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 Racisme, expulsionnite aigüe, chiffres d'Hortefeux : STOP !

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Chien Guevara
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MessageSujet: Racisme, expulsionnite aigüe, chiffres d'Hortefeux : STOP !   Mer 20 Fév - 1:10

Racisme, expulsionnite aigüe, chiffres d'Hortefeux : STOP !


Arrestation d'un Ivoirien s'apprêtant à repartir

NOUVELOBS.COM | 19.02.2008 | 14:29

Ange Djedje a été placé dans un centre de rétention en Alsace parce que son visa de touriste était expiré. Il était pourtant sur le point de quitter la France et avait même son billet d'avion en poche.



(Reuters)

Un Ivoirien, dont le visa de touriste pour l'Europe était expiré, a été placé au centre de rétention de Geispolsheim (Alsace) alors que, billet d'avion de retour en poche, il s'apprêtait à regagner son pays, a-t-on appris mardi 19 février auprès de la Cimade.
"Je ne suis pas clandestin, j'ai un billet que j'ai payé, les Français n'ont pas besoin de me payer un billet d'avion, ça me fait mal", a déclaré Ange Djedje, 41 ans, joint par téléphone par l'AFP au centre de rétention pour étrangers de Geispolsheim (Bas-Rhin).

"Problème de quotas"

Selon Ange Djedje, qui a dénoncé une volonté de la France de "faire du chiffre" en matière d'expulsion, "la France a un problème de quotas" et "ils veulent me comptabiliser pour dire à la fin de l'année qu'ils ont réussi à baisser l'insécurité".
Cette procédure permet aux autorités françaises "de comptabiliser comme 'expulsé' un touriste avec un visa expiré de quelques jours puisque son retour sera payé par la France", a dénoncé pour sa part un responsable régional de la Cimade, service oecuménique d'entraide. Cette association est la seule présente dans les centres de rétention des étrangers.
Ange Djedje était arrivé le 29 décembre en Italie muni d'un passeport et d'un visa d'un mois. Il s'est ensuite rendu en France où habite sa sœur pour faire des achats en vue de son mariage programmé à Abidjan le 13 février.

La préfecture ne commente pas


Lorsqu'il a rejoint en train l'Italie pour prendre son avion muni de son billet, il a été interpellé parce que son visa était périmé. Il a alors été reconduit en Suisse, dernier pays emprunté par son train, puis en France où la préfecture du Doubs a décidé de le faire conduire au centre de rétention interrégional de Geispolsheim, près de Strasbourg.
Interrogé par l'AFP, la préfecture du Doubs n'a pas souhaité commenter ce dossier.
Selon Ange Djedje, elle lui a fait savoir qu'il partirait pour Abidjan le 25 février, avec un billet réglé par les autorités françaises. "Les caisses sont vides en France, pourquoi tout ce gâchis?", s'est-il interrogé.
A la Cimade à Paris, Damien Nantes a dénoncé "une application de plus en plus mécanique de la loi sans prise en compte des situations humaines (...) c'est extrêmement humiliant et c'est Kafka en logique administrative, cela ne sert a rien et ça coûte de l'argent".





17 jours d’enfermement pour un bébé de 15 mois


SANS-PAPIERS - La cour d’appel de Rennes s’est prononcé vendredi dernier pour le maintien en rétention administrative d’un bébé de quinze mois avec sa mère sans-papiers au centre de Saint-Jacques de la Lande, près de Rennes. Cette décision a été notifiée pour “une durée de dix-sept jours minimum”, ont précisé les associations de défense des sans-papiers, cette durée pouvant être prolongée de 15 jours.

