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 Pourquoi les Danois sont plus heureux que les autres

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Chien Guevara
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Nombre de messages : 9406
Date d'inscription : 10/06/2007

MessageSujet: Pourquoi les Danois sont plus heureux que les autres   Ven 26 Mar - 0:06

Pourquoi les Danois sont plus heureux que les autres



Les études sont unanimes : le Danemark nage dans le bonheur
comme aucun autre pays. Mais la population est-elle vraiment si
heureuse ? Rencontre avec les habitants d'un pays bien sous tous les
rapports. Ou presque.
Le soleil est flemmard en hiver à Copenhague. Il se lève tard et se
couche vers 15 h déjà. Comme s'il ne voulait pas s'attarder au-dessus
de la capitale danoise planquée un jour sur deux sous une épaisse
couche de nuages.
Aujourd'hui, il pleut pour changer. Un temps déprimant qui semble
déteindre sur les passants. Visage fermé, silencieux, ils arpentent les
rues proprettes et calmes. Il ne faut pas se fier aux apparences : les
Danois sont le peuple le plus heureux au monde.
C'est en tout cas le résultat d'études menées par les Universités de
Leicester et de Rotterdam. Alors, quelle est la recette du bonheur au
Danemark, ce territoire grand comme la Suisse, aussi plat qu'un
pandekager au saumon, sans cocotiers, ni plages de sable fin ?

« On se sent protégé »

« C'est difficile à dire. Mais on n'est pas à plaindre en tout
cas. » La question semble embarrasser Klaus. Pourtant ce vendeur de
fleurs sur la place Christianshavns doit avoir une certaine idée du
bonheur - le « lykkelig » en danois -, lui qui en distribue à sa
manière.
« On se sent protégé par l'Etat ici et on a la chance d'avoir la
liberté de faire ce que l'on veut », confie-t-il. C'est pourtant pareil
en Suède ou en Espagne, non ? « Mais ce n'est pas le même pays »,
réplique-t-il.
Il est vrai que le concept d'Etat providence prend tout son sens au
Danemark. Le gouvernement est aux petits soins avec ses 5,4 millions
habitants. Financé par les impôts, le système de santé (traitements,
examens…) est gratuit pour tous. Les dépenses en faveur du bien-être
des jeunes et des aînés sont parmi les plus élevées au monde.
« Les parents reçoivent 1000 DK [196 francs suisses, soit 137 euros
ndlr] par mois pour chaque enfant jusqu'à l'âge de 18 ans », ajoute le
fleuriste, père de famille. « En plus, il y a bien assez de crèches
pour les garder. » La mère a droit à un an de congé-maternité et le
père à plusieurs semaines.

Au pays du Lego on fait plus de bébés

Qui s'étonnera dès lors qu'au pays du Lego, le taux de fécondité
soit parmi les plus élevés d'Europe (1,74 enfant par femme en 2009) ?
En matière d'éducation, les pouvoirs publics sont également
généreux. « Les études sont presque entièrement financées par l'Etat »,
rappellent Emma et Camille, deux étudiantes âgées d'une vingtaine
d'années qui entendent bientôt quitter le cocon familial.
Les Danois ne marinent pas longtemps chez leurs parents. Ils partent
à 20 ans en moyenne, contre 23 en France. Les « Tanguy », c'est mal vu.
Et contrairement à d'autres pays, les jeunes ne vivent pas dans
l'urgence de trouver leur voie professionnelle. Ils peuvent multiplier
les expériences et se tromper de voie sans être sanctionnés.
« C'est l'avantage de la flexisécurité », s'exclame Stig. A 32 ans,
cet ouvrier sur machines a déjà « testé » trois métiers. La
flexisécurité ? Un modèle social original qui ménage entreprises et
employés. Les sociétés peuvent se séparer facilement des salariés.
Ceux-ci tombent alors dans un filet de sécurité, en retrouvant un
emploi rapidement. Entre-deux, ils peuvent toucher 90% de leur salaire
pendant quatre ans…
« Les chômeurs font tout pour retrouver du boulot et l'Etat les
incite », assure l'ouvrier. « Vous savez, l'emploi est important pour
avoir un statut social. » Les 4,2% de chômeurs de janvier ne le
contrediront pas. Ici, on travaille 37 heures par semaine. « Les heures
supplémentaires, c'est mal vu. Les gens évitent d'en faire trop »,
glisse Stig.

On respecte le feu rouge la nuit

Les Danois cultivent la discrétion. C'est d'ailleurs un enfant du
pays, Aksel Sandemose, qui a formulé la loi de Jante, en 1933. Une loi
tacite contenant dix principes que l'on résumera ainsi : « Tu n'es pas
meilleur que les autres. » Comme si l'individualisme nuisait au
bonheur. Ici, on pense d'abord à la collectivité. La solidarité
citoyenne, un héritage viking sans doute. « Ce qui me rend heureuse,
c'est que je sais que chacun se soucie de l'autre. Et l'on ne vous juge
pas », apprécie l'étudiante Emma.
Une société égalitaire et ouverte. Disciplinée aussi. Il n'y a qu'à
observer ces passants s'arrêter au feu rouge au milieu de la nuit,
quand les routes sont désertes. Il faut voir tous ces cyclistes pédaler
en file, même en hiver. Le vélo fait partie des meubles. C'est
l'expression de la fibre écologique danoise.
Carolina a choisi le vélo-poussette pour balader son fils. Allemande
installée à Copenhague, elle mesure la différence entre les deux pays :

