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 "Mon cauchemar à Guantanamo"

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MessageSujet: "Mon cauchemar à Guantanamo"   Sam 14 Jan - 10:48

"Mon cauchemar à Guantanamo"
Lakhdar BOUMEDIENE | europalestine.com | lundi 9 janvier 2012

lundi 9 janvier 2012



Obama, prix Nobel de la paix ???




"Ce mercredi 10 janvier, il y aura dix ans qu’a été ouvert le camp américain de détention dans la baie de Guantanamo. Durant sept de ces dix années, j’y ai été détenu sans chef d’accusation ni explication. Pendant tout ce temps, mes filles ont grandi sans moi. Elles marchaient à peine quand on m’a jeté en prison et jamais elles n’ont eu la permission de me rendre visite ni de me parler au téléphone. La plupart de leurs lettres étaient retournées avec la mention « Ne peut être remis au destinataire », et les rares missives que j’ai reçues avaient été si radicalement et brutalement censurées que leurs messages d’amour et de soutien en étaient volatilisés.

Certains hommes politiques américains affirment que les détenus de Guantanamo sont des terroristes, mais jamais je n’ai été un terroriste. Si j’avais été présenté à un tribunal lors de mon arrestation, les vies de mes enfants n’auraient pas été dévastées, ni ma famille précipitée dans la pauvreté. Ce n’est qu’après que la Cour Suprême des Etats-Unis a enjoint au gouvernement de justifier ses actes devant un juge fédéral que j’ai enfin eu la possibilité de réhabiliter mon nom et de rejoindre mes proches.

J’ai quitté l’Algérie en 1990 pour travailler à l’étranger. En 1997, ma famille et moi avons déménagé vers la Bosnie et l’Herzegovine à la demande de mon employeur, le Croissant Rouge des Emirats Arabes Unis. J’ai assuré au bureau de Sarajevo les fonctions de directeur de l’aide humanitaire pour des enfants qui avaient perdu leurs parents dans les violences des conflits balkaniques. En 1998, j’ai pris la nationalité bosniaque. Nous vivions bien, mais tout a changé après le 11 septembre 2011.

Lorsque je suis arrivé à mon travail le matin du 19 octobre 2001, un agent de sécurité m’attendait. Il m’a demandé de l’accompagner pour un interrogatoire. Ce que j’ai fait, de mon plein gré – pour apprendre ensuite que je ne pouvais pas retourner chez moi. Les Etats-Unis avaient demandé aux autorités locales de m’arrêter en même temps que cinq autres hommes.

Selon des informations de l’époque, les USA supposaient que je complotais pour faire sauter leur ambassade à Sarajevo. Je n’ai jamais – pas une seule seconde – envisagé cela.

Le fait que les Etats-Unis avaient commis une erreur était manifeste dès le début. La Cour Suprême de Bosnie a enquêté sur l’accusation américaine, établi qu’aucune preuve contre moi n’existait et ordonné ma relaxe. Au lieu de quoi, au moment même de mon élargissement des agents américains se sont emparés de moi et des cinq autres. Nous avons été ligotés comme des animaux et expédiés par avion à Guantanamo, base américaine sur l’île de Cuba. J’y suis arrivé le 20 janvier 2002.

Je gardais confiance en la justice américaine. Je croyais que mes ravisseurs se rendraient rapidement compte de leur erreur et me libéreraient. Mais, quand je n’ai pas fourni aux interrogateurs les réponses qu’ils voulaient - et comment l’aurais-je pu, puisque je n’avais rien commis de mal ? – ils sont devenus de plus en plus brutaux. On m’a tenu éveillé pendant plusieurs jours d’affilée, j’ai été forcé à rester durant des heures dans des positions douloureuses. Ce sont des choses dont je ne veux pas faire le récit, je ne demande qu’à oublier.

J’ai observé pendant deux ans une grève de la faim, parce que personne ne voulait me dire pourquoi j’étais incarcéré. Deux fois par jour, mes geôliers enfonçaient un tube par mes narines, le long de ma gorge et jusqu’à mon estomac, de sorte qu’ils pouvaient y verser de la nourriture. C’était atroce, mais j’étais innocent et j’ai donc poursuivi ma démarche protestataire.

