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 « L’humanité a toujours progressé en faisant circuler les idées »

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MessageSujet: « L’humanité a toujours progressé en faisant circuler les idées »   Sam 30 Juin - 19:22

« L’humanité a toujours progressé en faisant circuler les idées »
Propos recueillis par Flore Vasseur | tedglobal.blog.lemonde.fr | vendredi 22 juin 2012

mardi 26 juin 2012



« L’humanité a toujours progressé en faisant circuler les idées »
Propos recueillis par Flore Vasseur | tedglobal.blog.lemonde.fr | vendredi 22 juin 2012



Lancée en 1984 en Californie, TED (Pour Technology, Entertainement and Design) a longtemps été la conférence culte des nerds trustée par les stars de la Silicon Valley. Son rachat en 2001 par Chris Anderson, entrepreneur Britannique à succès dans les media (on lui doit notamment l’excellent Business 2.0, le site de jeu IGN), marque un tournant dans l’histoire de cette organisation américaine à but non lucratif. Aujourd’hui TED réinvente accès et partage du savoir, ringardise les experts en dogmatisme, ressuscite l’échange par la parole. Au delà de ses deux conférences mères annuelles, où idées et talents sont mises en scène comme dans un show hollywoodien, TED diffuse tout son contenu gratuitement sur son site TED.com, devenu monstre (800 millions de videos vues). Résultat : 1200 vidéos de 18 minutes (ou moins) toutes disciplines confondues, sous-titrées dans 88 langues par une batterie de 8000 volontaires partout dans le monde. Les milliers de conversation en ligne poussent l’équipe de TED à aller plus loin. Depuis 2009, l’organisation partage aussi sa marque et ses secrets de fabrique sous licence libre pour l’organisation d’événements locaux « à la TED ». En 3 ans plus de 4400 événements ont vu le jour dans plus de 132 pays.

Directeur Europe de TED, Bruno Giussani chapeaute l’édition TEDGlobal qui ouvre ses portes ce lundi à Edimbourg. Consommation collaborative, cybercrime, climat, neuroscience, architecture, physique, rock … 70 intervenants triés sur le volet, souvent inconnus du grand public, vont se disputer la scène au cours d’une semaine bâtie comme un marathon. Comme chaque année, la conférence affiche complet : 850 participants, de plus de 71 pays différents, ont déboursé 6000 dollars pour une semaine festive, grave et inspirante.

Ancien journaliste, entrepreneur polyglotte, cet italien à l’accent suisse qui a étudié à Genève et à Stanford parcourt le monde à la recherche de la prochaine idée qui illuminera le monde. C’est, selon lui « le meilleur job au monde ». Enfant des réseaux et de la globalisation, il a assisté et contribué à la mue de TED. Entretien à 48 heures de l’ouverture.


Bruno Giussani, TED Salon, Londres, 10 mai 2012.
TED veut aider à identifier et partager des idées, quelles que soient les disciplines. Pourquoi est-ce important aujourd’hui ?

Cela a toujours été important ! L’humanité a toujours progressé en racontant les histoires et en faisant circuler les idées. Cela inspire des gens, suscite des actions et les choses se passent. Aujourd’hui, la diffusion d’information de masse est tout à fait formatée, packagée, filtrée. On a perdu la source. Avec TED, on permet l’accès à la source, on la place sur scène. En faisant cela on revient au média le plus ancien du monde : quelqu’un se lève face à d’autres et raconte une histoire. Et cette histoire peut être celle d’une émotion, d’une découverte ou d’une expérience. Donc on revient à la base du storytelling. Et on la met à la sauce web.

Pourquoi ce thème cette année « d’ouverture radicale » à TEDGlobal ?

Le phénomène de globalisation entraine aujourd’hui deux types de tentations : l’ouverture ou la fermeture. Et ces tentations ont lieu partout dans le monde « développé » au même moment. On veut réfléchir à cette question sous différents angles car elle nous semble cruciale.

