « Une bonne nouvelle », selon le président de la République, « un résultat exceptionnel » pour le premier ministre, qui ont versé hier tour à tour dans l’autosatisfaction, espérant désamorcer un possible vote sanction dimanche.
Reste que ce résultat relève plus des apparences que de la réalité.Premièrement, contrairement aux engagements gouvernementaux d’intégrer l’ensemble du territoire dans le calcul du taux de chômage, les 7,5 % annoncés ne tiennent compte que de données enregistrées en France métropolitaine. En prenant en compte les DOM-TOM, le taux remonte à 7,8 %. Deuxièmement, le nombre de demandeurs d’emploi (2,1 millions de personnes en métropole selon l’INSEE) a été calculé sur la base de la définition du chômage établie par le Bureau international du travail (BIT). Au sens de cet organisme des Nations unies, sont reconnues comme chômeurs les personnes qui sont simultanément sans travail, à la recherche d’un emploi (salarié ou non salarié) et disponibles pour travailler. Certains demandeurs d’emploi ne rentrant pas dans ces critères ne sont donc pas comptabilisés. Soit parce qu’ils ont travaillé au moins une heure dans la semaine qui fait référence pour le calcul du taux de chômage, soit parce qu’ils ne sont pas immédiatement disponibles, en raison d’une formation par exemple, ou soit encore parce qu’ils ne se livrent pas à une recherche active d’emploi. Ainsi, en décembre 2007, le nombre total d’inscrits à l’ANPE (hors DOM-TOM) était de 3 850 000 personnes.
Troisièmement, les statistiques de l’INSEE ne disent rien de la nature des emplois créés. Or, comme l’a relevé hier le secrétaire général de la CFDT, François Chérèque, « on assiste à un développement de l’emploi précaire. 70 % des embauches se faisant en CDD, et à un développement des temps partiels imposés ». Enfin, l’embellie statistique des chiffres du chômage pourrait ne bien être que passagère. Ainsi, en janvier, le nombre de demandeur d’emploi a progressé de 1,8 % selon le ministère de l’Économie et des Finances. En 2007, le secteur tertiaire (62 100 créations) et celui du bâtiment (14 700 créations) ont été les principaux moteurs de l’emploi. En 2008, ces deux secteurs devraient connaître un ralentissement en raison de la crise financière et immobilière. Et ce n’est pas l’industrie qui a perdu encore 17 000 postes l’année dernière qui semble pouvoir prendre le relais.

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guigui
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MessageSujet: Re: Une baisse du chômage en trompe-l'oeil   Sam 8 Mar - 0:48

Comme par hasard le chomage baisse , comment est ce possible si ce n'est pas trucage des chiffres ? plus de postes supprimés et le chomage baisse ? y'a un probleme la
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hirondelle
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MessageSujet: Re: Une baisse du chômage en trompe-l'oeil   Sam 8 Mar - 12:26

je pense qu'ils font comme d'habitude; ils enlèvent ceux qui ne sont plus rémunérés par les ASSEDIC, ceux qui sont en stage, etc ...
les chiffres sont faussés comme d'hab...
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MessageSujet: Re: Une baisse du chômage en trompe-l'oeil   Sam 8 Mar - 17:38

scratch je pense aussi...
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Clode
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MessageSujet: Re: Une baisse du chômage en trompe-l'oeil   Sam 8 Mar - 22:54

hirondelle a écrit:
je pense qu'ils font comme d'habitude; ils enlèvent ceux qui ne sont plus rémunérés par les ASSEDIC, ceux qui sont en stage, etc ...
les chiffres sont faussés comme d'hab...

