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 Deux Toulousains obtiennent la censure du passeport biométrique

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MessageSujet: Deux Toulousains obtiennent la censure du passeport biométrique   Sam 19 Nov - 8:40

http://www.ladepeche.fr/article/2011/11/18/1218781-deux-toulousains-obtiennent-la-censure-du-passeport-biometrique.html#xtor=EPR-1

Le club « droit, justice et sécurité », à Toulouse, a réussi à obtenir du Conseil d'État l'annulation de plusieurs articles du décret de 2008 instaurant le passeport biométrique qui prévoyait huit empreintes digitales au lieu de deux.
C'est un combat gagné par un cercle d'amis toulousains. Aidé de l'avocat Christophe Lèguevaques, Didier Cujives, chef d'entreprise et maire de Paulhac, et son « groupe de citoyens » du club Droit, justice et sécurité, ont réussi à faire plier le gouvernement sur la question litigieuse du passeport biométrique. Ils ont mis le doigt là où ça fait mal : le passeport biométrique, entré en vigueur depuis le décret du 30 avril 2008, prévoyait la numérisation de huit doigts au lieu de deux comme le réclament les autres pays européens. Ces empreintes se retrouvent alors enregistrées sur le fichier « DELPHINE » pouvant être comparé avec d'autres fichiers de police (STIC, etc.)

Le Conseil d'État a tranché
Pour le club toulousain, c'est clair, il y a un « manquement élémentaire aux principes de droit » en matière de protection de la vie privée. Le Conseil d'État a finalement tranché en faveur de cette requête, en validant l'essentiel du dispositif mais en censurant la conservation, dans un fichier centralisé, des empreintes digitales de huit doigts, au lieu des deux figurant dans le composant électronique du passeport.

Du coup, au ministère de l'Intérieur, on fait profil bas. « On va se conformer à la loi, a confié hier par téléphone Pierre-Henry Brandet, porte-parole. À partir du 1er décembre, tout sera effectif dans le système, on ne collectera plus que deux empreintes de doigt - deux index - au lieu de huit ». Mais que fait-on des 6,3 millions de passeports biométriques en circulation ? « Il va falloir que l'Agence nationale des titres sécurisés (ANTS) procède à l'effacement des données de sa base. Cela va concerner 40 millions d'empreintes. ça prendra plusieurs mois de travail mais ça n'a pas été chiffré », ajoute le ministère de l'Intérieur. « On aurait préféré que le gouvernement, qui a agi en catimini, en cachette sur ce dossier, mesure avant, ce que ça va coûter désormais en temps et en argent », déplore Didier Cujives.


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"Un coup de règle sur les doigts du gouvernement"
Christophe Lèguevaques est avocat à Toulouse. Il répond à nos questions.

Comment avez-vous « levé ce lièvre » des passeports biométriques ?

C'est dans le cadre du club Droit, Justice et Sécurité, rassemblant des personnes de gauche, magistrats, avocats, élus, qui s'intéressent aux questions de sécurité. En 2008, notre réflexion portait sur les fichiers électroniques, et nous avons découvert ce décret sur les passeports biométriques.

Qu'est-ce qui a attiré votre attention ?

Ce décret nous a semblé curieux pour deux raisons. D'abord, les éléments sont rassemblés dans une base de données biométriques, d 'autre part, alors que l'Europe exige simplement la reproduction de deux empreintes digitales, la France en demandait huit ! Nous avons donc, avec Didier Cujives, décidé de porter l'affaire devant le Conseil d'Etat.

Pourquoi ?

Parce que ces dispositions sont dangereuses pour les libertés publiques ! Imaginons un jour que ces données tombent entre les mains d'un Etat très autoritaire ! Par ailleurs, la loi indique que l'on doit rester dans la finalité : deux empreintes et une photo, c'est suffisant pour établir l'identité, c'est du moins ce que pense l'Europe. Alors pourquoi huit empreintes ? Quelle est la finalité ? Si la finalité n'est pas claire, alors, c'est abusif.

Quelle est la situation aujourd'hui ?

Il y a donc 6 300 000 passeports illégaux ! Soit l'État rappelle ces passeports et en fait faire de nouveaux, soit il ouvre le fichier central et supprime ces six empreintes sur huit ; ce qui est un travail colossal dans un cas comme dans l'autre. Mais c'est bien la faute de l'État : notre action date de 2008, et le gouvernement aurait dû avoir la prudence d'attendre la décision du Conseil d'État au lieu de passer en force. Là, le Conseil d'État lui a donné un coup de règle sur les doigts.

Recueilli par Dominique Delpiroux


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MessageSujet: Re: Deux Toulousains obtiennent la censure du passeport biométrique   Sam 19 Nov - 8:42

http://blogs.mediapart.fr/blog/marie-therese-ferrisi/031111/passeport-biometrique-le-conseil-detat-censure-le-fichier-des

Passeport biométrique : le Conseil d'Etat censure le fichier des empreintes digitales

Le décret du 30 avril 2008 instaurant le passeport biométrique en droit français se présentait comme un simple instrument de transposition d’une norme européenne.

Il n’en est rien.

