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 Smoke on the water : l'histoire .

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Chien Guevara
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Nombre de messages : 9406
Date d'inscription : 10/06/2007

MessageSujet: Smoke on the water : l'histoire .   Mer 10 Mar - 1:40

Deep Purple: Smoke On The Water

Et si on revenait à du classique granitique, celui qui, régulièrement
ébréché, reste, euh, de marbre et scintille comme au premier jour ?
Deep Purple cuvée 1971, un titre écrasant, ce fameux « Smoke On The Water », on risque pas trop de se fourvoyer sur ce coup-là, on avoue...
L'histoire du titre est rarement inconnue mais a-t-on vraiment tout dit
? C'est parti, it was thirty-eight years ago today or so...

Le contexte, vous le connaissez grosso modo mais on vous la refait en mode détaillé... Quatre décembre 1971, Deep Purple est à Montreux pour enregistrer ce qui va être son splendide Machine Head... Un exil forcé, comme celui des Stones ou, plus tard, Led Zep, courtesy of les
taxes anglaises qui font fuir les grands noms du rock et, dommage pour
les caisses de la Reine, leurs capitaux non négligeables... A son
arrivée, la bande à Blackmore est chaleureusement accueillie et reçoit,
entre autres cadeaux de courtoisie, des invitations pour le concert de
Frank Zappa et de ses Mothers Of Invention, au Casino de Montreux...
C'est d'ailleurs le dernier concert prévu dans cet imposant lieu
puisqu'à la suite du Maître, c'est justement Deep Purple qui doit investir la place et la transformer en studio perso pour l'enregistrement de leur album...

Le concert, curieusement, débute à 15h, et bascule dans le fait divers
quand un gars du public lance une fusée éclairante dans le plafond....
Zappa lâche une blague « Arthur Brown in person !" qui fait croire, un
temps, à un sketch... Un peu de fumée, quelques flammes et on décide d'arrêter le concert en plein milieu d'un solo de synthétiseur de Don Preston car l'ensemble commence à ressembler furieusement à un
incendie... Le bâtiment, d'une dizaine d'étages en gros avec pistes de
danses, bars, restaurants et salles de séminaire, s'embrase
progressivement, laissant le temps au public, un brin affolé quand
même, de sortir à pas précipités... Bilan : aucun mort sur les 2000
spectateurs (le Casino, en passant, était situé à côté d'une
station-service) mais tout le matos de Zappa disparu en fumée, si l'on
peut dire, y compris ses deux coûteux synthétiseurs dernière
génération... La semaine fut d'ailleurs particulièrement dure pour
Franky puisque, on l'a vu en ces colonnes il y a quelques années maintenant, il fut projeté dans la fosse par un fan jaloux, quelques jours plus tard, sur la scène du Rainbow de Finsbury Park, à Londres et s'en tirera avec une jambe dans le plâtre...

Et Deep Purple
? Dans le public, ils assistèrent avec effarement au drame, on
l'imagine bien, mais sans comprendre trop ce qui ce se passait non
plus... Gillan est revenu longuement sur l'expérience, non sans
l'enjoliver et l'enrichir d'ailleurs, comme le fit savoir un Roger
Glover plus rigoureux... En tout cas, Gillan raconte avoir vu un gars
descendre d'une grosse bagnole, avoir cru qu'il faisait partie d'un
sketch des Inventions quand il avait tiré en l'air et comprit un peu
tard que l'affaire était sérieuse... Blackmore, lui, s'ennuyait ferme
des pitreries scato-dodécaphoniques de Zappa et était donc sorti
brancher une nana rencontrée dans le public... Quand il a vu tout le
monde sortir de la salle en courant, il a cru, dit-il, que c'était
l'heure de l'entracte et que les gars se précipitaient pour avoir des
glaces... Quand, enfin, il fut clair qu'un incendie s'était déclaré,
les roadies du Purple évacuèrent le matos du groupe, parqué devant le
casino en prévision du début des enregistrements le jour suivant - le
fameux Rolling Stones Mobile Studio, amené en personne par un Ian
Stewart pas peu fier de son fabuleux joujou ! - et le groupe rentra à
l'hôtel pour regarder de la rive opposée du lac Léman le Casino partir
en fumée...