Donc plus le chômage baisse plus il y a de très très pauvres.
Il devraient mettre aussi les chiffres des rmistes.
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Chien Guevara
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MessageSujet: Re: Une baisse du chômage en trompe-l'oeil   Dim 9 Mar - 1:42

En effet : les chiffres globaux des "sans emploi" seraient bien plus représentatifs des difficultés réelles !! Twisted Evil
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hirondelle
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MessageSujet: Re: Une baisse du chômage en trompe-l'oeil   Dim 9 Mar - 11:48

Les français ne sont pas dup.
On le sait que les chiffres sont truqués.
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Chien Guevara
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MessageSujet: Re: Une baisse du chômage en trompe-l'oeil   Lun 10 Mar - 2:16

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ecotone
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MessageSujet: Re: Une baisse du chômage en trompe-l'oeil   Mar 29 Avr - 12:38

Pensée conformiste - Posté par Renaud Tarlet, 21 avril 2008 à 12:31
http://olivierbonnet.canalblog.com/archives/2008/04/20/8893959.html

Bonjour à toutes et tous.

Tout d'abord, merci beaucoup à vous, Monsieur Bonnet. Je lis
régulièrement votre blog et il "élimine les toxines" dans notre
temps de conformisme et de "pas de vague".

Je suis doctorant en sociologie et j'avais réalisé mes premiers
travaux (en maîtrise) sur le traitement des chômeurs.

J'aimerais apporter un éclairage anthropologique sur l'étrange
réussite du discours persécuteur de la "droite décomplexée". En
effet, il est facile de s'informer pour savoir que les chiffres du
chômage sont honteusement truqués, que vraisemblablement plus de
six millions de personnes au moins sont concernées par le
sous-emploi et la précarité en France à l'heure actuelle, soit au
minimum le quart de la population active.

Du coup, expliquer cet état de choses par des tares individuelles
(certains ne veulent pas travailler) semble complètement aberrant
et imbécile. Comment cela peut-il marcher, comment des ficelles
aussi énormes peuvent-elles fonctionner ?

Je dirais que l'être humain "fonctionne" autour de deux grands
modes de rationalité, qui sont profondément étrangers l'un à
l'autre. Le premier mode, c'est celui de la "rationalité de la
raison". C'est celui qui nous fait comprendre que, lorsque des
millions de personnes sont touchées par le chômage ou le
sous-emploi, cela ne peut être dû à des causes individuelles.

Mais nous "fonctionnons" aussi autour d'une autre rationalité,
rationalité de crise et de protection contre la souffrance, la
rationalité fantasmatique. Cette rationalité s'éloigne de la
"rationalité de la raison" car elle n'a pas le même objet. La
rationalité fantasmatique a pour but de trouver coute que coute du
sens pour la personne en crise.

Prenons l'exemple du chômage. Vous êtes un salarié moyen, vous
bossez dur, et vous voyez votre voisin , dont la situation est
jumelle de la vôtre, se faire licencier et ne pas retrouver de
travail.

Si vous vous dîtes : "il est comme moi, ça pourrait m'arriver
aussi", vous vous retrouvez sans défense devant la réalité, face à
une situation contre laquelle vous ne pouvez rien faire. Cette
impuissance face au danger est extrêmement angoissante.

C'est pourquoi beaucoup d'individus dans cette situation auront
tendance à accepter un discours leur expliquant que ceux qui
tombent au chômage l'ont bien cherché. Voilà une explication qui
protège, même si ce n'est qu'imaginaire, fantasmatique. Si je me
dis "celui qui me ressemble tant est au chômage car il l'a
cherché", je regagne un pouvoir imaginaire sur ce qui m'arrive. Si
je travaille bien, tout ira bien. Ca me laisse "quelque chose à
faire" face à la fatalité.

Ce type de rationalité se retrouve aussi chez les chômeurs
eux-mêmes. Je citerai l'exemple d'une chômeuse à qui je demande,
en entretien : "Et si quelqu'un vous prouvez que le chômage est un
phénomène collectif et que vous n'y êtes pour rien, qu'en
penseriez vous ?" Elle de me répondre :"Alors là, ça serait une
catastrophe. Si je ne suis pas coupable, alors ça veut dire que je
peux rien y faire."

