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 Dernières vacances avant la récession

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Clode
Révolutionnaire
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Nombre de messages : 4621
Age : 60
Date d'inscription : 22/07/2007

MessageSujet: Dernières vacances avant la récession   Mer 12 Oct - 18:21

Jeudi 23 juin, l'Agence internationale de l'énergie (AIE) a décidé de mettre
sur le marché 60 millions de barils de pétrole issus de ses réserves
stratégiques, pendant un mois, soit 2 millions de barils par jour. Le
ministre de l'industrie, Eric Besson, et les médias ont interprété cette
largesse comme une aubaine destinée à satisfaire
l'"énergivoracité" de nos automobilistes à la veille des vacances
d'été, en poussant les prix des carburants à la baisse. Telle n'est pas
mon interprétation. Il s'agit plutôt d'un geste désespéré du club des
pays riches pour tenter de sauver la maigre croissance actuelle et d'éviter la récession qui s'annonce à l'automne.



Les plans d'austérité, grec ou britannique, la réduction des services
publics et l'augmentation tendancielle des prix de l'énergie demeurent
les instruments fatals d'une économie productiviste moribonde. L'ultime
tentative de baisser
artificiellement les prix des carburants produira l'effet inverse d'une
politique rationnelle de l'énergie : un accroissement de la demande
comblant une ivresse estivale avant la sobriété contrainte pour Noël.




Cette parade dérisoire fut sans doute guidée par les Etats-Unis qui
ont dépensé 900 milliards de dollars (645,4 milliards d'euros) depuis
novembre 2010 pour racheter leur dette afin de réduire la hausse des taux d'intérêt. Ce processus ("quantitative easing", QE) s'achève le 30 juin. Le président de la Réserve fédérale, Ben Bernanke, et le président Barack Obama avaient justement anticipé que le premier semestre 2011 ressemblerait au premier semestre 2008.


Afin d'éviter
que le second semestre 2011 ressemble au second de 2008, nos dirigeants
prescrivent deux remèdes - QE et déstockage du pétrole stratégique -,
un soulagement de court terme à la maladie mortelle qu'est la
raréfaction des matières premières bon marché, pétrole en tête.


L'autre raison officielle invoquée provient de la situation en Libye
et de l'incapacité des membres de l'Organisation des pays exportateurs
de pétrole (OPEP) à s'entendre pour augmenter
la production de pétrole. Par la mise sur le marché d'une partie de ses
réserves stratégiques, l'AIE compenserait la chute des exportations
libyennes, accordant ainsi un délai supplémentaire à la coalition
franco-britannique pour se débarrasser de Kadhafi et pour ériger
le Conseil national de transition (CNT) en gouvernement d'accueil pour
les transnationales pétrolières occidentales. Si l'on ne peut prédire à quel niveau se ferait la reprise des exportations libyennes de pétrole, on ne doit pas ignorer que le pic de production est déjà passé dans ce pays.


Fondamentalement, l'ancien monde d'une croissance forte soutenue par
des bas prix de l'énergie est désormais mort. Néanmoins, la nostalgie du
passé aveugle encore nos dirigeants, et les candidats à la
présidentielle, en France comme aux Etats-Unis, ignorent que notre
industrialisme n'est qu'une machine thermodynamique qui convertit des
inputs énergétiques en biens et services. La loi de l'entropie s'impose à
la fin, c'est-à-dire aujourd'hui.


La seule solution pour éviter
la récession serait une augmentation permanente de la production de
pétrole bon marché. L'impossible réalisation de ce fantasme nous conduit
à l'autre solution : la décroissance massive de notre consommation de
pétrole, que nous le voulions ou non.


Le petit choc sur l'offre de pétrole, déduit de la vente décidée par
l'AIE, sera suivi sous peu d'un rebond à la hausse du marché pétrolier.
Quand le marché est fâché, il fait toujours ainsi. Lorsque la décision
artificielle de l'AIE sera démasquée - elle ne pourra pas une seconde
fois vendre
une partie de ses réserves -, le marché réalisera que le problème
sous-jacent est plutôt la carence de toute marge de manoeuvre et la
possibilité conjointe de pénurie relative.


Offre inélastique, demande croissante : les prix remonteront sans
doute plus vite et plus haut, deviendront plus volatils encore dans une
sorte d'agitation brownienne des acteurs de ce jeu. Heureusement, la
réalité n'est pas financière, elle est géologique et nous possédons
quelques bons scénarios de la déplétion du pétrole, reposant sur des
principes physiques intangibles.


Parallèlement, le système financier occidental reprendra à l'automne
les mêmes fantaisies dramatiques qu'il avait mises en scène à l'automne
2008. La guerre des monnaies entre l'Euroland et la finance
anglo-américaine est la partie visible de la croissance des dettes
souveraines d'un côté de l'Atlantique comme de l'autre. La "reprise"
chantée en boucle par nos politiques au printemps se transformera en
récession à l'automne.


Face à de telles menaces, l'étonnement nous saisit à la lecture des
documents distribués et des débats tenus sur les orientations des
finances publiques pour 2012, lundi 27 juin, à l'Assemblée nationale. La
majorité UMP comme l'opposition socialiste retiennent des prévisions de
croissance supérieures à 2 % pour le prochain quinquennat. Les
écologistes 1 %. Hormis la récitation rituelle de la prière
croissantiste, sur quelles analyses s'appuient-ils et de quelle vision
de l'avenir s'inspirent-ils pour imprimer et exprimer de tels chiffres ?


Il n'y a que deux façons d'organiser le découpage des parts du PIB. Le système des revenus et des prix est la première et permet aux riches de s'enrichir plus encore en période de croissance, laissant aux pauvres quelque pouvoir
d'achat misérable. Lorsque la récession survient, le risque de révolte
sociale grandit. Le premier système de découpage du PIB est
insupportable, comme on le voit en Grèce et en Espagne. Le rationnement,
deuxième façon de découper le PIB, devient alors la seule politique possible pour éviter le chaos social : chacun reçoit la même part, qu'il gagne 1 000 ou 10 000 euros par mois.


La solidarité est pensée à partir
de la personne et non du poste de travail. Organisons ainsi l'accès aux
biens de base, cela est juste socialement et bon moralement. Economie
de guerre ? Electoralement inenvisageable ? Je prends le pari
aujourd'hui, contre Nicolas Sarkozy et Martine Aubry, que la récession imposera cette politique.

http://www.lemonde.fr/idees/article/2011/07/13/dernieres-vacances-avant-la-recession_1548290_3232.html
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Chien Guevara
Admin


Nombre de messages : 9406
Date d'inscription : 10/06/2007

MessageSujet: Re: Dernières vacances avant la récession   Jeu 13 Oct - 0:46

J'adore ces sujets qui parlent de dette, de deficit ...
Et la république du Congo, elle a une dette ? Et bien non !! Pourtant, dans ce pays, un enfant meurt toute les 15 secondes de faim ou de soif !
Alors les conneries spéculatives des maîtres du monde, moi, ça me fait gerber ! affraid

_________________
Ancien chien de berger, viré parce qu'il avait appris aux moutons à se rebeller
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Dernières vacances avant la récession
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