Prenons l’exemple de la technologie numérique. Elle permet plus d’ouverture et en même temps suscite toute une série de zones grises que l’on va explorer comme, qu’est-ce qu’apporte vraiment WikiLeaks, qui est Anonymous, les idées reçues sur le web chinois etc…

Enfin, on va aussi s’intéresser au « radical thinking » et à « l’open thinking ». Dans n’importe quelle discipline, on s’est demandé qui portait une vision radicale aujourd’hui, qui repoussait les limites de ce que l’on sait,. Et du coup, dans les prochains jours, on parlera sécurité internet, architecture, cellules souches, éducation à travers des personnes qui représentent une certaine relève.

Qu’est-ce que vos participants viennent chercher à TED ?

D’abord, ils viennent chercher des gens qui pensent comme eux, pas au sens politique, mais en termes de comportement, d’attitude, de curiosité. Ils viennent chercher des personnes qui veulent s’ouvrir, qui ont une capacité d’émerveillement et des centres intérêts éclectiques. Donc la première raison c’est le sentiment d’appartenance à un groupe qu’ils ne trouvent pas ailleurs. Ils viennent aussi chercher des idées et l’interaction avec ceux qui les portent autour du thème ou d’une discipline. Enfin, ils viennent chercher un espace, hors de la sphère professionnelle, dans lequel pendant une semaine, chaque minute est source de stimulation. En tous les cas, notre conférence est pensée comme telle.

TED casse les codes de la conférence : des interventions de 18 minutes chacune (ou plus brèves) exécutée comme un stand up, un joyeux mélange des disciplines et des genres, des inconnus sur scène. Elle fait des émules. Vous avez lancé les TEDx. Pourquoi ?

C’est notre façon à nous de pratiquer “l’ouverture radicale”. C’est un programme qui a commencé il y a 3 ans et 3 mois. L’idée était de permettre à quiconque veut créer des espaces pour partager des idées inspirés par le format de TED, de le faire localement, avec un événement local, indépendant de TED mais sous licence gratuite. Pour pouvoir créer ce type d’événement, il faut demander une licence à TED et l’attacher au lieu où il se déroule, par exemple en France, TEDxLyon, TEDxParis, TEDxNantes, TEDxConcorde, TEDxRepubliqueSquare etc… La licence est gratuite mais elle engage pas mal de responsabilité parce que l’équipe de TED ne joue aucun rôle dans la création des événements. Une fois que la licence est attribuée, les organisateurs de TEDx reçoivent des manuels et des outils et après ils doivent tout faire, sans notre participation active. Quand on a lancé le projet, on pensait voir apparaître 30 ou 40 événements par an. Nous en sommes à plus de 4400 dans 132 pays dans le monde.

A l’heure où les entreprises se crispent sur leurs actifs, vous lâchez totalement le contrôle de votre marque.

On avait l’intuition qu’il y avait un besoin pour ce type d’espace de discussion au niveau local. L’intuition de départ était double : 1/ il y a une multitude de voix intéressantes et à entendre au niveau local, partout dans le monde, pas seulement dans les circuits traditionnels de transmission du savoir et 2/ la création de ce type d’espace peut changer la discussion au niveau local. On a sous estimé l’ampleur du phénomène. Il y a une soif bien plus grande que nous pensions et des talents bien plus nombreux. Et puis, il y a un besoin pour autre chose, pour un regard un petit peu plus optimiste sur l’avenir. Je ne dis pas cela de façon naïve mais on a besoin de quelque chose qui résiste au cynisme et aux éléments très négatifs qui nous viennent tous les jours des media de masse.

Quelles leçons tirez vous en tant qu’organisation dédiée au partage des idées de cette expérience d’ouverture radicale ?

On a démarré cette initiative avec une marque qui était connue mais qui l’est plus encore aujourd’hui, et on l’a mise a disposition de personnes que l’on ne connaissait pas forcément. Parmi elles, il y a des gens qui viennent à nos conférences et d’autres qui prennent contact du fin fond du Rajastan ou d’Australie ou du Qatar. Il y avait toute une série de risques et d’abus potentiels. Il y a bien eu quelques ratés mais ce que l’on a appris c’est que plus on donne plus on reçoit. Plus on donne aux gens la capacité d’agir, plus ils s’en saisissent. Donner un cadre, des règles mais aussi des outils, aboutit au fait que ceux qui ont envie d’agir se surpassent. Il y a une sorte de cercle vertueux, une émulation : chaque organisateur veut être meilleur que celui de la ville d’a côté et se rapprocher le plus possible du modèle de nos conférences originales, TED et TEDGlobal. On a aujourd’hui une communauté hyper motivée qui nous abreuve de vidéos avec de nouvelles idées à diffuser, le traduisent de façon volontaire, nous suggèrent des intervenants, poussent notre modèle et notre idée de l’ouverture plus loin. Du point de vue de TED en tant qu’organisation, ceci a signifié apprendre à lacher prise, à accepter une certaine ambiguité à la périphérie de notre "univers".