«Cette situation est d'autant plus inadmissible que cette jeune femme, qui a fui la République Démocratique du Congo, est en France depuis sept ans. Son bébé est né en France, son compagnon, père de son enfant, réside depuis onze ans en France, il est en situation régulière, il a un logement et un emploi stable», a indiqué le MRAP d’Ille et Vilaine.
La jeune congolaise a été interpellée il y a un peu plus d'une semaine à Tours par la police de l'air et des frontières alors qu'elle se trouvait à son domicile et que son compagnon était absent. Elle a aussitôt été conduite au centre de rétention de Rennes-Saint-Jacques. Présentée en référé devant le juge administratif de Rennes en début de semaine dernière, celui-ci s'était prononcé pour la mise en liberté de la maman et de son enfant pour un vice de procédure mais le procureur de la République a fait appel ce qui a entraîné la reconduite au centre de ces deux personnes. Après son arrivée en France la jeune femme avait fait une demande d'asile qui lui a été refusée. Selon le MRAP, son enfant "supporte très mal cet enfermement et connaît des problèmes d'alimentation".
Les Verts rennais se sont insurgés contre ce placement en rétention, décidé “au mépris des conventions internationales sur les droits de l’enfant" et ont demandé l’annulation de l'arrêté de la préfecture d’Indre et Loire à l’origine de cette situation. Carine Weber, candidate aux municipales sur la liste de “défense des droits ouvriers” s’est également élevée contre ces “lois scélérates” au nom desquelles “hommes, femmes et enfants sont détenus sans jugement à la merci de l’arbitraire”.
La Ligue Bretonne des Droits de l’Homme a dénoncé de son côté “une situation intolérable”.
En octobre dernier, un nourisson de trois semaines avait été enfermé au centre de rétention de Rennes avant d'être remis en liberté au bout de 48 heures.



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guigui
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MessageSujet: Re: Racisme, expulsionnite aigüe, chiffres d'Hortefeux : STOP !   Mer 20 Fév - 20:35

STOP !
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hirondelle
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MessageSujet: Re: Racisme, expulsionnite aigüe, chiffres d'Hortefeux : STOP !   Lun 25 Fév - 12:54

mais où va t'on !!!!!!!!!!!!!!
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Chien Guevara
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MessageSujet: Re: Racisme, expulsionnite aigüe, chiffres d'Hortefeux : STOP !   Lun 25 Fév - 18:34

Arrestation gosse de 9 ans au sein école 18ème par flics pour une claque




Ben Ali, 9 ans, en "garde à vue" : "S’il avait été blanc, ça aurait été différent"

Des agents de police du commissariat du 18ème, à Paris, ont entendu Ben Ali, 9 ans, pendant 4 heures. Sa mère raconte au Post.

Mardi 12 février, école Clignancourt, Paris 18è, cours d’informatique, CM1. Ben Ali, 9 ans, se chamaille avec Ciline, 9 ans.

Elle l’insulte et le traite de "con", il la gifle. Une heure plus tard, il est au commissariat de la Goutte d’Or, pour quatre heures de garde à vue.

Nadjet Benadjenia, 31 ans, la mère de l’enfant, ne décolère pas.

Que s’est-il passé ?

"Le 12 février, vers 12h30, j’ai reçu un appel sur mon portable. C’était le directeur de l’école. Il m’a dit "Je suis en présence de policiers" et m’a aussitôt passé un agent de police. "On embarque votre fils au commissariat de la Goutte d’Or. Venez le chercher" m’ont-ils seulement déclaré."

Comment ça s’est passé au commissariat ?

"A 13 h, j’arrive au commissariat. Je me présente. On me fait patienter 30 mn en salle d’attente. Je ne sais pas comment va mon fils, je ne comprends pas. Vers 13h30, on m’invite à monter au 3è étage. J’y croise la mère de Ciline. Sans même savoir ce qu’il s’est passé, je m’excuse, pensant que cela devait être très grave pour qu’on en soit arrivés là. A ce moment-là, je crois que c’est l’école qui a appelé la police, je ne peux pas imaginer qu’une mère ait pu le faire. J’ai vu la petite Ciline, elle n’avait ni bleu ni hématome."

Quelle a été le comportement des policiers ?

