Discussions dans la niche

Pour les amis, fidèles à mon site
 
AccueilPortailFAQRechercherS'enregistrerMembresGroupesConnexion

Partagez | 
 

 Venezuela, Honduras, Pérou, Equateur : « petits » oublis et « grands » mensonges

Voir le sujet précédent Voir le sujet suivant Aller en bas 
AuteurMessage
Chien Guevara
Admin


Nombre de messages : 9406
Date d'inscription : 10/06/2007

MessageSujet: Venezuela, Honduras, Pérou, Equateur : « petits » oublis et « grands » mensonges   Ven 27 Mai - 0:05

Venezuela, Honduras, Pérou, Equateur : « petits » oublis et « grands » mensonges des médias











Il convient de prendre la mesure du danger que constitue l’attitude systématiquement
hostile adoptée par l’écrasante majorité des grands médias européens et
nord-américains (ainsi que par l’organisation Reporters sans
frontières) à l’égard des expériences en cours en Equateur, en Bolivie
et au Venezuela. Cette hostilité n’a d’égale que le silence embarrassé
et complice à l’égard des putschistes honduriens ou de la répression
exercée par l’armée péruvienne contre les Indiens d’Amazonie.

Pour illustrer cette affirmation, quelques faits récents.
1)
Le 5 juin 2009, l’armée péruvienne a massacré à Bagua plus de 50
Indiens d’Amazonie qui protestaient contre les concessions de terres
accordées par le gouvernement d’Alan Garcia aux transnationales
étrangères, principalement européennes. Cela n’a pas provoqué la
réprobation des grands groupes de presse mondiaux [1]. Ceux-ci donnaient
alors la priorité quasi exclusive aux protestations en cours en Iran.
Non seulement la presse n’a pas réprouvé la répression au Pérou, mais à
peine y a-t-elle fait écho. Or, le mécontentement était tel au Pérou que
le gouvernement a dû annoncer l’abrogation du décret présidentiel
contre lequel les Indiens d’Amazonie étaient entrés en lutte. Encore une
fois, la couverture par les médias de ce recul du gouvernement a été
quasiment nulle. Posons-nous la question suivante : si une intervention
de l’armée vénézuélienne ou équatorienne avait provoqué la mort de
dizaines d’Indiens d’Amazonie, quelle aurait été la couverture
médiatique ?