Nous avons ici un parfait exemple de rationalité fantasmatique. Le
raisonnement de cette personne est parfaitement logique,
implacable, même. Si elle accepte de se sentir responsable de sa
situation, alors elle peut croire pouvoir faire quelque chose.
Malheureusement, il reste un décalage entre le fantasme, le
souhait, et la réalité. Assumer cette pseudo-culpabilité n'aidera
en rien cette personne à retrouver un emploi.

Sur le plan collectif, les raisonnements obéissent bien souvent
aux mêmes nécessités fantasmatiques. L'être humain a avant tout
besoin de sens, particulièrement dans les situations d'incertitude
ou de crise. Il existe toujours un décalage entre nos
représentations du monde et la réalité de ce monde. Le monde ne
nous obéit pas, il nous surprend, nous blesse et nous déçoit. Or
le moyen le plus économique de régler ce décalage angoissant est
ce que l'anthropologue René Girard appelle le "bouc émissaire".

Comment cela se déroule-t-il ?

Prenons l'exemple du chômage. Des millions de personnes sont
structurées sur la valeur travail, et sur la conviction que "quand
on travaille, on est récompensé". Or, la réalité contredit ce
postulat. Des millions de personnes sont poussées dans le chômage
ou le sous-emploi.

La "rationalité de la raison" nous pousse à admettre que notre
système social échoue à assurer un travail pour tous alors qu'il
fait de ce travail la pierre angulaire de l'identité sociale.
Il semble donc évident que notre société doit réformer sa
représentation du travail, améliorer les solidarités avec les
victimes du sous-emploi, réfléchir à un partage du travail, par
exemple.

Mais pour penser tout cela, il faut comprendre la situation
globale, avoir le recul nécessaire pour comprendre que la
situation est collective, avoir la culture de lutte collective qui
permette d'espérer un changement social.

A défaut de ces "ressources", l'explication la plus simple, la
plus rassurante est la suivante :"il y a du boulot pour tout le
monde, ceux qui sont au chômage l'ont bien cherché". Tant qu'on
n'est pas touché par le phénomène, cette explication rassure. De
plus, l'exemple de la chômeuse que je cite montre que, même pour
les victimes du phénomène, l'acceptation de ce discours offre une
explication à leur situation.

Le problème social qui cause l'angoisse est assigné à des "boucs
émissaires". Ce chômage si inquiétant et qui laisse sans défense,
il est en fait la conséquence d'une minorité déviante, bien
identifiable. Les premiers, pour continuer avec l'exemple du
chômage, à avoir compris la puissance de ce type de discours sont
bien entendu les Nazis. "Trois millions de juifs, trois millions
de chômeurs, la solution est simple", disait Hitler.

Pour l'Allemand désespéré des années 30, le monde reprenait sens.
La fatalité qui l'avait poussé à la ruine portait à présent un
visage, celui du juif qui complotait dans les caves à la
destruction de la civilisation. La rhétorique actuelle du chômage
est cousine de la rhétorique nazie, sans nul doute possible : elle
se base sur les mêmes prémisses, mais au lieu de désigner les
juifs, elle désigne les "fainéants" (ce que les Nazis faisaient
aussi, les camps de concentration étant censés "rééduquer au
travail").

Une fois des coupables désignés(fussent-ils imaginaires, la
rationalité fantasmatique ne s'en soucie guère), le monde
redevient enfin cohérent, car c'est bien la cohérence que les
individus en crise recherchent à tout prix. Ce phénomène peut être
observé au quotidien. Combien de fois avons-nous fait un faux
mouvement qui nous a fait nous cogner, par exemple dans une porte,
avant de crier spontanément : "saleté de porte" ?