"Vers 14h, quand j’ai enfin pu voir mon fils, j’ai dit aux agents, choquée : "Comme vous semblez agir à l’américaine, vous n’avez qu’à lui faire visiter les locaux de la garde à vue pendant que vous y êtes !" Ils m’ont prise au mot ! Je n’en revenais pas. Ils ont emmené Ben Ali dans les salles de garde à vue, avec toutes les autres personnes en garde à vue, sans moi. J’ai su par la suite qu’ils avaient considéré ma question comme une agression."

Ben Ali a-t-il été entendu seul ?

"De 14h à 15h30, je suis restée encore seule, assise sur un banc, pendant qu’on interrogeait mon fils. Après, la police m’a fait croire que c’est le directeur qui les avait contactés pour venir chercher mon fils. Je n’ai revu Ben Ali qu’à 16h15. Il n’avait rien bu ni mangé depuis son petit-déjeuner."

Qu’avez-vous fait après être sortis du commissariat ?

"On est sortis vers 16h20 et on est rentrés à la maison, sonnés. A 17h30, je me suis entretenue avec le directeur de l’école. Il m’a affirmé qu’il n’avait pas appelé la police. Il m’a raconté que quand la police est arrivée à l’école, il s’est opposé au fait que mon fils soit emmené au commissariat. La police lui a répondu qu’elle se substituait à son rôle de décideur et qu’il n’avait pas le choix. Il a appelé l’inspecteur qui lui a conseillé de ne pas s’opposer. Il n’a rien pu faire."

Comment va Ben Ali ?

"Il a souffert de grosses migraines pendant deux jours, dues au choc, selon le médecin. Il est choqué, mais c’est à l’école que c’est dur. L’autre jour, il m’a dit :"Maman, dis-leur que j’ai pas été en prison, ils ne me croient pas !"

Et les autres enfants ?

"Je sais que plusieurs enfants ont été très choqués. Certains n’ont même pas osé en parler à leur parents car pour eux c’était tellement grave qu’ils n’osaient pas en parler"

Avez-vous parlé à la mère de la petite Ciline ?

"Non, pratiquement pas. J’ai su que, compte tenu des conséquences de son appel, elle avait voulu retirer sa plainte. La police lui a dit que ce n’était pas possible, car elle devait écrire au procureur."

Que pensez-vous de tout ça ?

"Je vis dans le 18ème depuis 30 ans et sais très bien comment la police y fonctionne, c’est-à-dire de façon très particulière. Je suis séparée du père de Ben Ali depuis 6 ans, et, à l’époque, j’ai subi des violences conjugales. Eh bien, alors qu’ils ne me sont jamais venus en aide quand j’en avais besoin, la police a été raconté cela, c’est-à-dire ma vie privée, à la mère de Ciline ! Mon fils a subi un traumatisme, il a été victime d’une injustice, qui plus est dans l’enceinte de l’école. Il s’agit d’une vraie discrimination. S’il avait été question d’un pett blanc, croyez-moi, les choses se seraient passées différemment."

http://www.lepost.fr/article/2008/0...
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guigui
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MessageSujet: Re: Racisme, expulsionnite aigüe, chiffres d'Hortefeux : STOP !   Jeu 28 Fév - 0:58

je suis de plus en plus outragé par le nombre de raciste en france, y a qu'a voir sur skyblog, iren que trois pour montrer l'exemple
http://hais-et-fiere.skyrock.com/profil/
http://elsass-farni.skyrock.com/profil/
http://anti-antifa.skyrock.com/
je veux une ile deserte ! marre de cette société de facho !
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Chien Guevara
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MessageSujet: Re: Racisme, expulsionnite aigüe, chiffres d'Hortefeux : STOP !   Jeu 28 Fév - 1:34

Oui, c'est inquiétant, cette montée du racisme primaire ...
C'est inquiétant aussi, un gouvernement qui abonde dans ce sens...
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guigui
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MessageSujet: Re: Racisme, expulsionnite aigüe, chiffres d'Hortefeux : STOP !   Jeu 28 Fév - 21:41

oue trés inquietant !
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hirondelle
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MessageSujet: Re: Racisme, expulsionnite aigüe, chiffres d'Hortefeux : STOP !   Ven 29 Fév - 11:57

ce n'est pas possible !!!!!!!!!!
la mère de la gamine devrait subir ce qu'elle a fait subir à ce petit de 9 ans.
cette mère ne peut être une mère pour avoir fait endurer cela.
c'est une honte !!!!!!!!
c'est hallucinant !!!!!!!
on est au XXI ème siècle ou au XIX siècle ?
le racisme fait une monter phénoménale .......
faire arréter un gamin de 9 ans parce qu'il c'est accroché avec une de ses camarades est incroyable de la part d'un parent