Non seulement, il ne respecte pas les recommandations du G29 (Groupe des « CNIL » européennes), mais il viole le Règlement du Conseil européen n° 2252/2004 en date du 13 décembre 2004 (ci‐après le « Règlement 2252/2004 »).

En effet, les articles 5, 8 et 9, et 7 dudit décret prévoient respectivement :

- La numérisation de HUIT doigts au lieu de DEUX ;

- L’enregistrement de données biométriques se rapportant aux demandeurs sur le fichier « DELPHINE » pouvant être interconnecté avec d’autres fichiers de police (STIC, etc.)

- La création d’une base centralisée de donnés biométriques

Alors que les recommandations du G29 refusent toute base de données centralisée et que le Règlement 2252/2004 ne prévoit que la numérisation de deux empreintes digitales au lieu de huit.

C’est en raison de cette violation que le Conseil d’Etat a annulé l’article 5 du Décret.

Cette décision est le résultat de la vigilance d’un groupe de citoyens originaires de Toulouse et menés par M. Didier CUJIVES. Ils ont mandaté Me Christophe LEGUEVAQUES, avocat au barreau de Paris, aux fins de voir respecter les libertés publiques et afin d’éviter un fichage étatique généralisée à la population française détentrice d’un passeport.

A présent, le Gouvernement est face à un choix :

- soit il considère que 6,3 millions de passeports biométriques en circulations sont nuls et ils doivent être rééditer

- soit, l’Agence nationale des titres sécurisés (ANTS) procède à l’effacement matériel de six des huit empreintes conservées dans la base. Un tel effacement est techniquement extrêmement délicat car il ne peut être réalisé que dossier par dossier, au prix d’un long travail qui risque d’être couteux et, de surcroit, générateur d’erreurs de manipulations

En effet, s’il faut effacer les six empreintes surnuméraires de la base (soit une purge de 37 800 000 empreintes), cette opération nécessite de casser les sécurités, d’annuler le dossier, inséparable des huit empreintes et de le reconstituer pour les seules deux empreintes qui ont été identifiées comme figurant dans le composant électronique du titre. L’ANTS estime à six mois de travail au moins cette purge.

Les requérants avaient fait savoir au Conseil d’Etat que l’argumentation du Gouvernement était inacceptable. En effet, des complications administratives, ne doivent pas prévaloir devant la protection des libertés publiques. C’est là tout à la fois un aveu et un recul.

Un aveu du peu de cas accordé par le Gouvernement aux libertés publiques, protégés par la constitution, les traités internationaux et européens et par les juridictions, au premier rang desquelles le Conseil d’Etat a toujours joué un rôle éminent, même pendant les périodes les plus sombres de notre histoire
Un recul, car pour porter atteinte dans de telles proportions aux libertés fondamentales et à l’intégrité de la personne, le pouvoir réglementaire est rigoureusement incompétent. Seul le législateur, sous le contrôle pointilleux du Conseil constitutionnel, peut se permettre d’arbitrer, après un débat public (et non dans l’ombre des antichambres des ministères fréquentées par des consultants en sécurité qui entretiennent un climat de guerre civile molle pour vendre leurs services et leurs solutions cyniquement répressives et technologiquement dépassées) entre les libertés publique et la sécurité
Par ailleurs, force est de constater que cet argument est de pure mauvaise foi. En adoptant le décret prévoyant le stockage de 8 empreintes au lieu de 2, le Gouvernement savait qu’il excédait sciemment son pouvoir en refusant d’appliquer des recommandations et des réglementations européennes pourtant exempt de difficulté d’interprétation. Qui plus est, en laissant trainer volontairement la procédure durant 3 ans (dans le secret espoir qu’un cavalier législatif viendrait corriger son excès de zèle réglementaire), le gouvernement a seul pris le risque d’étendre le nombre de passeports biométriques en circulation et en violation expresse avec la réglementation européenne. Dès lors, il est particulièrement mal venu d’exciper des difficultés techniques qu’il a lui-même généré par son inconséquence et son imprudence.

Par cette décision, le Conseil d’Etat a refusé d’être placé devant le fait accompli en expliquant que l’annulation du texte évidemment nul entrainerait des conséquences disproportionnées. En cela, on peut considérer que le Conseil d’Etat a fait application de l'adage latin Nemo auditur propriam turpitudinem allegans (nul ne peut alléguer sa propre turpitude), en rappelant au Gouvernement qu’il est responsable de la conduite de la politique de la Nation.

Ci-joint l’arrêt du Conseil d’Etat du 26 octobre 2011:

http://www.droits-justice-et-securites.fr/wp-content/uploads/2011/10/arrêt-CE-Passeport-biométrique.pdf

Source :

http://www.droits-justice-et-securites.fr/2011/10/passeport-biometrique-le-conseil-detat-annule-le-decret-instaurant-le-passeport-biometrique/
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Chien Guevara
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MessageSujet: Re: Deux Toulousains obtiennent la censure du passeport biométrique   Mar 22 Nov - 1:55

Moi, j'ai encore un vieux passeport ; mais ça va pas durer encore longtemps ... Crying or Very sad

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MessageSujet: Re: Deux Toulousains obtiennent la censure du passeport biométrique   Aujourd'hui à 7:30

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