* * *
2)
Lorsque le président constitutionnel Manuel Zelaya a été renversé par
les militaires le 28 juin, l’écrasante majorité des médias a déclaré, en
contradiction totale avec la vérité, que les militaires réagissaient à
sa volonté de modifier la Constitution afin de rester au pouvoir. De
nombreux medias ajoutaient qu’il suivait en cela l’exemple d’Hugo
Chavez, présenté comme un dirigeant populiste autoritaire. En réalité,
Manuel Zelaya proposait aux citoyens honduriens de se prononcer en
faveur de l’organisation d’élections générales à une Constituante ce qui
aurait représenté une réelle avancée démocratique dans ce pays. C’est
ce qu’expliquent très bien Cécile Lamarque et Jérôme Duval, de retour
d’une mission du CADTM au Honduras : « Le coup d’État est réalisé le
jour où Manuel Zelaya organise une « consultation » à caractère non
contraignant demandant aux Honduriens s’ils désiraient, ou non, la
convocation d’une Assemblée nationale constituante, après les élections
prévues le 29 novembre 2009. La question était : « Êtes-vous d’accord
qu’aux prochaines élections générales de 2009, une 4e urne soit
installée pour permettre au peuple de se prononcer sur la convocation
d’une assemblée nationale constituante ? OUI ou NON ». Si cette
consultation avait recueilli une majorité de « oui », le président
aurait soumis un décret à l’approbation du Congrès pour que, le 29
novembre, les Honduriens se prononcent formellement sur la convocation
d’une Constituante, dans une « quatrième urne » (les trois premières
étant réservées respectivement à l’élection du président, des députés et
des maires). Pour donner un semblant de légalité au coup, le Congrès et
la Cour Suprême, associés au putsch, ont jugé ce scrutin illégal et ont
fait valoir que le président Zelaya a « violé la Constitution » en
prétendant la modifier « pour pouvoir briguer un nouveau mandat », à la
manière d’un « apprenti dictateur chaviste ». Or, Manuel Zelaya ne
cherchait pas, via cette consultation populaire, à reconduire son mandat
présidentiel lors des prochaines élections puisque celles-ci se
tiendront dans le cadre de l’actuelle Constitution qui prévoit des
mandats présidentiels de quatre ans non renouvelables. Zelaya ne pouvait
donc pas être candidat à sa propre succession. » [2].
Alors que les mouvements populaires d’opposition aux putschistes ont
multiplié grèves et manifestations en juillet, en août et septembre, les
grands médias y ont à peine consacré quelques lignes. Les rares fois où
les grands quotidiens consacrent un article de fond à la situation au
Honduras, ils pratiquent une politique de dénigrement du président
constitutionnel quand ils ne présentent pas carrément l’action des
militaires sous la forme d’un coup militaire démocratique. C’est le cas
The Wall Street Journal, qui dans son éditorial du 1er juillet 2009,
écrivait que “le coup d’Etat militaire qui a eu lieu au Honduras le 28
juin dernier et qui a conduit à l’exil le président de ce pays
d’Amérique centrale, Manuel Zelaya, est étrangement démocratique”.
L’éditorial ajoute que “les autorités législatives et judiciaires
resteront intactes” suite à l’action militaire. De son côté et de
manière plus nuancée, le célèbre quotidien français Le Monde a participé
à une campagne de dénigrement de Manuel Zelaya. En voici un exemple. Le
12 septembre 2009, Jean-Michel Caroit, son envoyé spécial au Honduras,
cite les paroles d’une Française expatriée dans ce pays et ensuite
accole le mensonge répété systématiquement sur les mauvaises intentions
attribuées à Manuel Zelaya : « « Pour les Honduriens, le retour de
Zelaya est inacceptable car il signifierait vingt ans de dictature à la
[Hugo] Chavez », s’exclame Marianne Cadario, en référence au président
du Venezuela qui – comme son allié Manuel Zelaya prétendait le faire
(c’est moi qui souligne) – a modifié la Constitution pour pouvoir se
faire réélire. Marianne Cadario, une Française installée depuis trente
ans au Honduras, se dit « hyperchoquée par la réaction de la communauté
internationale » qui a condamné le putsch. ». [3] Le ton des journaux
comme Le Monde et Libération a commencé à changer fin septembre après
que les putschistes aient franchi plusieurs degrés supplémentaires dans
la répression. Il est devenu assez critique à l’égard des putschistes.
Ceci dit, le quotidien Libération mérite un prix pour l’utilisation des
euphémismes. En effet, le 28 septembre 2009 (3 mois après le coup jour
pour jour), il intitulait « Parfum de dictature » (c’est moi qui
souligne) le paragraphe dans lequel il expliquait que le gouvernement
putschiste avait décrété : « l’interdiction de « toute réunion publique
non autorisée », arrestation de « toute personne mettant en danger sa
vie ou celle des autres », « évacuation » des locaux occupés par les
manifestants et brouillage de « l’émission par n’importe quel média de
programmes portant atteinte à la paix. » » [4].