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Chien Guevara
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MessageSujet: Re: Racisme, expulsionnite aigüe, chiffres d'Hortefeux : STOP !   Dim 2 Mar - 20:49

«Nous assistons à l’avènement d’une xénophobie d’Etat»


«Les incidents au centre de rétention de Vincennes ne sont pas des bavures, ce sont des violences structurelles» estime Olivier Le Cour Grandmaison, enseignant en sciences politiques à l’Université d’Evry-Val-d’Essonne. «Désormais il est assumé au plus haut niveau de l’Etat que l’étranger en situation irrégulière est une source de troubles et de maux. La traque, l’arrestation et l’expulsion deviennent donc une priorité nationale» analyse-t-il.
Olivier Le Cour Grandmaison a écrit et codirigé Le Retour des camps? aux Editions Autrement, en 2007. Il est également l’auteur de Haine(s). Philosophie et Politique, (PUF, 2002) et Coloniser. Exterminer. Sur la guerre et l’Etat colonial, (Fayard, 2005).

Vous parlez d’un «retour des camps» qu’est-ce qui vous permet aujourd’hui d’utiliser ce terme ? N’est-il pas trop chargé, excessif ou délicat par rapport à la mémoire des disparus des camps, ceux de la Shoah notamment ?

Olivier Le Cour Grandmaison. « Ce type de camp n’a bien sûr rien à voir avec les camps de concentration, où le propre de l’interné n’est pas seulement d’être privé de sa liberté, mais également d’être massivement exposé à des tortures et à une mort de masse permanente. Il est pourtant tout à fait adéquat de parler de camp pour désigner les structures dans lesquelles sont aujourd’hui internés en masse des étrangers en situation irrégulière et destinés à être – selon la formule consacrée - renvoyés dans leur pays d’origine. Ça ne me paraît pas excessif. Le camp ne se reconnaît pas à l’image qu’on en a coutumièrement, c’est-à-dire les barbelés, miradors et une lumière blafarde et sinistre. Des lieux très hétérogènes peuvent être effectivement transformés en camp, s’il est possible rapidement d’y parquer un nombre relativement important d’individus en exerçant sur eux un contrôle très strict. Dernièrement à Roissy, des hôtels, des salles d’attentes pour voyageurs normalement, des gares… sont devenus des camps. Le point commun de tous ces lieux, c’est la technique répressive utilisée : l’internement administratif. Il s’agit de priver quelqu’un de sa liberté non sur la base d’un jugement prononcé par un tribunal, mais en vertu d’une décision prise par une autorité administrative. Désormais, nous, et c’est un «nous» collectif, considérons comme normal le fait d’interner des étrangers en situation irrégulière, en oubliant complètement que lorsque cette technique a été utilisée dans l’Algérie coloniale par exemple, les contemporains la considéraient comme un procédé extraordinaire au regard du droit commun. Nous assistons aujourd’hui à une extraordinaire banalisation. À droite comme à gauche (pour ce qui est de la gauche parlementaire), l’enfermement des étrangers apparaît comme la solution adéquate. Il existe évidemment plusieurs désaccords concernant les modalités d’application et le traitement infligé, mais il existe un consensus sur la technique. Mais pourquoi estimer normal que, pour le simple fait d’entrer irrégulièrement sur le territoire national, des hommes et des femmes puissent être privés de leur liberté ?

S’agit-il d’une violation des droits fondamentaux ?

