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 Sarkozy va tenter d'apaiser la crise entre Uribe et Chavez

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Chien Guevara
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MessageSujet: Sarkozy va tenter d'apaiser la crise entre Uribe et Chavez   Jeu 22 Nov - 23:47

Otages : Sarkozy va tenter d'apaiser la crise entre Uribe et Chavez

Le président colombien Alvaro Uribe (Reuters).

Le président colombien a mis fin à la mission de Chavez, accusé d'ingérence dans les affaires de l’Etat. Nicolas Sarkozy va demander à Uribe de «maintenir le diaologue» avec Chavez.
Liberation.fr (avec source AFP)

Nicolas Sarkozy va tenter d'apaiser les tensions entre le président colombien Uribe et le président vénézuélien Chavez afin de préserver le mince espoir d'obtenir la libération d'Ingrid Bétancourt et d'autres otages des Farc en Colombie.Le chef de l'Etat français «va charger l'ambassadeur de France à Bogota, actuellement à Paris, d'une lettre à remettre au président Uribe pour lui demander de maintenir le dialogue avec Hugo Chavez», a expliqué une source proche de l'Elysée. Le chef de l'Etat ne va pas appeler le chef d'Etat colombien «dans l'immédiat». «Il va attendre que la température redescende un peu», a-t-on ajouté.


Cette nuit, un porte-parole de la présidence colombienne avait indiqué que le président Uribe «considère comme terminées la facilitation de la sénatrice (colombienne) Piedad Cordoba et la médiation du président Hugo Chavez et les remercie pour leur aide».

Alvaro Uribe reproche dans ce communiqué au président Chavez d'avoir directement contacté au téléphone le commandant de l'armée colombienne, le général Mario Montoya, et de l'avoir interrogé sur les otages.

«Aujourd'hui, la sénatrice Piedad Cordoba a appelé au téléphone le commandant de l'Armée, le général Mario Montoya, lui demandant un rendez-vous puis lui a passé le président Chavez qui a posé des questions sur les otages des Forces armées révolutionnaires de Colombie (Farc)», poursuit le communiqué.

Or, selon le texte du communiqué, Alvaro Uribe aurait demandé au cours de sa dernière rencontre avec Chavez, le 10 novembre à Santiago du Chili, de ne pas prendre directement contact avec les hauts responsables de son administration notamment dans l'armée.

Uribe joue sa réélection «sur la défaite des Farc»

Marleny Orjuela, porte-parole des familles de militaires et de policiers otages, a qualifié aujourd’hui dans un déclaration à radio Caracol cette décision de «crachat» et de «triste jour pour les familles des séquestrés.»

«Contacter directement le chef de l'armée colombienne est une grosse maladresse que Chavez est capable de faire mais, même si cela est vrai, la réaction extrême d'Uribe démontre un refus total de négocier avec les Farc. Depuis la rencontre de Paris entre Chavez et (le président français Nicolas) Sarkozy, M. Uribe ne cesse de dresser de nouveaux obstacles sur la voie d'un échange», estime un diplomate européen qui a requis l'anonymat.

Pour Fabrice Delloye, ex-mari d’Ingrid Bétancourt, «C'est plus que de la consternation, c'est quelque chose de dramatique,» a-t-il déclaré sur France Info. «Quelle que soit la personnalité» d'Hugo Chavez et de la sénatrice Piedad Cordoba, ces médiateurs étaient «des personnalités incontournables pour arriver dans les prochains mois à un accord humanitaire» permettant la libération des otages et même parvenir «à un accord de paix», a-t-il dit. «Le monde entier en est témoin: Uribe est un homme extrêmement difficile capable de changer d'idées du jour au lendemain», a-t-il ajouté. «Il montre qu'il ne veut pas trouver une solution pacifique et ne veut pas que nos otages rentrent.» Pour Fabrice Delloye, le président colombien cherche à asseoir sa réélection «sur la défaite des Farc.»

Le comité de soutien à Ingrid Betancourt a exprimé de son côté son «désarroi le plus grand» et son «incompréhension la plus totale», en demandant à Alvaro Uribe de revenir sur sa décision. «Alvaro Uribe a atomisé notre espoir, une nouvelle fois, en pratiquant l'art de l'hécatombe, seule discipline dans laquelle le président colombien est décidé à exceller malheureusement», juge le comité dans un communiqué. La Fédération internationale des comités Betancourt a lui lancé un «appel pressant» à Nicolas Sarkozy pour «qu'il intervienne immédiatement auprès de son homologue colombien.»

Démonstrations de force

Le jour-même de l'arrivée à Paris d'Hugo Chavez pour une visite de 24 heures centrée sur le sort des otages en Colombie Alvaro Uribe fixait déjà à la médiation du président du Venezuela la date limite du 31 décembre.

Au même moment, le Haut commissaire pour la paix Luis Carlos Restrepo déclarait à plusieurs radios que son gouvernement exigeait d’Hugo Chavez «une formule pour la libération des otages», au risque de voir sa mission interrompue. Or, il s'agit d'un des points les plus complexes à régler dans ces négociations car les Farc exigent pour libérer les 45 otages que 500 de leurs guérilleros soient remis en liberté et puissent rejoindre leurs rangs.

De son côté, le président colombien répète depuis des mois qu'il négociera avec les rebelles uniquement si les guérilleros emprisonnés s'engagent officiellement à ne pas reprendre la lutte armée après leur sortie de prison.

Quelques heures plus tard, Luis Carlos Restrepo durcissait aussi les conditions posées à une rencontre sur le territoire colombien entre Hugo Chavez et le chef rebelle Manuel Marulanda. Le gouvernement colombien exige comme préalable à cette rencontre une libération d'un premier groupe d'otages mais également un engagement officiel des Farc à libérer tous les autres otages. «Il n'a jamais été question qu'ils (les otages) soient tous libérés (avant des négociations, ndlr)», a réagi de Paris M. Chavez.

Les avancées rapides dans la médiation du président Chavez et de la sénatrice d'opposition Piedad Cordoba provoquent de brusques démonstrations de force dans les deux camps ennemis.

En ne remettant pas à Hugo Chavez avant son arrivée à Paris les preuves promises selon lesquelles les otages sont en vie pour sa rencontre avec le président Sarkozy, les Farc soulignent leur indépendance vis-à-vis de l'ami vénézuélien.

Et en mettant fin à la médiation d’Hugo Chavez, le président Uribe proclame qu'il est le seul décideur dans cette affaire d'otages.
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