En 2008, ma demande d’un procès légal et équitable a suivi son chemin jusqu’à la Cour Suprême américaine. Dans un Arrêt qui porte mon nom, la Cour a déclaré que « les lois et la Constitution doivent persister et rester en vigueur dans les périodes extraordinaires ». Elle décidait que des prisonniers tels que moi, quelles que fussent la gravité des accusations, ont droit à comparaître devant un tribunal. La Cour Suprême reconnaissait une vérité fondamentale, à savoir que le gouvernement commettait des erreurs. Et elle déclarait que, dès lors que « les conséquences de l’erreur peuvent être la détention de personnes pour toute la durée d’hostilités qui sont susceptibles de persister sur une génération ou plus, il y a là un risque trop important pour être ignoré ».

Cinq mois plus tard, le juge Richard J.Leon, du tribunal fédéral du district de Washington, a réexaminé tous les motifs présentés pour justifier mon emprisonnement, y compris des informations secrètes dont je n’ai jamais eu connaissance. Le gouvernement a retiré sa plainte relative à un complot d’attentat à la bombe contre une ambassade, juste avant que le juge puisse l’examiner. Après les auditions, il a ordonné au gouvernement de me libérer en même temps que quatre des hommes qui avaient aussi été arrêtés en Bosnie.

Jamais je n’oublierai le moment où, ces quatre hommes et moi, assis dans une pièce sordide de Guantanamo, écoutions le son d’une voix confuse tandis que le juge Leon faisait lecture de son arrêt dans un tribunal de Washington. Il implorait le gouvernement de ne pas faire appel de sa décision, parce que « sept années d’attente pour que notre système judiciaire leur fournisse une réponse à une question si importante, est, selon moi, excessif ». J’ai été libéré, enfin, le 15 mai 2009.

Lakhdar Boumediene, deux semaine après son arrivée à Paris

Aujourd’hui, j’habite en Provence avec ma femme et mes enfants. La France nous a accordé l’asile et permis un nouveau départ. J’ai fait l’expérience du plaisir de me refamiliariser avec mes filles et, en août 2010, j’ai eu la joie d’accueillir un fils, Yousef. J’apprends à conduire, je suis une formation professionnelle et je reconstruis ma vie. J’ai espoir de recommencer à travailler au service des autres, mais jusqu’ici le fait d’avoir passé sept ans et demi comme prisonnier de Guantanamo a eu pour conséquence que seuls quelques organismes de défense des droits de l’homme ont sérieusement envisagé de m’embaucher. Je n’aime pas penser à Guantanamo. Les souvenirs en sont chargés de souffrance. Mais je fais part de mon histoire parce que 171 hommes sont encore là-bas. Parmi eux, il y a Belkacem Bensayah, qui a été arrêté en Bosnie et expédié à Guantanamo en même temps que moi.

Environ 90 prisonniers ont été disculpés et devraient être transférés hors de Guantanamo. Certains d’entre eux sont originaires de pays tels que la Syrie ou la Chine – où ils seraient soumis à la torture s’ils y retournaient – ou encore du Yémen, pays tenu pour instable par les USA. De sorte qu’ils restent en captivité, sans aucune issue en vue – non pas parce qu’ils auraient attaqué les Etats-Unis, mais parce que les stigmates de Guantanamo signifient qu’ils n’ont nulle part où aller, et que l’Amérique ne donnera pas asile à un seul d’entre eux.

On m’a dit que mon cas traité par la Cour Suprême est maintenant au programme des Facultés de Droit. Il se peut que cela me soit un jour une satisfaction, mais aussi longtemps que Guantanamo reste ouvert, et que des innocents y demeurent, mes pensées iront vers ceux qu’on a laissés en arrière, en ce lieu de souffrance et d’injustice.

Lakhdar Boumediene a été le principal plaignant dans le procès Boumediene contre Bush. Il a été détenu dans la prison militaire de la Baie de Guantanamo de 2002 à 2009.

http://www.nytimes.com/2012/01/08/o...

(Traduit de l’anglais par Anne-Marie PERRIN pour CAPJPO-EuroPalestine, à partir d’un texte anglais, traduit de l’arabe, par Felice BEZRI)

CAPJPO-EuroPalestine

http://www.europalestine.com/spip.php?article6800
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MessageSujet: Re: "Mon cauchemar à Guantanamo"   Mar 17 Jan - 1:57

ç'est le seul qui en est ressorti, non ?