Ces camps nient assurément un principe de base : il ne devrait pas être possible de priver quelqu’un de sa liberté en dehors d’un crime et d’un délit dûment jugé par un tribunal compétent ! Cela ne signifie pas que les internés sont privés de tout droit, mais les garanties sont notoirement insuffisantes. Un état d’exception permanent est mis en place, à l’intérieur même de l’Etat de droit, conçu par l’Etat de droit ! Et qui fonctionne fondamentalement contre les étrangers en situation irrégulière, ce qu’une juriste appelle un «état de siège» contre les étrangers. D’un côté il existe un droit qui institue une sécurité juridique, pour les nationaux, et de l’autre un droit qui institutionnalise l’insécurité pour les étrangers en situation irrégulière. Même les étrangers en situation régulière, en concubinage voire mariés avec des Français(es), et avec des enfants en France, sont menacés. Ils ne sont plus sûrs de pouvoir demeurer sur le territoire français avec la politique initiée par Nicolas Sarkozy. C’est une insécurité qui porte atteinte à un droit fondamental reconnu par le Conseil d’Etat : le droit à mener une vie familiale normale.

Les récents incidents dans le centre de Vincennes vous ont-ils surpris par leur gravité ?

Vincennes n’est que le dernier exemple sinistre en date. Ces violences ne sont pas des faits divers, ces violences ne sont pas des bavures, ces violences sont structurelles ! Elles sont induites par la nature même du camp, et par la stigmatisation des étrangers perçus comme dangereux, et qui même s’ils ne sont pas totalement dépourvus de droits, ne disposent que de prérogatives minimales. Ajoutez à cela des forces de police qui savent qu’elles opèrent dans des lieux globalement soustraits aux contrôles, la violence devient un phénomène banal et courant dans ces centres de rétention. Les événements de Vincennes n’ont donc rien d’exceptionnel concernant la violence, la nouveauté, on la trouve dans les mouvements de protestation qui ont suivis, ainsi qu’une petite opération politicienne tendant à faire croire que la police et le gouvernement menaient une politique de transparence en la matière. Il faut rappeler qu’une seule association peut pénétrer dans les centres : la CIMADE (Comité intermouvements auprès des évacués). Si le gouvernement veut aller jusqu’au bout, il faudrait commencer par autoriser toutes les associations qui défendent les droits de l’homme à entrer dans ces camps.

Quel est l’impact de la politique de Nicolas Sarkozy sur les conditions de rétention ?

Aujourd’hui, les centres de rétention concernent des hommes et des femmes qui antérieurement, pour diverses raisons et notamment parce qu’ils avaient des attaches fortes en France, n’étaient pas arrêtés auparavant. Sont ainsi enfermées et expulsées des personnes qui peuvent résider en France depuis 10, 15 ans ou plus longtemps encore, qui peuvent vivre en concubinage avec des Français(es), et qui dans certains cas mêmes ont des enfants en France. Les mêmes qui font grand cas de la préservation de l’unité familiale quand il s’agit de nationaux, ou d’étrangers vivant régulièrement en France, n’ont aucun scrupule à séparer les parents de leurs enfants, voire à expulser des enfants en violant pour cela une convention internationale ratifiée par la France et certaines dispositions express du Code de l’entrée et du séjour des étrangers et du droit d’asile. Le nombre de personnes placées en rétention et expulsées a ainsi considérablement augmenté dès l’entrée de Sarkozy au ministère de l’Intérieur mais nous assistons à un phénomène encore plus grave : l’avènement d’une xénophobie d’Etat ! Désormais il est assumé au plus haut niveau de l’Etat que l’étranger en situation irrégulière est une source de troubles et de maux. La traque, l’arrestation et l’expulsion deviennent donc une priorité nationale. Des moyens matériels et humains considérables sont engagés à cette fin. Le ministère abracadabrantesque de Brice Hortefeux en est l’incarnation : ministère de l’immigration, de l’identité nationale de co-développement et de l’intégration. Sur son site officiel, une seule activité est d’ailleurs mise en avant : la traque, l’arrestation et l’expulsion. Les objectifs sont très élevés: pour 2008, le quota est fixé à 28 000 expulsions ! Et cela doit augmenter chaque année !