Face à la surprise de la douleur, le fait de fantasmatiquement
doter la porte d'intention mauvaises et de pouvoirs néfastes nous
permet d'accepter la situation. Parfois, nous croyons tellement à
notre fiction que nous donnons un coup de pied vengeur dans ladite
porte, ce qui défoule.
Le comportement des personnes en crise qui accusent les chômeurs
n'est pas foncièrement différent.

Notons que la chômeuse que j'ai interviewée elle-même expliquait
sa situation par "quelque chose" en elle qui posait problème. Elle
se construisait, à l'intérieur d'elle-même, son propre bouc
émissaire. Tout cela pour montrer à quel point soupçonner le
machiavélisme de ceux qui croient en ce type de discours est naïf
et inexact.

En fait, l'esprit humain bascule, quand il est face à des
phénomènes angoissants qu'il ne peut expliquer, vers ce que
j'appellerai la "pensée conformiste". Pensée conformiste car elle
veut que le monde soit conforme à ce qu'elle prétend, et elle y
arrive par des dispositifs rhétoriques stéréotypés qui sont, à ma
connaissance, au nombre de trois. Ces dispositifs permettent de
tout expliquer à peu de frais.

Dispositif un, le sophisme. Un postulat (A) s'appuie sur un
postulat (B), qui lui-même s'appuie sur le postulat (A). Exemple :
quand on cherche vraiment du travail (A), on en trouve (B), et on
en trouve (B), quand on en a vraiment cherché (A). Si on ne trouve
pas, c'est qu'on n'a pas bien cherché, le raisonnement est
imparable...
Ce type de raisonnement se retrouve dans tous les proverbes ou
maximes conformistes : Quand on veut (A), on peut (B); on n'a (A)
que ce qu'on mérite (B)...

Dispositif deux, la fausse dialectique. Derrière ces grands mots
se cache un type de raisonnement assez simple. Reprenons l'exemple
du chômage.

On postule que, quand on cherche vraiment du travail, on en
trouve. Or, la réalité contredit régulièrement ce postulat. La
fausse dialectique va régler cette contradiction en expliquant que
si ce qu'elle prédit ne se produit pas, c'est qu'on n'a pas encore
assez appliqué sa logique. Ici, par exemple, la fausse dialectique
consistera à prétendre que, si on n'a pas encore trouvé de
travail, c'est qu'on n'a pas encore assez bien cherché. Du coup,
toute contradiction entre ce discours et la réalité est facilement
explicable.

Autre exemple de fausse dialectique, le discours de répression de
la délinquance : on punit plus, et pourtant, il y a des
récidivistes (donc des gens que la punition n'a pas amendés, ce
qui prouve l'échec de la répression). Qu'à cela ne tienne : si des
gens récidivent encore, ce n'est pas que la logique punitive n'est
pas efficace, c'est qu'elle n'est pas encore assez appliquée,
sinon, elle marcherait. Là encore, ce discours résout d'office
toutes les contradictions, il a toujours raison.

Dispositif trois, la désignation d'un bouc émissaire. Le phénomène
problématique s'explique par la nature malfaisante de certains
ennemis du corps social. Certains sont chômeurs car ils sont
"fainéants" ou "inemployables". D'ailleurs, ces gens sont des
"fraudeurs", voire, d'après une banderole à succès qui, sur ce
point précis n'a provoqué aucune réaction, des pédophiles. La
vraisemblance de l'accusation n'a aucune importance.

La délinquance est due aux "multi-récidivistes". Ces gens ne sont
pas problématiques en tant que coupables d'un crime. Ils sont
naturellement dangereux, et le crime n'est que la manifestation de
leur nature problématique. C'est tout à fait le postulat de la loi
Dati sur la "rétention de sûreté", qui permet d'enfermer des
personnes une fois leur peine purgée.

Cette "philosophie" de la peine rompt clairement avec la
conception de l'Etat de droit, qui veut qu'on juge un coupable
d'après son acte et non d'après son être. La "rétention de sûreté"
n'est pas une invention de Rachida Dati, c'était une des pierres
angulaires de la machine de répression nazie (les internés dans
les camps de concentration l'étaient pour "raisons de sûreté").
Mais tout cela n'est pas inquiétant, bien entendu.