TED.com vient de franchir la barre des 800 millions de vidéos vues. Comment expliquez-vous ce succès ?

Plusieurs choses se combinent : le support d’abord, le fait de mettre à disposition sur internet du contenu de très bonne qualité gratuitement est puissant. La manière ensuite : le storytelling (raconter une histoire, partager son savoir et ce faisant, se rendre aussi un peu vulnérable) touche bien plus que ceux qui assistent, dans le théâtre, à une intervention et suscite des émotions très fortes même en vidéo. Enfin, agir de façon très ouverte (partager nos formats, nos contenus, notre approche, notre marque) a été et reste très porteur. Si on prend l’exemple de TEDx, si on était resté sous la forme classique à savoir un contrat de licence de 80 pages avec des royalties à payer, des pourcentages à définir, on n’aurait pas eu plus de 30 événements. Gratuité, ouverture et partage sont donc clés. Il y a des locomotives comme l’inspiration qui vient des intervenants. Et puis il y a des outils - offerts à tous, et que tous a leur tour développent et partagent avec les autres - pour agir sur ce contenu : à partir du moment où quelque chose m’intéresse, je veux avoir les moyens de partager cela avec ma communauté. Je peux traduire une intervention dans ma langue ou prendre une licence et de créer un événement dans ma ville ou créer un débat autour de cet "objet social" qu’est la vidéo, par exemple.


Bruno Giussani au TED Salon de Londres
Avez vous l’impression d’avoir un rôle politique ?

Pas au sens partisan. On se retient explicitement de toute action partisane. TED est une organisation à but non lucratif, a-politique, non commerciale et non religieuse, ce qui ne veut pas dire que l’on n’aborde pas les sujets d’économie, de politique et de spiritualité. Simplement, TED n’est pas le lieu pour une campagne politique, la promotion d’un produit ou d’une idéologie particulière. C’est un endroit pour partager et discuter des idées et donc on parle tout le temps de sujet politiques, comme la Big Society en Angleterre, les sources et les implications des disparités économiques dans le monde, ou la crise de la gouvernance globale, mais sans en faire de sujet partisan.

En fait, on a besoin d’espaces neutres de discussion et on semble les avoirs perdus. Après le printemps arabe, il y a eu toute une série d’événements, de discussions qui se sont déroulées dans tous les pays concernés. Et à notre surprise, elles se sont parfois déroulées sous la marque TEDx. Il y a eu TEDxCartage, TEDxTripoli, TEDxCairo, TEDxBaghdad, d’autres en Arabie Saoudite et bien encore. TEdxCarthage a eu lieu à Tunis 5 semaines après le départ de Ben Ali. J’y suis allé. Et j’ai demandé aux organisateurs pourquoi ils discutaient des événements sous la marque TEDx plutôt que par exemple la « Conférence sur l’avenir de la Tunisie ». L’organisateur m’a répondu qu’il avait besoin d’une marque qui signifie immédiatement leur neutralité. Selon lui, s’il avait organisé une « Conférence sur l’avenir de la Tunisie », on lui aurait demandé la liste de ses partenaires, la source de son financement, lesquels auraient forcément été liés d’une façon ou d’une autre à « l’ancien régime ». En s’abritant sous la marque TEDx , il a clairement posé qu’il cherchait à être neutre, à se distinguer des institutions de l’ancien régime. Pour nous cela était un immense compliment et justifie le fait que l’on reste a-politique.

Propos recueillis par Flore Vasseur

Pour aller plus loin :
Le site de TED : Ted.com
La chaine TEDx sur Youtube : http://www.youtube.com/user/TEDxTalks
La Khan Academy : http://www.khanacademy.org/



http://tedglobal.blog.lemonde.fr/2012/06/22/lhumanite-a-toujours-progresse-en-faisant-circuler-les-idees/

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