S’agit-il d’un retour du nationalisme ?

Avec l’élection de Nicolas Sarkozy, la lutte contre les clandestins est pensée comme un élément essentiel de la préservation de la sécurité des nationaux et de l’unité nationale. Nous assistons à un retour d’une forme très convenue, xénophobe et parfois agressive du nationalisme, avec l’objectif de redonner aux Français une fierté qu’ils seraient supposés ne plus éprouver pour leur patrie. Il s’agit d’articuler une politique ouvertement xénophobe et la réactivation de grands discours sur la France, son passé prestigieux, ses origines chrétiennes, les beautés de sa colonisation réputée avoir été synonyme de civilisation…

Vous décrivez un phénomène d’externalisation parallèle à cette multiplication des camps sur le sol européen. Quel est son rôle ?

Les camps se multiplient en effet en Europe, principalement sur la «ligne de front» (Grèce, Malte, et les derniers entrants). L’externalisation se développe en parallèle pour redoubler et sanctuariser les frontières de l’Union Européenne. Il s’agit d’exporter les camps d’internement d’étrangers hors de l’UE, notamment dans les pays du Maghreb, considérés comme essentiel pour contrôler les «flux migratoires» en provenance d’Afrique. À charge pour ces Etats, que l’on sait peu scrupuleux quant au respect des droits de l’homme et des principes démocratiques, d’interner les étrangers sur leur sol. La présence en Europe d’un nombre relativement important de camps d’internement au regard de son passé génocidaire, est très difficile à assumer. Selon le bon principe qui veut que l’on cache ce que l’on ne peut véritablement tolérer, on procède donc à l’externalisation de ces camps dans des Etats dont les diplomates disent pudiquement qu’ils sont soumis à des «standards» juridiques différents. Très cyniquement, cela signifie qu’il sera possible d’expulser plus facilement les étrangers arrêtés. Un ministre italien reconnaissait ainsi que ce qu’il advient dans les camps libyens n’est pas de son ressort. Sous-entendu, on s’en lave les mains ! L’Europe ne cesse de sous-entendre ou même d’affirmer explicitement qu’elle est en guerre contre les «clandestins». Tous les moyens (ou presque) sont bons pour mener cette bataille ! La directive (en projet) va dans ce sens : la rétention administrative pourrait atteindre 18 mois ! Ce projet permettrait aussi de prononcer contre les étrangers en situation irrégulière et expulsés dans leur pays d’origine une peine d’interdiction de séjour de 5 ans sur le territoire des Etats membres de l’UE. L’avènement d’une xénophobie d’Etat n’est donc pas propre à la France, il s’agit d’une véritable «xénophobie d’institution» au niveau européen. Frontex, l’agence européenne qui se charge des frontières, dispose même de moyens militaires : les drones sont désormais utilisés pour le contrôle des frontières. Là encore on assiste à une extraordinaire banalisation de techniques originellement militaires désormais tournées vers le contrôle de populations civiles. Soit dit en passant après que le gouvernement français ait envisagé d’utiliser les mêmes drones pour les banlieues…

N’y a-t-il pas une certaine indifférence ou une trop faible mobilisation de l’opinion publique sur ces conditions de rétention ?

Effectivement. Et cela s’explique tout d’abord par l’extraordinaire démission des partis de l’opposition parlementaire, pour des raisons électorales. Les députés ont en effet un droit d’accès permanent aux camps de rétention, dont ils n’usent visiblement pas ! Ensuite, Ces centres sont des «hors lieux» : ils sont quasiment invisibles ! Qui sait lorsqu’il se rend à Roissy CDG qu’à quelques mètres seulement de lui se trouvent des étrangers placés en zones d’attente et dans certains cas en cours d’expulsion ? Il s’agit d’une invisibilité organisée. Cependant, entre le moment où ce livre a été écrit (2007) et aujourd’hui, les réactions se multiplient car la situation s’est aggravée, les quotas d’expulsions se sont durcis, et aussi grâce aux mobilisations de masse organisées par le Réseau éducation sans frontières (RESF). Ces derniers ont fortement contribué à sortir ce sujet de la marginalité »
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guigui
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MessageSujet: Re: Racisme, expulsionnite aigüe, chiffres d'Hortefeux : STOP !   Jeu 6 Mar - 23:47

sortie de l'hors serie du Charlie Hebdo : L'ADN expliqué a sarkozy , je vous le conseille !
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Chien Guevara
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MessageSujet: Re: Racisme, expulsionnite aigüe, chiffres d'Hortefeux : STOP !   Ven 7 Mar - 0:24

