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 De la Grèce au Niger, comment le FMI favorise l’austérité et la pauvreté

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MessageSujet: De la Grèce au Niger, comment le FMI favorise l’austérité et la pauvreté   Sam 9 Juin - 7:08

De la Grèce au Niger, comment le FMI favorise l’austérité et la pauvreté
Nolwenn Weiler | bastamag.net | vendredi 1er juin 2012

samedi 2 juin 2012



De la Grèce au Niger, comment le FMI favorise l’austérité et la pauvreté
Nolwenn Weiler | bastamag.net | vendredi 1er juin 2012



En se disant davantage préoccupée par les conditions déplorables de scolarisation des enfants nigériens que par la brutale austérité qui frappe les Grecs, Christine Lagarde a soulevé l’indignation. Mais le mépris avec lequel la directrice générale du FMI considère la Grèce vaut aussi pour le Niger : deuxième pays le plus pauvre du monde, embourbé depuis vingt ans dans une situation désastreuse à cause des plans d’ajustement structurels, qui y ont notamment détruit l’école publique.



Interrogée par un journaliste du Guardian, la directrice générale du Fond monétaire international (FMI), Christine Lagarde, a affirmé que « les Grecs devraient commencer par s’entraider mutuellement », et ce en « payant tous leurs impôts ». Les femmes doivent accoucher sans sage-femme ? Les malades n’ont plus accès aux médicaments vitaux ? Les personnes âgées meurent faute de soins ? La faute aux Grecs. « Je pense davantage aux enfants dans une école d’un petit village du Niger, qui ont deux heures d’école par jour, partageant une chaise pour trois (…). Je pense qu’ils ont besoin de davantage d’aide que les gens d’Athènes », compare l’ancienne ministre de l’Économie et des Finances. Comme quoi, les Européens ne devraient pas trop se plaindre. Christine Lagarde oublie de préciser que si les enfants du Niger ont bien du mal à être scolarisés, c’est aussi à cause de l’institution qu’elle dirige.

En décembre 2011, Christine Lagarde a honoré le Niger de sa première visite sur le continent africain. Reçue en grande pompe, la directrice du FMI a tenu à se rendre au chevet d’un pays où une personne sur trois vit dans l’insécurité alimentaire, ce qui n’aide pas non plus à bien suivre en classe. Lors de sa mini-tournée hors de la capitale, elle a même assuré que le FMI « n’est pas seulement une institution désincarnée qui prescrit des mesures d’austérité à travers le monde ». Il est aussi « très sensible aux particularités » de chaque pays. Charmante marque de générosité.

Quand le FMI taille dans le budget de l’Éducation nationale

L’une des particularités du Niger est qu’il est l’un des États les plus mal classés en termes de développement humain [1]. 61 % des habitants y survivent avec moins d’un dollar par jour, un enfant sur cinq meurt avant l’âge de 5 ans, principalement de maladies évitables et de la malnutrition. La faible scolarisation, particulièrement des filles, contribue au taux de 85 % d’analphabétisme du Niger. Selon l’Unicef, « la précarité des moyens d’existence des femmes a de graves conséquences sur l’accès des enfants à l’éducation, et sur l’abandon et la traite des enfants ». Point commun entre la misère au Niger et l’austérité en Grèce ? Le FMI.

Le budget 2012 du Niger a été sévèrement taillé… sur ordre du FMI. « De 2,2 milliards d’euros [2], le budget a été ramené à 1,9 milliard [3] avec des coupes substantielles dans les secteurs sociaux, qui concentrent les deux tiers des montants supprimés », informe le le Réseau national dette et développement (RNDD). Le budget le plus amputé ? Celui de l’Éducation nationale, avec 73 millions d’euros (48 milliards de francs CFA) de moins que prévu. L’Agriculture, la Santé et l’Enseignement supérieur sont aussi privés de moyens.

Des enseignants qui ne sont plus payés

Des choix budgétaires arbitrés en contradiction avec les engagements du président nigérien, Mahamadou Issoufou, et de son gouvernement, selon le Réseau national dette et développement. L’ONG appelle les parlementaires nigériens à refuser le diktat du FMI et le gouvernement à plus de responsabilités, rappelant que « les prêts consentis par les institutions internationales ne feront que faire flamber le service de la dette, qui est un frein à tout développement ». Cela fait plus d’une décennie que le Niger agonise, en partie à cause des plans d’ajustement élaborés à Washington.

Le FMI, alors dirigé par Michel Camdessus [4] et la Banque mondiale débarquent à Niamey à la fin des années 1990. Et concoctent un « Plan décennal de développement de l’éducation ». Ce plan envisage le recours massif aux enseignants au statut précaire, les « volontaires et contractuels ». Lesquels représentent, en 2012, 80 % des effectifs. Censés être pris en charge par les collectivités régionales et les communautés de base, dans un souci de décentralisation, ces enseignants sont en fait de moins en moins nombreux… Puisque personne ne peut les payer ! Les réformes imposées par le FMI ont aussi encouragé la réduction du nombre d’heures de classe, la limitation des attributions de bourses, et la baisse du taux de scolarisation. « Une parfaite illustration des dérives auxquelles peuvent conduire des politiques d’inspiration néolibérale », commentait en 2004, Mamane Sani Adamou, figure altermondialiste locale [5].