Avec ces trois dispositifs, aisément repérables, la pensée
conformiste a réponse à tout. C'est précisément son objet : la
cohérence absolue dans un monde incertain et angoissant.

Pour se débarrasser de cette pensée infernale, il n'y a pas
d'autre choix que de proposer sans relâche des explications
alternatives, avec patience (car les esprits conformistes sont
avant tout en crise), et avec beaucoup d'espoir, car ces satanés
discours sont incroyablement cohérents et impossibles à
contredire.

C'est ça, le défi qui nous est posé, à nous autres humanistes,
depuis Hitler : réussir à convaincre des gens de se débarrasser de
cette pensée dangereuse. Mais cela ne peut se faire avec des
leçons de morale. On ne soigne pas un paranoïaque en l'accusant
d'être paranoïaque. Nous sommes mis en demeure, pour citer
approximativement Lautréamont, d'"enseigner la vertu, plutôt que
de punir le vice".

Bien à vous, et en vous remerciant de votre article,

Renaud Tarlet
Posté par Renaud Tarlet, 21 avril 2008 à 12:31
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guigui
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MessageSujet: Re: Une baisse du chômage en trompe-l'oeil   Mar 29 Avr - 17:38

me semble que c'était darcos qu'avait fait les chiffres du chomage non ? ou c'est bertrand ?
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MessageSujet: Re: Une baisse du chômage en trompe-l'oeil   Mar 29 Avr - 20:01

ecotone a écrit:
Pensée conformiste - Posté par Renaud Tarlet, 21 avril 2008 à 12:31
http://olivierbonnet.canalblog.com/archives/2008/04/20/8893959.html

Bonjour à toutes et tous.

Tout d'abord, merci beaucoup à vous, Monsieur Bonnet. Je lis
régulièrement votre blog et il "élimine les toxines" dans notre
temps de conformisme et de "pas de vague".

Je suis doctorant en sociologie et j'avais réalisé mes premiers
travaux (en maîtrise) sur le traitement des chômeurs.

J'aimerais apporter un éclairage anthropologique sur l'étrange
réussite du discours persécuteur de la "droite décomplexée". En
effet, il est facile de s'informer pour savoir que les chiffres du
chômage sont honteusement truqués, que vraisemblablement plus de
six millions de personnes au moins sont concernées par le
sous-emploi et la précarité en France à l'heure actuelle, soit au
minimum le quart de la population active.

Du coup, expliquer cet état de choses par des tares individuelles
(certains ne veulent pas travailler) semble complètement aberrant
et imbécile. Comment cela peut-il marcher, comment des ficelles
aussi énormes peuvent-elles fonctionner ?

Je dirais que l'être humain "fonctionne" autour de deux grands
modes de rationalité, qui sont profondément étrangers l'un à
l'autre. Le premier mode, c'est celui de la "rationalité de la
raison". C'est celui qui nous fait comprendre que, lorsque des
millions de personnes sont touchées par le chômage ou le
sous-emploi, cela ne peut être dû à des causes individuelles.

Mais nous "fonctionnons" aussi autour d'une autre rationalité,
rationalité de crise et de protection contre la souffrance, la
rationalité fantasmatique. Cette rationalité s'éloigne de la
"rationalité de la raison" car elle n'a pas le même objet. La
rationalité fantasmatique a pour but de trouver coute que coute du
sens pour la personne en crise.

Prenons l'exemple du chômage. Vous êtes un salarié moyen, vous
bossez dur, et vous voyez votre voisin , dont la situation est
jumelle de la vôtre, se faire licencier et ne pas retrouver de
travail.

Si vous vous dîtes : "il est comme moi, ça pourrait m'arriver
aussi", vous vous retrouvez sans défense devant la réalité, face à
une situation contre laquelle vous ne pouvez rien faire. Cette
impuissance face au danger est extrêmement angoissante.