Le titre est alléchant en effet !! Laughing
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MessageSujet: Extrait du Charlie Hebdo: L''Adn expliqué a sarkozy   Sam 15 Mar - 1:03

Biologique, génétique,héritable, inné:
autant de notions parmi lesquelles,il faut
l'avouer , on se perd parfois. Du coup on a tendance à les confondre.
La biologique relève de la mécanique du corps. La génétique renvoie à l'ADN.
Ce qui est héritable nous vient de nos parents. Quant a l'inné, il nous est donné a l'accouchement,
et il recouvre a la fois du génétique et du biologique.Cela en fait des nuances !
L'enfant d'une mére alcoolique, aura surement des problèmes dés la naissance,
mais ils ne seront pas forcément génétique ou héritable.
Se casser la jambe est un fait biologique, mais ni génétique, ni héritable , ni inné.
Etre atteint de la trisomie inné est génétique, mais pas forcément héritable.
Posséder une villa en corse est héritable, mais pas biologique ni génétique.
Enfin, être un président de la république qui dit des conneries, n'est ni génétique, ni biologique,
ni inné et ni héritable. Mais ça se soigne par des élections( ou pas une révolution...) .

AF
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MessageSujet: Re: Racisme, expulsionnite aigüe, chiffres d'Hortefeux : STOP !   Sam 15 Mar - 1:23

Bien amené !!
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MessageSujet: Re: Racisme, expulsionnite aigüe, chiffres d'Hortefeux : STOP !   Sam 15 Mar - 2:30

lol!

_________________

TdL, féline et non cabot'in !
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MessageSujet: Re: Racisme, expulsionnite aigüe, chiffres d'Hortefeux : STOP !   Mer 26 Mar - 10:30

Une info postée par notre ami Bye dans notre forum :


Les éditions La Découverte, le Réseau Éducation Sans Frontières
(RESF)
et le Théâtre National de la Colline ont le plaisir de vous inviter à
la présentation de l'ouvrage

LA CHASSE AUX ENFANTS

co-écrit par Miguel Benasayag, Angélique del Rey et des militants du
RESF

Préface de Stéphane Hessel

Vendredi 11 avril 2008 à 20h30
au Théâtre National de la Colline
15 rue Malte-Brun 75020 Paris

Fruit d'une enquête nationale et nourri de nombreux témoignages, ce
livre montre que la politique discriminatoire visant les enfants de
famille sans papiers scolarisés en France a des effets sur la société
française dans son entier, et plus particulièrement sur ses enfants.

Il défend l'hypothèse selon laquelle, au-delà de la conscience de
chacun, l'engagement au nom de la solidarité relève donc de la
possibilité matérielle de vivre ensemble.

En présence de Miguel Benasayag et Angélique del Rey, Pierre
Cordelier (RESF), François Gèze (directeur des éditions La
Découverte), Stéphane Hessel (Ambassadeur de France) les membres du
groupe RESF miroir.
0. Avec la prestation du slameur Julien Delmaire.
0. Entrée libre, dans la limite des places disponibles,
0. Réservation indispensable au 01 44 62 52 00



Cet ouvrage est un signal d'alarme lancé par les philosophes Miguel
Benasayag et Angélique del Rey, et des membres du Réseau Éducation
sans frontières (RESF), confrontés quotidiennement à la réalité de la
traque des sans-papiers et de leurs enfants scolarisés en France.