<blockquote>« Les Danois ne montrent pas trop leur richesse. Ils
sont très positifs, confiants en eux et ont moins d'attente, donc ils
sont moins déçus. »
</blockquote>
Mais n'y a-t-il pas de défaut dans ce système ? La réponse fuse : « On paie trop d'impôts, jusqu'à 75% du revenu. »
Ces contributions sont les plus lourdes d'Europe. Mais la majorité
des Danois estime normal de passer ainsi à la caisse. Viboke,
boulangère, la soixantaine énergique :
<blockquote>« Je paie ces impôts de bon cœur, même s'ils sont élevés. Parce qu'on en profite d'une manière ou d'une autre. »
</blockquote>
Elle compte d'ailleurs sur sa pension étatique à 67 ans. Seul hic,
la retraite est tardive et courte. L'espérance de vie des Danois est
l'une des plus basses des pays industrialisés : 80,5 ans pour les
femmes et 76 ans pour les hommes (2008).
La pilule de la joie


Cette société bien sous tous les rapports a d'autres faiblesses : le
mal-être, la dépression… Pas étonnant que la pilule de la joie,
l'antidépresseur « lykkepiller », ait du succès. « On a aussi nos
problèmes comme l'abus d'alcool, surtout chez les jeunes, et la
xénophobie », reconnaît Camille. « Alors pourquoi serions-nous les plus
heureux ? »
S'il tient du devoir patriotique, ce sentiment semble abstrait pour
beaucoup d'étrangers. Au Danemark, tout le monde n'est pas égal devant
le bonheur. Quand on lui demande s'il est heureux, Jagga répond :
« Cela dépend des jours et des circonstances. Ici, vous devez créer
vous-même votre propre bonheur. Mais on ne vous facilite pas la tâche.
On est jugé sur la couleur de peau. »
Cet Ethiopien a beau vivre depuis 25 ans à Copenhague, parler le danois, il ne se sent pas accepté.
<blockquote>« Il est difficile d'avoir des amis danois. Ils ne sont pas ouverts. Et avec mon nom, je ne trouve pas de travail. »
</blockquote>
Alors Jagga vend des babioles à Christiania


L'intégration des étrangers est une épine dans le pied du
gouvernement. L'épisode des caricatures de Mahomet l'a rappelé. Le
Danemark a les lois migratoires les plus strictes d'Europe. Cela n'a
pas empêché Jessie, étudiante chinoise en économie, de s'installer à
Copenhague il y a cinq ans. Mais elle peine à s'intégrer :
<blockquote>« Les gens sont difficiles d'accès. Ils sont polis. Je ne dis pas sympas, mais polis. »
</blockquote>
Après l'université, elle compte trouver son bonheur en Chine.
<blockquote>« Dans dix ans, mon pays sera meilleur à vivre que le Danemark. »
</blockquote>
Le bonheur n'a pas de nationalité. Britta, 63 ans, a pu se faire une
petite idée sur la question dans la soixantaine de pays qu'elle a
visités.
<blockquote>« Je ne pense pas qu'on soit les plus heureux, mais les
plus chanceux. Le bonheur est dans les yeux des gens. Je l'ai vu dans
ceux des Indiens. Eux n'ont rien. »
</blockquote>
Cette vendeuse d'artisanat vit depuis 36 ans dans le quartier de
Christiania, repaire de junkies, hippies et autres allergiques à la
tutelle de l'Etat. Mais elle y a fait son temps. Britta a décidé de
quitter définitivement le pays. « A mon âge, j'ai envie de vivre dans
un endroit plus chaud et ensoleillé. » Autrement dit, vivre un bonheur
sans nuage ?
« Les gens heureux sont plus productifs »


Emilia Van Hauen est sociologue et auteure de plusieurs
best-sellers sur la société danoise. Elle s'est penchée sur la question
du bonheur dans son pays et estime que le bonheur individuel des Danois
a des conséquences sur la santé globale du pays : « les gens heureux
sont plus productifs, innovants et tolérants. »
Pour elle le bonheur danois s'explique ainsi :
<blockquote>« Il y a trois choses dans la vie qui sont importantes
pour être heureux. D'abord penser positivement, être optimiste, avoir
de l'espoir. Il faut aussi être satisfait en amour. Les gens mariés
sont plus heureux que n'importe qui d'autre. Enfin, il faut être
content de sa vie ou du but de sa vie.
</blockquote>
<blockquote>Les Danois appliquent ces trois aspects à un haut degré.
Certains pensent que le bonheur est la chose la plus orgasmique qui
soit, mais être heureux peut aussi signifier l'état le plus
satisfaisant qui soit. C'est cela le bonheur des Danois. »
</blockquote>
Photo : Des supportrices danoises chantent avant un match de handball, Croatie, janvier 2009 (Damir Sagolj/Reuters)
Par Thierry Jacolet | La Liberté | 23/03/2010

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