* * *
3) Début août 2009, l’intention des autorités vénézuéliennes de remettre en cause le droit
d’émettre de 34 radios et télévisions a trouvé un écho important dans
la presse internationale sur le thème : « c’est une preuve de plus de la
quasi disparition du droit d’expression et de critique dans ce pays
autoritaire ». La manière dont la grande presse traite la situation des
médias au Venezuela est unilatéralement hostile aux autorités du pays,
alors que 90% des médias vénézuéliens sont privés et soutiennent pour la
plupart très activement des campagnes de désinformation. Globovision,
une des principales chaînes de télévision privées, a participé
activement au coup d’Etat militaire contre Chavez le 11 avril 2002. Un
reportage réalisé par Globovision a fait le tour du monde le 11 avril
2002 et dans les jours qui suivirent le coup militaire. Il s’agit d’un
montage qui falsifie la réalité. On y voit des civils présentés comme
chavistes en train de tirer au pistolet à partir d’un pont dans une
direction qui n’est pas identifiable. La voix off du journaliste de
Globovision affirme que les chavistes sont en train d’abattre des
manifestants d’opposition qui défilent pacifiquement dans la rue en
dessous du pont. Le parquet vénézuélien a pu reconstituer le déroulement
exact des faits à partir de l’analyse des reportages et des différentes
photos prises par des particuliers le 11 avril 2002. En fait, les
militants chavistes qui, selon Globovision, tiraient sur des
manifestants, répondaient en réalité à des tirs provenant d’un blindé de
la police métropolitaine alliée aux putschistes. Les manifestants
d’opposition n’étaient plus dans la rue vers laquelle tiraient les
chavistes au moment des faits. Plusieurs sources ont pu démontrer sans
équivoque possible que les putschistes avaient programmé l’assassinat de
manifestants anti-chavistes en attribuant ces crimes à Chavez pour
justifier leur coup. Le 11 avril 2008, les téléspectateurs vénézuéliens
ont pu revoir les images de la conférence de presse donnée par les
militaires putschistes à un moment où aucun manifestant n’avait encore
été tué. Or, ces militaires y affirmaient qu’ils prenaient le pouvoir
suite aux assassinats réalisés par les chavistes, ce qui corrobore
clairement la thèse selon laquelle ils avaient délibérément planifié ces
assassinats pour justifier leur action séditieuse.
Au cours des deux jours qui suivirent le coup d’Etat, les 12 et 13
avril 2002, alors que des centaines de milliers de personnes non armées
encerclaient les casernes putschistes pour réclamer le retour d’Hugo
Chavez emprisonné, Globovision n’a diffusé aucune image de ces
protestations, elle expliquait que le calme était revenu dans le pays et
que Hugo Chavez avait donné sa démission et était en route vers Cuba.
Au cours des dernières heures du putsch, cette chaîne se contentait de
diffuser des dessins animés et des émissions de variété [5]. Globovision
s’est donc fait complice des putschistes à plusieurs moments clé ce qui
a amené les associations de parents des victimes et les survivants
blessés à exiger une condamnation de la chaîne. Ce à quoi le
gouvernement chaviste s’est jusqu’ici refusé afin d’éviter que la
campagne internationale menée contre lui ne monte subitement de
plusieurs crans. Plusieurs associations de défense des droits humains
sont d’ailleurs mécontentes de cette attitude passive de la part des
autorités vénézuéliennes.
Plus récemment, Globovisión a manifesté sa sympathie pour les auteurs
du coup d’Etat du 28 juin 2009 au Honduras. Les animateurs de plusieurs
émissions de Globovision n’ont rien fait d’autre que de soutenir le
coup d’Etat au Honduras depuis le début, accusant à leur tour le
gouvernement Chavez d’ingérence pour avoir condamné le coup. A titre
d’exemple, Guillermo Zuloaga, président de Globovision a affirmé le 17
juillet dernier que “le gouvernement de Micheletti est conforme à la
Constitution, et nous voudrions, nous serions ravis qu’ici au Venezuela,
la Constitution soit respectée de la même manière qu’elle l’est au
Honduras”, marquant ainsi clairement son soutien au gouvernement
putschiste.
Globovision n’a jamais fait l’objet d’une interdiction d’émettre.
Quel est le grand média européen ou nord-américain qui mentionne ce fait
? Quel grand média européen ou nord-américain informe le public sur le
fait que l’écrasante majorité des médias vénézuéliens sont contrôlés par
le secteur privé ? Qu’ils représentent plus de 90% de l’audimat au
niveau télévisuel. Qu’ils attaquent avec une violence extrême le
gouvernement présenté comme une dictature et que certains d’entre eux
bien qu’ayant participé activement au coup d’Etat contre un président
constitutionnel, continuent à émettre librement depuis sept ans. Peut-on
imaginer que le général de Gaulle n’aurait pas pris des mesures
répressives à l’égard d’un journal, d’une radio ou d’une télévision qui
aurait soutenu activement le coup de l’OAS au moment de la guerre
d’Algérie ? Ne trouverait-on pas normal que le gouvernement espagnol
prenne des mesures contre les médias qui auraient soutenu activement en
temps réel le colonel Tejero lorsque, à la tête d’un groupe de
militaires putschistes, il a menacé d’une arme les députés présents aux
Cortes [6] ? Si Manuel Zelaya était restitué dans son mandat de
président constitutionnel, lui et son gouvernement ne seraient-ils pas
en droit de demander des comptes et de prendre des mesures contre les
propriétaires des médias honduriens qui ont résolument appuyé les
putschistes en déformant systématiquement la réalité et en ne couvrant
pas les multiples violations des droits humains commises par les
militaires ?