L’économie nigérienne déstructurée par le FMI

Autre beau programme d’émancipation de la pauvreté imaginé par le FMI : le plan triennal au titre de la « facilité de réduction de la pauvreté et de croissance » (sic). Signé en 2000 en échange de nouveaux prêts, il a déstabilisé la fragile économie nigérienne en lui imposant la suppression de barrières douanières, la baisse de taxes à l’importation et la privatisation d’entreprises publiques. C’est ainsi que Vivendi (désormais Veolia environnement) a récupéré la société nationale de gestion de l’eau.

Autre obligation criminelle : celle de supprimer son office national vétérinaire pour pouvoir rééchelonner sa dette. Incapables de payer les prix demandés par les entreprises privées pour les vaccins, les médicaments, ou les vitamines, les nomades et les paysans ont vu leurs bêtes dépérir. Alors que le cheptel de 20 millions de bovins, d’ovins et de chameaux était une des richesses principales du pays, la liquidation des réserves alimentaires imposée par le FMI a accéléré le rythme des famines.

Pour trouver de quoi payer des chaises aux enfants qui peuvent se rendre à l’école, le Niger pourrait augmenter la redevance que paie Areva, qui exploite ses ressources en uranium (dont le Niger est le 3ème producteur mondial), ou la multinationale chinoise China National Petroleum qui s’y implante. Qu’en pense Christine Lagarde, dont le salaire pourrait permettre de rémunérer plusieurs dizaines d’instituteurs nigériens, à défaut d’être imposable ?

Nolwenn Weiler

Photo : CC World Economic Forum

Notes
[1] Un indicateur élaboré par le Programme des Nations unies pour le développement (Pnud).

[2] 1 425 milliards de francs CFA

[3] 1 256 milliards de francs CFA

[4] Président d’honneur des semaines sociales de France…

[5] Secrétaire général de l’Organisation pour la démocratie nouvelle et membre fondateur de l’association Alternative espaces citoyens.

http://www.bastamag.net/article2442.html
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Chien Guevara
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Date d'inscription : 10/06/2007

MessageSujet: Re: De la Grèce au Niger, comment le FMI favorise l’austérité et la pauvreté   Lun 11 Juin - 1:51

Niger : après l'uranium, place au pétrole

11/10/2011 Par Michael Pauron

Le 29 septembre, Niamey est entré dans le cercle restreint des producteurs d’or noir. Avec la mise en route de projets miniers, cela devrait assurer au Niger l’une des plus fortes croissances d’Afrique en 2012.

Les bonnes nouvelles s’accumulent à Niamey. Elles sont économiques, après avoir été politiques. À l’élection présidentielle de mars, qualifiée d’exemplaire et qui a vu le sacre de Mahamadou Issoufou, ont succédé les bonnes perspectives du Fonds monétaire international (FMI). Le Niger, pays aux 15,5 millions d’habitants, devrait connaître en 2012 la deuxième plus forte croissance africaine, avec 12,5 % (5,5 % en 2011), derrière la Sierra Leone (51,4 %) et devant l’Angola (10,8 %). « L’expansion en cours des secteurs du pétrole et des mines améliore les perspectives à moyen terme, estime le FMI. Les exportations pétrolières et minières devraient tripler entre 2011 et 2016. »

En ce qui concerne l’uranium, première ressource du pays, le démarrage en 2013 de l’exploitation de la mine d’Imouraren par le français Areva fera passer Niamey de la sixième à la deuxième place mondiale : la production devrait atteindre 5 000 tonnes/an et aura nécessité 1,3 milliard d’euros d’investissements. Le minerai radioactif devrait rapporter au pays plus de 100 millions d’euros en 2012, soit 15 millions de plus que cette année. La production d’or doit aussi connaître un nouveau souffle (la Société des mines du Liptako, détenue à 80 % par le canadien Semafo et à 20 % par l’État, produit moins de 2 t/an), avec cinq permis attribués à des sociétés canadienne, australienne et ghanéenne.


Cet article devrait être diffusé partout en France, et en Europe, où le mot magique est "croissance" ! ...
Sierra Leone 51,4 % de croissance ...
Angola : 10,4 % de croissance...
Niger : 12,5% de croissance ... (2ème pays le plus pauvre du monde !)

On a la preuve ici que la croissance d'un pays ne rime en rien avec l'amélioration des conditions de vie de son peuple !

Et en plus la croissance du pays est bien loin de celles des entreprises étrangères qui se gavent en exploitant les ressources naturelles chez eux !

Vous imaginez la tronche du Niger, avec un socialisme bolivarien ... Dehors tout le monde : mes ressources naturelles sont à moi ! cheers

_________________
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