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MessageSujet: Re: "Mon cauchemar à Guantanamo"   Mar 17 Jan - 7:27

En fait, ils sont 6 à avoir porté plainte ( par l'intermédiaire de leur cabinet d'avocats ) pour refus des autorités américaines de livrer les sources selon lesquelles ces 6 personnes kidnappées puis séquestrées, présenteraient " un danger réel contre la sécurité des USA".
Parmi ceux-ci, l'un d'entre eux a porté plainte pour "coups et blessures ayant entraîné une paralisie faciale": Mustafa Aït Idir.

http://www.algeria-watch.org/fr/mrv/mrvref/plainte_contre_bush.htm
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MessageSujet: Re: "Mon cauchemar à Guantanamo"   Sam 21 Jan - 1:49

Le camp de Guantánamo se trouve sur la base navale de la baie de Guantánamo dans le sud-est de Cuba. Dans ce centre de détention militaire de haute sécurité, sont détenues des personnes qualifiées de « combattant illégal », capturées par l'armée américaine dans les différentes opérations qu'elle mène à l'étranger (Afghanistan, Irak, etc.) contre des militants et « terroristes » islamistes. Le choix de ce centre situé à Cuba sur une base militaire américaine a été justifié par le président George W. Bush afin de fonder juridiquement la décision de refuser de soumettre les détenus au système judiciaire fédéral américain, prenant appui sur l'extra-territorialité de la base.

Il y avait, à l'automne 2001, environ 750 détenus originaires d'une vingtaine de pays différents. De 2001 à 2004, plus de 200 prisonniers ont été relâchés ; beaucoup ont été jugés dans leurs pays d'origine comme les six prisonniers de nationalité française ou bénéficient d'amnistie comme plusieurs centaines d'Afghans. En avril 2006, 558 personnes étaient emprisonnées à Guantánamo, nombre qui était descendu à 275 en mai 2008 et à 192 en janvier 2010, un an après l'échéance fixée par un décret présidentiel du président Barack Obama ordonnant la fermeture du centre. Au total, 779 personnes sont passées par cet établissement entre 2002 et décembre 2008, dont cinq se sont suicidées.

En juin 2006, la Cour suprême des États-Unis a déclaré illégales les procédures judiciaires d'exception mises en place à Guantánamo. Un groupe de défense des droits de l'homme basé à Londres estime que soixante des détenus[Quand ?] sont mineurs.

Une étude de l'armée américaine affirme qu'au moins trente anciens détenus de Guantánamo ont été capturés lors de combats en Afghanistan, au Pakistan ou en Irak, et que 95 % d'entre eux constituaient une menace pour les « intérêts américains » en raison de leur affiliation à la mouvance islamiste.

Ce lieu de détention hors de tout cadre juridique attire les critiques de l'opinion publique internationale, des gouvernements et des associations de défense des droits de l'homme. De nombreux témoignages et documents font état de conditions de détention dégradantes et de l'emploi de techniques de torture sur des prisonniers.

Le 16 novembre 2008, le président Barack Obama a confirmé son intention de fermer le camp. Mais cette fermeture pose en particulier des problèmes de nature juridique comme le fait que des aveux ont été obtenus « sous contrainte », créant ainsi un vice de procédure, ce qui pourrait conduire la justice américaine à libérer des condamnés, dont au moins un, Khalid Cheikh Mohammed, a été jugé responsable des attentats du 11 septembre 2001. Le 22 janvier 2009, Obama a signé un décret présidentiel ordonnant la fermeture du camp dans un délai d'un an. La prison de haute sécurité de la petite ville de Thomson dans l'Illinois, construite en 2001, mais dont les 2 800 cellules ne sont pas toutes remplies, va être achetée par l'État fédéral. De nombreuses difficultés, tant politiques qu'administratives et juridiques, entravent la réalisation de la fermeture du camp de Guantanamo qui compte toujours 171 prisonniers en janvier 2012, soit 10 ans après son ouverture.

http://fr.wikipedia.org/wiki/Camp_de_Guant%C3%A1namo

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