C'est pourquoi beaucoup d'individus dans cette situation auront
tendance à accepter un discours leur expliquant que ceux qui
tombent au chômage l'ont bien cherché. Voilà une explication qui
protège, même si ce n'est qu'imaginaire, fantasmatique. Si je me
dis "celui qui me ressemble tant est au chômage car il l'a
cherché", je regagne un pouvoir imaginaire sur ce qui m'arrive. Si
je travaille bien, tout ira bien. Ca me laisse "quelque chose à
faire" face à la fatalité.

Ce type de rationalité se retrouve aussi chez les chômeurs
eux-mêmes. Je citerai l'exemple d'une chômeuse à qui je demande,
en entretien : "Et si quelqu'un vous prouvez que le chômage est un
phénomène collectif et que vous n'y êtes pour rien, qu'en
penseriez vous ?" Elle de me répondre :"Alors là, ça serait une
catastrophe. Si je ne suis pas coupable, alors ça veut dire que je
peux rien y faire."

Nous avons ici un parfait exemple de rationalité fantasmatique. Le
raisonnement de cette personne est parfaitement logique,
implacable, même. Si elle accepte de se sentir responsable de sa
situation, alors elle peut croire pouvoir faire quelque chose.
Malheureusement, il reste un décalage entre le fantasme, le
souhait, et la réalité. Assumer cette pseudo-culpabilité n'aidera
en rien cette personne à retrouver un emploi.

Sur le plan collectif, les raisonnements obéissent bien souvent
aux mêmes nécessités fantasmatiques. L'être humain a avant tout
besoin de sens, particulièrement dans les situations d'incertitude
ou de crise. Il existe toujours un décalage entre nos
représentations du monde et la réalité de ce monde. Le monde ne
nous obéit pas, il nous surprend, nous blesse et nous déçoit. Or
le moyen le plus économique de régler ce décalage angoissant est
ce que l'anthropologue René Girard appelle le "bouc émissaire".

Comment cela se déroule-t-il ?

Prenons l'exemple du chômage. Des millions de personnes sont
structurées sur la valeur travail, et sur la conviction que "quand
on travaille, on est récompensé". Or, la réalité contredit ce
postulat. Des millions de personnes sont poussées dans le chômage
ou le sous-emploi.

La "rationalité de la raison" nous pousse à admettre que notre
système social échoue à assurer un travail pour tous alors qu'il
fait de ce travail la pierre angulaire de l'identité sociale.
Il semble donc évident que notre société doit réformer sa
représentation du travail, améliorer les solidarités avec les
victimes du sous-emploi, réfléchir à un partage du travail, par
exemple.

Mais pour penser tout cela, il faut comprendre la situation
globale, avoir le recul nécessaire pour comprendre que la
situation est collective, avoir la culture de lutte collective qui
permette d'espérer un changement social.

A défaut de ces "ressources", l'explication la plus simple, la
plus rassurante est la suivante :"il y a du boulot pour tout le
monde, ceux qui sont au chômage l'ont bien cherché". Tant qu'on
n'est pas touché par le phénomène, cette explication rassure. De
plus, l'exemple de la chômeuse que je cite montre que, même pour
les victimes du phénomène, l'acceptation de ce discours offre une
explication à leur situation.

Le problème social qui cause l'angoisse est assigné à des "boucs
émissaires". Ce chômage si inquiétant et qui laisse sans défense,
il est en fait la conséquence d'une minorité déviante, bien
identifiable. Les premiers, pour continuer avec l'exemple du
chômage, à avoir compris la puissance de ce type de discours sont
bien entendu les Nazis. "Trois millions de juifs, trois millions
de chômeurs, la solution est simple", disait Hitler.

Pour l'Allemand désespéré des années 30, le monde reprenait sens.
La fatalité qui l'avait poussé à la ruine portait à présent un
visage, celui du juif qui complotait dans les caves à la
destruction de la civilisation. La rhétorique actuelle du chômage
est cousine de la rhétorique nazie, sans nul doute possible : elle
se base sur les mêmes prémisses, mais au lieu de désigner les
juifs, elle désigne les "fainéants" (ce que les Nazis faisaient
aussi, les camps de concentration étant censés "rééduquer au
travail").

Une fois des coupables désignés(fussent-ils imaginaires, la
rationalité fantasmatique ne s'en soucie guère), le monde
redevient enfin cohérent, car c'est bien la cohérence que les
individus en crise recherchent à tout prix. Ce phénomène peut être
observé au quotidien. Combien de fois avons-nous fait un faux
mouvement qui nous a fait nous cogner, par exemple dans une porte,
avant de crier spontanément : "saleté de porte" ?

Face à la surprise de la douleur, le fait de fantasmatiquement
doter la porte d'intention mauvaises et de pouvoirs néfastes nous
permet d'accepter la situation. Parfois, nous croyons tellement à
notre fiction que nous donnons un coup de pied vengeur dans ladite
porte, ce qui défoule.
Le comportement des personnes en crise qui accusent les chômeurs
n'est pas foncièrement différent.

Notons que la chômeuse que j'ai interviewée elle-même expliquait
sa situation par "quelque chose" en elle qui posait problème. Elle
se construisait, à l'intérieur d'elle-même, son propre bouc
émissaire. Tout cela pour montrer à quel point soupçonner le
machiavélisme de ceux qui croient en ce type de discours est naïf
et inexact.

En fait, l'esprit humain bascule, quand il est face à des
phénomènes angoissants qu'il ne peut expliquer, vers ce que
j'appellerai la "pensée conformiste". Pensée conformiste car elle
veut que le monde soit conforme à ce qu'elle prétend, et elle y
arrive par des dispositifs rhétoriques stéréotypés qui sont, à ma
connaissance, au nombre de trois. Ces dispositifs permettent de
tout expliquer à peu de frais.

Dispositif un, le sophisme. Un postulat (A) s'appuie sur un
postulat (B), qui lui-même s'appuie sur le postulat (A). Exemple :
quand on cherche vraiment du travail (A), on en trouve (B), et on
en trouve (B), quand on en a vraiment cherché (A). Si on ne trouve
pas, c'est qu'on n'a pas bien cherché, le raisonnement est
imparable...
Ce type de raisonnement se retrouve dans tous les proverbes ou
maximes conformistes : Quand on veut (A), on peut (B); on n'a (A)
que ce qu'on mérite (B)...

Dispositif deux, la fausse dialectique. Derrière ces grands mots
se cache un type de raisonnement assez simple. Reprenons l'exemple
du chômage.

On postule que, quand on cherche vraiment du travail, on en
trouve. Or, la réalité contredit régulièrement ce postulat. La
fausse dialectique va régler cette contradiction en expliquant que
si ce qu'elle prédit ne se produit pas, c'est qu'on n'a pas encore
assez appliqué sa logique. Ici, par exemple, la fausse dialectique
consistera à prétendre que, si on n'a pas encore trouvé de
travail, c'est qu'on n'a pas encore assez bien cherché. Du coup,
toute contradiction entre ce discours et la réalité est facilement
explicable.

Autre exemple de fausse dialectique, le discours de répression de
la délinquance : on punit plus, et pourtant, il y a des
récidivistes (donc des gens que la punition n'a pas amendés, ce
qui prouve l'échec de la répression). Qu'à cela ne tienne : si des
gens récidivent encore, ce n'est pas que la logique punitive n'est
pas efficace, c'est qu'elle n'est pas encore assez appliquée,
sinon, elle marcherait. Là encore, ce discours résout d'office
toutes les contradictions, il a toujours raison.