Il montre que la politique discriminatoire dont ces derniers sont
l'objet a des conséquences beaucoup plus profondes qu'il n'y paraît,
puisque c'est la société tout entière qui est traumatisée quand elle
est amputée de certains de ses membres : les violences faites aux
migrants étant des atteintes à ce qu'ils sont et non à ce qu'ils
font, elles provoquent de profonds chocs psychologiques.

Cela vaut en particulier pour les camarades de classe des « enfants
chassés », confrontés à d'insupportables contradictions quand les
valeurs de liberté, d'égalité et de fraternité sont bafouées au nom
d'une certaine conception de l'ordre et de la tranquillité sociale,
lorsque des enseignants, des responsables d'établissements ou des
parents doivent s'opposer ouvertement aux agents de la force publique
qui procèdent aux arrestations ou aux expulsions, quand l'autorité
scolaire ou parentale doit contredire une autorité censée assurer la
sécurité de tous.

Nourri de nombreux témoignages sur les violences de la « chasse aux
enfants » et l'engagement de militants de RESF, ce livre montre que
cet engagement au nom de la solidarité active, maintenant pénalisée,
relève, au-delà de la conscience morale, beaucoup plus
fondamentalement de la possibilité réelle de vivre ensemble.

Miguel Benasayag, philosophe et psychanalyste, est l'auteur de
plusieurs ouvrages aux éditions La Découverte. Avec Angélique del
Rey, professeure de philosophie, il a publié : Connaitre est agir
(2006) et Éloge du conflit (2007). Depuis 2004, le Réseau Éducation
Sans Frontières (RESF) est en contact quotidien avec la réalité de la
traque des sans papiers et de leur enfants scolarisés en France. Il
est constitué d'enseignants, de personnels de l'Education nationale,
de parents d'élèves, d'éducateurs, de collectifs, syndicats et
organisations attachées à la défense des droits de l'homme.

Collection : Sur le vif - 128 pages - 10 €

« La Chasse aux enfants »
invitation du Théâtre de la Colline à sa présentation le 11 avril
2008 à 20h30.

(Entrée libre dans la limite des places disponibles, réservation
indispensable au 01 44 62 52 00)
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hirondelle
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MessageSujet: Re: Racisme, expulsionnite aigüe, chiffres d'Hortefeux : STOP !   Sam 5 Avr - 11:40

Val-de-Marne: décès d'un sans-papiers qui voulait échapper à la police



PARIS - Un homme sans-papiers âgé d'une vingtaine d'années est décédé vendredi après-midi à Joinville-le-Pont (Val-de-Marne) après avoir tenté d'échapper à un contrôle de police, a-t-on appris de source policière.
Après s'être jeté dans la Marne, l'inconnu avait été transporté dans un hôpital parisien. Une autopsie devrait permettre d'établir les causes de cette mort.
Selon les premiers éléments de l'enquête, le suspect avait été interpellé dans la station RER alors qu'il souhaitait prendre un train sans titre de transport. Alors que des policiers de la Bac tentaient de le contrôler, l'individu a pris la fuite et s'est jeté ensuite à l'eau.
D'après sa carte de transport, il serait de nationalité malienne et en situation irrégulière. Mais la police devait établir avec certitude son identité. L'inspection générale des services (IGS), la police des polices, a été chargée de l'enquête.
Le réseau éducation sans frontières (RESF) appelle à manifester ce samedi à 14h30 à Paris pour protester contre "cette politique du chiffre qui génère tant d'angoisse et provoque tant de drames". "Non à la xénophobie d'Etat et à ses conséquences meurtrières!", dénoncent RESF et le collectif "UniEs contre une immigration jetable" dans un communiqué. AP
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MessageSujet: Re: Racisme, expulsionnite aigüe, chiffres d'Hortefeux : STOP !   Dim 6 Avr - 23:18

RESF a encore du boulot sur la planche ; mais heureusement qu'ils sont là !! cheers

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MessageSujet: Re: Racisme, expulsionnite aigüe, chiffres d'Hortefeux : STOP !   Aujourd'hui à 9:16

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Racisme, expulsionnite aigüe, chiffres d'Hortefeux : STOP !
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