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 Nuage de cendres : Entretien avec le philosophe Paul Virilio

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pierrot
Révolutionnaire
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Nombre de messages : 2886
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Date d'inscription : 30/11/2008

MessageSujet: Nuage de cendres : Entretien avec le philosophe Paul Virilio   Lun 19 Avr - 16:32


Je ne suis pas philosophe , mais cet article sort des reportages " fumeux "

dont on entoure l'éruption en Islande et ses conséquences aériennes...
Je trouve...


humanite.fr
19 avril 2010


Entretien avec le philosophe Paul Virilio

« Nous assistons à un accident systémique ou plutôt
un accident de l’écosystème de la mondialisation
»
Pour le philosophe, les conséquences de l’éruption volcanique en Islande
révèlent les limites de notre modèle de développement basé sur l’instantanéité.


Que vous inspire le nuage de cendres qui paralyse l’Europe depuis
plusieurs jours ?

PAUL VIRILIO. Nous ne pouvons pas traiter cet événement en
lui-même. Le XXIe siècle, lui-même, est éruptif. « Nous sommes entrés dans
l’âge des conséquences », disait Winston Churchill. Que ce soit le
tsunami, l’irruption en Islande, le krach financier ou les attentats, nous
assistons à un accident systémique ou plutôt un accident de l’écosystème de la
mondialisation. Ce qui est important, c’est le caractère sériel pour ne pas
dire cyclique des catastrophes naturelles, industrielles, informationnelles.


Ces catastrophes seraient une remise en cause de notre modèle de
développement…

PAUL VIRILIO. Tout à fait. Nous habitons le désastre de la
globalisation. Tant économique qu’écologique. Aujourd’hui, les deux sont fondés
l’un dans l’autre. L’empreinte écologique n’est pas simplement un phénomène de
pollution des substances mais aussi une pollution des distances, c’est-àdire
l’instantanéité dont nous sommes les contemporains. La Terre est non seulement
trop petite pour le progrès et le profit instantanés, mais l’est peut-être
aussi, et cela est redoutable, pour la démocratie, la paix et la paix de
l’esprit. Nous sommes sans arrêt bousculés, choqués par cette synchronisation
des émotions qui remplace la standardisation des opinions. C’est ce que j’ai
appelé le communisme des affects. Après la communauté d’intérêt des classes
sociales, du communisme, nous sommes entrés dans une communauté d’émotion et
cela est tout à fait redoutable.


Nos sociétés peuvent-elles faire face à ce type d’événement aussi
imprévisible soit-il ?

PAUL VIRILIO. Évidemment. D’abord en prenant en compte la
question de l’accélération, non seulement de la production mais aussi de
l’histoire. Nous sommes dans une accélération du réel. L’immédiateté,
l’ubiquité sont des phénomènes qui ne sont pas gérables plus longtemps. Les
sociétés anciennes vivaient de l’accumulation de la matière, du foncier, de la
quantité, c’était la géopolitique, la géostratégie, c’étaient les sociétés
territorialisées. Désormais, avec le cybermonde, nous vivons dans l’ère du
flux. Les flux dominent désormais les stocks. Ce qui a d’ailleurs fait sauter
récemment la Bourse. Nous passons de la géopolitique, c’est-à-dire pour faire
simple la Terre, à la dynamique des fluides qui l’emporte sur la mécanique des
sols.


Ce nuage ne réintroduit-il pas un rapport un peu oublié entre la
nature et l’homme, celui de l’homme devant nécessairement dominer son
environnement ?

PAUL VIRILIO. Tout à fait, Lénine affirmait d’ailleurs que la
Terre, la nature, n’est pas un temple mais un chantier. Il se trouve que nous
avons foutu en l’air le chantier, que les dégâts du progrès sont très
importants. Je ne sais pas s’il s’agit d’un temple mais le chantier est dans un
sale état.


Pensez-vous qu’aujourd’hui les politiques en tiennent compte ?
PAUL VIRILIO. Absolument pas. Or, il y a urgence d’une
université du désastre, c’est-àdire d’une science qui s’interrogerait sur les
désastres dus au progrès fondée par une attitude profondément rationnelle.
Prenons comme image le crash test. Là où on fabrique des voitures, on fabrique
également des accidents pour éviter les dégâts. Il serait temps que la science
et la philosophie s’entendent au lieu de s’exclure, non pas pour régresser aux
chèvres et à la voiture à cheval, mais pour aller plus loin et de l’avant.



ENTRETIEN RÉALISÉ PAR LIONEL DECOTTIGNIES
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Chien Guevara
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Date d'inscription : 10/06/2007

MessageSujet: Re: Nuage de cendres : Entretien avec le philosophe Paul Virilio   Sam 24 Avr - 1:08

J'aime beaucoup cet avis philosophiquo-économiquo-social.

_________________
Ancien chien de berger, viré parce qu'il avait appris aux moutons à se rebeller
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Voir le profil de l'utilisateur http://www.e-monsite.com/forget
 
Nuage de cendres : Entretien avec le philosophe Paul Virilio
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