Dispositif trois, la désignation d'un bouc émissaire. Le phénomène
problématique s'explique par la nature malfaisante de certains
ennemis du corps social. Certains sont chômeurs car ils sont
"fainéants" ou "inemployables". D'ailleurs, ces gens sont des
"fraudeurs", voire, d'après une banderole à succès qui, sur ce
point précis n'a provoqué aucune réaction, des pédophiles. La
vraisemblance de l'accusation n'a aucune importance.

La délinquance est due aux "multi-récidivistes". Ces gens ne sont
pas problématiques en tant que coupables d'un crime. Ils sont
naturellement dangereux, et le crime n'est que la manifestation de
leur nature problématique. C'est tout à fait le postulat de la loi
Dati sur la "rétention de sûreté", qui permet d'enfermer des
personnes une fois leur peine purgée.

Cette "philosophie" de la peine rompt clairement avec la
conception de l'Etat de droit, qui veut qu'on juge un coupable
d'après son acte et non d'après son être. La "rétention de sûreté"
n'est pas une invention de Rachida Dati, c'était une des pierres
angulaires de la machine de répression nazie (les internés dans
les camps de concentration l'étaient pour "raisons de sûreté").
Mais tout cela n'est pas inquiétant, bien entendu.

Avec ces trois dispositifs, aisément repérables, la pensée
conformiste a réponse à tout. C'est précisément son objet : la
cohérence absolue dans un monde incertain et angoissant.

Pour se débarrasser de cette pensée infernale, il n'y a pas
d'autre choix que de proposer sans relâche des explications
alternatives, avec patience (car les esprits conformistes sont
avant tout en crise), et avec beaucoup d'espoir, car ces satanés
discours sont incroyablement cohérents et impossibles à
contredire.

C'est ça, le défi qui nous est posé, à nous autres humanistes,
depuis Hitler : réussir à convaincre des gens de se débarrasser de
cette pensée dangereuse. Mais cela ne peut se faire avec des
leçons de morale. On ne soigne pas un paranoïaque en l'accusant
d'être paranoïaque. Nous sommes mis en demeure, pour citer
approximativement Lautréamont, d'"enseigner la vertu, plutôt que
de punir le vice".

Bien à vous, et en vous remerciant de votre article,

Renaud Tarlet
Posté par Renaud Tarlet, 21 avril 2008 à 12:31

Intéressant à lire ce site surtout les commentaires!
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MessageSujet: Re: Une baisse du chômage en trompe-l'oeil   Mer 30 Avr - 0:24

guigui a écrit:
me semble que c'était darcos qu'avait fait les chiffres du chomage non ? ou c'est bertrand ?

On dira que c'est Xavier !! lol!
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MessageSujet: Re: Une baisse du chômage en trompe-l'oeil   Mer 30 Avr - 11:22

Ah!!! Clode! Moi aussi, j'ai adoré ce commentaire...

Difficile de faire comprendre aux gens qu'on leur ment sur tellement de choses! Comment tu fais toi pour leur expliquer des évidences, sous leur nez, qu'ils ne voient pas????.....
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MessageSujet: Re: Une baisse du chômage en trompe-l'oeil   Mer 30 Avr - 20:07

ecotone a écrit:
Ah!!! Clode! Moi aussi, j'ai adoré ce commentaire...

Difficile de faire comprendre aux gens qu'on leur ment sur tellement de choses! Comment tu fais toi pour leur expliquer des évidences, sous leur nez, qu'ils ne voient pas????.....
Pour certains, c'est peine perdu!


Pour d'autres je me demande si je dois leur donner un bonne adresse de chirurgien qui greffe des neurones!
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MessageSujet: Re: Une baisse du chômage en trompe-l'oeil   Jeu 1 Mai - 1:26

Adresse que des blondes t'ont filé ? Rolling Eyes
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MessageSujet: Re: Une baisse du chômage en trompe-l'oeil   Aujourd'hui à 17:21

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Une baisse du chômage en trompe-l'oeil
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