La tragédie évitée, les ennuis logistiques commençaient pour le groupe qui se retrouvait littéralement à la rue... Une solution de rechange fut vite trouvée par le fameux Claude Nobs, grand maître des lieux et
organisateur du festival de jazz local à la réputation mondiale, avec
un petit théâtre, The Pavilion, dont Glover nous dit qu'il était
surtout adapté à des « summer family concerts »... C'est là qu'ils
enregistrèrent en trois prises seulement un titre (« Title #1 ») qui,
vous l'avez deviné, était rien moins que la version définitive, paroles
en moins, de « Smoke On The Water », avec ce cultissime riff
beethovenien de Blackmore à la Gibson ES-335, unique infidélité du
gratteux à sa Stratocaster pendant ces mythiques sessions... La
session, justement, tourna court quand les musiciens s'aperçurent que
les roadies avaient bloqué les portes pour empêcher la police
d'entrer... Les répétitions du groupe avaient été si assourdissantes
que toute la ville s'était plainte de ce tapage nocturne rock...
Evacués gentiment mais fermement, le groupe se retrouva à nouveau sans studio... Et devinez qui vient une nouvelle fois à la rescousse ?
Claude Nobs, of course... Nobs qui, en passant, avait sauvé un groupe
de jeunes de l'incendie (ils étaient partis se réfugier dans les
caves), qui avait tout perdu dans l'affaire et se démenait pour Deep
Purple comme si de rien n'était... Pas étonnant que Led Zep lui ai
rendu hommage en se produisant un soir sous le nom de The Nobs, non ?

Bref, Claude le magnifique dégota un nouveau studio où le groupe put enfin trouver définitivement refuge : le Grand Hotel de Montreux, en pleine fermeture annuelle, sans chauffage, et avec un écho terrible... On fit venir un charpentier pour reconfigurer un peu mieux l'endroit, on
matelassa le tout et on mit quelques lumières rouges pour l'ambiance...
C'est là, dans une pièce en forme de « T » d'ailleurs - sympa pour se
voir jouer ! - que fut enregistré le chef-d'oeuvre Machine Head et, incidemment, les paroles de « Smoke On The Water »...

Ces
paroles, on les doit à Gillan mais c'est Glover qui eut la révélation
du sujet et de son titre poétique... Pas encore bien réveillé, il se
surprit à marmonner l'expression au sortir d'une vision plus ou moins
rêvée de la fumée de l'incendie du Casino sur le lac Léman... Il
précise d'ailleurs que le groupe (et les diverses femmes et petites
amies) étaient logées non au pittoresque hôtel Eden Au Lac, comme le
pipota Gillan, mais dans un « Europe Hotel » moins glamour et que les
paroles ne furent pas écrités sur le coin d'une nappe en regardant le
Casino s'écrouler... Le sujet de leur premier titre était tout trouvé
même si Gillan écarta tout d'abord le titre qui, selon lui, évoquait
fortement la fumette hippie...

Bon, là, vous avez tous les
éléments pour lire d'un oeil averti les lyrics et décoder les
références, non ? Et si, dans certain concert de mars 1972 enregistré
pour la BBC, vous entendez Gillan s'exclamer « Break a leg, Frank! »,
on gage qu'avec un bon dico, le jeu de mots sera compris...

We all came out to Montreux
On the Lake Geneva shoreline
To make records with a mobile
We didn't have much time
Frank Zappa and the Mothers
Were at the best place around
But some stupid with a flare gun
Burned the place to the ground
Smoke on the water, fire in the sky

They burned down the gambling house
It died with an awful sound
Funky & Claude was running in and out
Pulling kids out the ground
When it all was over
We had to find another place
But Swiss time was running out
It seemed that we would lose the race
Smoke on the water, fire in the sky

We ended up at the Grand Hotel
It was empty cold and bare
But with the Rolling truck Stones thing just outside
Making our music there
With a few red lights and a few old beds
We make a place to sweat
No matter what we get out of this
I know we'll never forget
Smoke on the water, fire in the sky

Pour finir, les ironies concernant ce titre furent nombreuses ; d'une part, Deep Purple, comme souvent dans ces cas-là, ne décela que tardivement le potentiel de son titre qui ne fut joué en live que bien après la sortie de l'album et qui n'eut le droit à un single (une face studio, l'autre tirée de Made In Japan)
qu'une fois bien identifiée sa portée... (Repris mille fois depuis, y
compris, par des milliers de guitaristes en même temps pour le Guiness,
le titre est aussi à redécouvrir avec son solo alternatif, de l'époque,
glissé par Glover dans son remix CD...) D'autre part, on a, sauf
erreur, jamais pu identifier ce mystérieux pyromane à l'origine d'un
des trois ou quatre morceaux les plus connus du rock, ce qui est quand même balot en ces années warholiennes...

Merci à l'ami PC qui m'a filé l'info

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