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 Les grèves, oui, mais à Courchevel ou chez Vuitton

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Chien Guevara
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Date d'inscription : 10/06/2007

MessageSujet: Les grèves, oui, mais à Courchevel ou chez Vuitton   Sam 8 Mar - 0:24

Les grèves, oui, mais à Courchevel ou chez Vuitton


Si on en croit la télé, le petit peuple de France vote à Neuilly, les luttes sociales commencent à Courchevel ou dans les usines Vuitton et les palaces embauchent des jeunes de banlieue. Champagne, et tous au Fouquet's !



Jamais le clinquant n'aura autant brillé : les conflits sociaux démarrent à Courchevel, le centre du monde politique est basé à Neuilly (sur Seine, bien sûr), le président visite les usines Vuitton pour prendre le pouls de la vie ouvrière et en revient avec un beau petit sac pour sa Carlita, les journaux télé, lassés du pouvoir d'achat, vantent l'argent décomplexé, les manifestations traversent les Champs-Elysées.

Courchevel : C'est la Luge Finale !
Prenez Courchevel. La station n'est pas tout à fait le Chiapas des pistes noires. Quant au ski, contrairement à ce que montrent les journaux télévisés, qui aiment croire que toute la France prend d'assaut la Montagne sitôt la neige tombée, ce n'est pas tout à fait un loisir classé « popu ». Et pourtant, les 25 et 26 février derniers, à Courchevel donc, 300 employés de la société de remonte-pentes S3V ont fait grève, bloquant les guichets de vente des forfaits et le fonctionnement des remontées mécaniques. Le mouvement est parti des dameurs, rejoints par les pisteurs, mécaniciens, secouristes, caissières et conducteurs d'engins qui réclamaient, notamment, une augmentation des salaires. Le moment était bien choisi : dans cette station luxueuse où les chalets peuvent se louer 60 000 euros la semaine et les chambres d'hôtel 2.000 euros la nuit, 20 000 vacanciers étaient attendus cette semaine-là. L'addition s'est vite avérée sévère pour S3V qui a perdu 900 000 euros pour la seule journée du 26 février. Dès le lendemain, S3V augmentait les salaires des dameurs de 100 euros net, ainsi que ceux des travailleurs saisonniers de 1% !

L'aumône chez Vuitton
« Bling-bling » comme jamais Nicolas Sarkozy s'était, lui, rendu à Saint-Pourçain-sur-Sioule, dans l'Allier, une usine de confection Vuitton LVMH, propriété de Bernard Arnault, un ami du président). Le président s'est vu offrir un sac qu'il a promis de remettre à qui vous savez, ajoutant coquinement : « Ça fera plaisir à Carla ». On pourra toujours se demander pourquoi le président n'est pas allé chez Smoby, le fabricant de jouets qui prévoit la suppression de 60% de ses emplois. Son fils est trop grand pour jouer aux petites voitures, peut-être…
Mais même chez les malletiers de luxe, la vie n'est pas toujours « rose fashion ». En plein plan social, le maroquinier Auguste-Thomas, sous-traitant de Louis-Vuitton, a ainsi été contraint de verser une indemnité de licenciement de 2.000 euros par année d'ancienneté à ses salariés qui menaçaient de manifester ce jeudi 6 mars devant la vitrine Vuitton des Champs-Elysées. Mercredi, le délégué FO du maroquinier expliquait que les ouvriers avaient rejeté à l'unanimité la première proposition de leur PDG : « nous ne nous laisserons pas jeter pour 300 ou 500 euros, un demi-sac Vuitton, c'est l'aumône ! ».

La prise de Neuilly
Côté politique, c'est à Neuilly que la Révolution a eu lieu. Bref rappel des faits : octobre 2007, David Martinon, jeune homme pressé, sarkozyste bon teint et porte-parole du président, est adoubé par ce dernier pour se présenter à Neuilly. La greffe ne prend pas, le rejet est même massif. Le fils Sarkozy, soutien présumé « jusqu'à la mort » du candidat en question le lâche aussitôt pour soutenir Arnaud Teullé, conseiller présidentiel, qui finalement ne recevra pas l'investiture UMP. C'est finalement Jean-Christophe Fromantin qui décrochera le gros lot. La ville très huppée, où résident de nombreuses vedettes, grands patrons, barons de l'audiovisuel - un « ghetto du gotha » comme l'écrivent les sociologues Monique et Michel Pinçon-Charlot, chercheurs à l'origine d'une étude sur la ville - a semblé presque perturbée par cette soudaine mise en lumière. Sortie de son tranquille entre-soi, elle attend désormais que l'élection soit passée, que le candidat UMP réalise un score soviétique pour reprendre sa vie normale.

Pouvoir d'achat, argent facile, luxe, débauche, sacrifices : même combat !
Les exemples pourraient se multiplier. Encore cette semaine, sur France 2, David Pujadas nous faisait baver d'envie avec un sujet sur les voitures de sport ultra-luxueuses que s'arrachent les cadres très dynamiques : « le secteur des voitures de grand luxe ne s'est jamais aussi bien porté. Nous sommes loin des problèmes de pouvoir d'achat. (…) une relation à l'argent décomplexée. Seul point noir : il faut savoir patienter parce que le luxe ne connaît pas la crise ». Le reportage en question faisait suite à un apitoiement mécanique et beaucoup moins glamour sur le pouvoir d'achat d'un couple de retraités. L'argent décomplexé pour les uns, le pouvoir d'achat pour les autres. Tout se vaut.
Dans le même journal, France 2 proposait un reportage sur « les palaces qui recrutent en banlieue ». Présenté comme une opération quasi-humanitaire envers une jeunesse exclue et en souffrance, le reportage, consensuel à l'envi, en disait long sur l'image de la banlieue dans les arrondissements dorés de la capitale. Ainsi la chargée de communication du Plaza Athénée, un grand palace parisien, expliquait sans rire que « comme le luxe leur est complètement inconnu, c'est complètement magique. Ils ont tout à apprendre ». Et d'ajouter, toujours aussi sérieuse : « Si les autres jeunes rechignent à certaines tâches, eux sont prêts à tous les sacrifices ». Sacrifices : le mot était lâché.
Comme quoi l'enfer est pavé de bonnes intentions, même dans les plus beaux quartiers de la capitale.
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