* * *
4)
Les dépenses d’armement. A lire la presse européenne ou d’Amérique du
Nord, on a nettement l’impression que le Venezuela est en train de faire
d’importantes dépenses d’armement (notamment auprès de la Russie,) ce
qui constitue une menace pour la paix dans la région. Or si l’on en
croit la CIA [7], la situation est toute différente, le budget militaire
vénézuélien est le 6e de la région par ordre d’importance, il vient
après ceux du Brésil, de l’Argentine, du Chili (beaucoup moins peuplé
que le Venezuela et considéré comme un modèle), de la Colombie et du
Mexique. En termes relatifs, ramené au produit intérieur brut de chaque
pays, le budget militaire vénézuélien vient au 9e rang de l’Amérique
latine ! A-t-on pu lire cette information dans la grande presse ?
Par contre, on aura pu lire en août 2009 que la Suède demandait des
comptes au Venezuela parce que le gouvernement colombien avait une fois
de plus dénoncé son voisin comme fournisseur d’armes à la guérilla des
FARC. La Suède avait en effet déclaré à la Colombie que des missiles
SAAB retrouvés dans un camp des FARC avaient été fournis au Venezuela.
Qui a pu lire la réponse détaillée donnée par Hugo Chavez ? Les missiles
en question avaient été volés dans un port vénézuélien en 1995, quatre
ans avant que Chavez n’accède à la présidence de la République…

* * *
Conclusion :
Il faut prendre conscience de l’asymétrie avec laquelle les grands
médias traitent des événements et garder dès lors un esprit hautement
critique. Le discrédit porté contre Hugo Chavez, Rafael Correa et Evo
Morales est tel qu’il prépare l’opinion publique internationale à la
passivité au cas où une nouvelle tentative de coup d’Etat aurait lieu ou
à l’approbation de mesures agressives prises par un gouvernement comme
celui des Etats-Unis. Parmi les accusations insidieuses dénuées de
fondement, on peut lire dans la presse espagnole (dont El Pais) que la
campagne électorale de Rafael Correa a été financée par les FARC. On
peut lire également que les autorités vénézuéliennes ne combattent pas
le narcotrafic. Dans le cas du président hondurien Manuel Zelaya, le
discrédit porté sur lui, vise à empêcher une mobilisation de l’opinion
internationale en faveur de sa restitution à la tête de l’Etat.
Eric Toussaint, CADTM
Source : http://www.gauche-anticapitaliste.ch/?p=1677

_________________
Ancien chien de berger, viré parce qu'il avait appris aux moutons à se rebeller
Revenir en haut Aller en bas
Voir le profil de l'utilisateur http://www.e-monsite.com/forget
Yann Durst
Râleur
Râleur


Nombre de messages : 183
Age : 39
Date d'inscription : 25/01/2009

MessageSujet: Re: Venezuela, Honduras, Pérou, Equateur : « petits » oublis et « grands » mensonges   Ven 29 Juil - 11:59

Salut CG
Tres interressant cet article;iL EST VRAI QUE POUR LES MEDIAS BOURGEOIS IL PLUS FACILE DE DESIGNER LES PRESIDENTS DE GAUCHE D AMERIQUE DU SUD COMME DES DICTATEURS.
Je suis pas toujours d'accord avec Chavez dans ses soutiens a des vrai dictateurs car pour lui si t anti imperialiste t un mec bien (lui aussi a une vison binaire du monde pour le coup) mais j'accepte pas qu'on dise n'importe quoi !
Revenir en haut Aller en bas
Voir le profil de l'utilisateur http://legri.e-monsite.com/accueil.html
Chien Guevara
Admin


Nombre de messages : 9406
Date d'inscription : 10/06/2007

MessageSujet: Re: Venezuela, Honduras, Pérou, Equateur : « petits » oublis et « grands » mensonges   Jeu 4 Aoû - 1:53

A lire sur le sujet, l'excellent livre d'Eva Gollinger :


_________________
Ancien chien de berger, viré parce qu'il avait appris aux moutons à se rebeller
Revenir en haut Aller en bas
Voir le profil de l'utilisateur http://www.e-monsite.com/forget
Contenu sponsorisé




MessageSujet: Re: Venezuela, Honduras, Pérou, Equateur : « petits » oublis et « grands » mensonges   Aujourd'hui à 15:28

Revenir en haut Aller en bas
 
Venezuela, Honduras, Pérou, Equateur : « petits » oublis et « grands » mensonges
Voir le sujet précédent Voir le sujet suivant Revenir en haut 
Page 1 sur 1
 Sujets similaires
-
» Réutilisation de petits pots vides
» petits pots, purees, fruits et legumes
» Ateliers d'anglais pour les petits - à Morestel
» diversification : ma pédiatre me conseille les petits pots !
» Petits pots avec petits morceaux

Permission de ce forum:Vous ne pouvez pas répondre aux sujets dans ce forum
Discussions dans la niche :: Aboiements :: Vos coups de gueule-
Sauter vers: