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 EDF Veolia: pourquoi Sarkozy a lâché

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MessageSujet: EDF Veolia: pourquoi Sarkozy a lâché   Jeu 1 Oct - 13:43

http://www.slate.fr/story/11015/edf-veolia-pourquoi-sarkozy-lache

EDF Veolia: pourquoi Sarkozy a lâché

Après avoir contraint Gaz de France-Suez a se séparer de ses activités dans l'eau et l'environnement, l'Elysée change soudain de stratégie industrielle et donne maintenant son aval implicite à un rapprochement EDF Veolia.

C'était l'une des conditions posées par Henri Proglio pour prendre la présidence d'EDF. Et c'était l'une des conditions dont apparemment, à l'Elysée, Nicolas Sarkozy ne voulait pas entendre parler. Finalement, moyennant un faux suspense orchestré par la présidence de la République pour montrer qui dirige la danse, le chef de l'Etat a décidé de remplacer l'actuel président d'EDF, Pierre Gadonneix, par son homologue de Veolia Environnement. Mais, qui plus est, Nicolas Sarkozy a donné son blanc seing à Henri Proglio pour présider EDF tout en conservant une fonction de dirigeant non exécutif de Veolia, laissant présager un subtil rapprochement stratégique entre le numéro un français de l'énergie et le spécialiste des services à l'environnement.

Pourquoi l'Elysée a-t-il lâché là où, il y a quelques mois à peine, il avait obligé le président de Suez à abandonner le contrôle majoritaire de ses activités dans l'eau et l'environnementl pour fusionner avec Gaz de France? Deux poids, deux mesures?

Des arguments politico-financiers ont joué à l'époque pour procéder au découpage de Suez: l'Etat ne pouvant pas laisser se réaliser une fusion avec Gaz de France trop favorable aux actionnaires du groupe privé. Il aura fallu l'opiniâtreté du président de Suez Gérard Mestrallet pour conserver un tiers du capital et la gestion opérationnelle de sa filiale.

Pour autant, l'Elysée avait recouru à d'autres arguments pour obliger le président de Suez, à céder la majorité de Suez Environnement.

Un argument industriel: il n'y a aucune logique à créer un ensemble Suez-Gaz de France, allant du nucléaire au recyclage des déchets, en passant par l'eau et les services à l'énergie. Et il y a un risque à voir le futur groupe GDF-Suez, au lieu d'investir massivement dans l'énergie pour se mettre à niveau, éparpiller ses moyens dans l'eau et l'assainissement. Un argument commercial: un client achetant des services dans le secteur de l'énergie n'est pas forcément enclin à acheter auprès du même fournisseur ses services dans le ramassage des ordures ou la gestion de l'eau. C'est plutôt l'inverse qui a lieu. La plupart des Etats et des municipalités font tout pour ne pas se retrouver dans les mains d'un seul fournisseur.

Aujourd'hui, l'Elysée tire donc un trait sur ces arguments pour laisser s'installer implictement l'idée qu'un rapprochement entre EDF et Veolia a du sens. Là encore, il ne faut pas négliger les raisons qui expliqueraient ce revirement. EDF est aujourd'hui dans une situation atypique par rapport à ses principaux concurrents dans le monde. L'électricien tricolore reste très -trop- ancré dans une mono-culture -l'énergie- alors que le sens de l'histoire et les attentes «sociétales"»militent pour un rapprochement de l'énergie et de l'environnement. C'est sur ce modèle là que tous les autres groupes du secteur sont bâtis, qu'il s'agisse de Eon en Allemagne ou d' Iberdrola en Espagne.

Qui plus est, en quelques mois, du Grenelle de l'Environnement à la Conférence de Copenhague, le rythme de cette histoire s'est très sensiblement accéléré. L'association de l'énergie et de la croissance durable, respectueuse du climat et de l'environnement, impose de constituer des groupes capables d'offrir une gamme complète de services et de produits. Ce qu'EDF avec Veolia serait à même de faire au même titre que GDF et Suez qui a conservé le contrôle partiel de Suez Environnement. Déjà internationalisé Veolia, qui réalise les trois quarts de son chiffre d'affaires hors de France, ne pourra que faire profiter à EDF de son expérience et de ses réseaux sur les marchés étrangers.

Enfin, ce serait en soi une erreur de vouloir comparer les modèles d'EDF Veolia et de GDF-Suez.

GDF Suez est avant tout un groupe gazier, qui gère sept centrales nucléaires en Belgique et qui continue de contrôler des activités dans l'eau et l'assainissement mises en bourse. EDF est avant tout un électricien, qui exploite un parc de 58 centrales nucléaires, dont la stratégie consiste à se développer dans le gaz, les énergies renouvelables et l'environnement, à qui Veolia peut apporter un précieux compléments avec ses propres métiers et sa clientèle.

Reste à se demander pourquoi, si EDF et Veolia étaient vraiment faits pour s'entendre, il se sont contentés depuis dix ans de leur partenariat dans Dalkia, spécialiste des services énergétiques, en marquant chacun la volonté de ne pas en lâcher trop à son partenaire.

Le projet EDF-Veolia ne manque donc pas de poser aujourd'hui plus de questions qu'il n'en résoud. Question de gouvernance déja. A double titre. Le premier concerne la manière dont la décision de laisser Henri Proglio cumuler les fonctions de direction chez EDF et Veolia a été prise. L'Etat est très majoritaire dans la capital d' EDF avec 85% du capital. On peut donc concevoir qu'il impose ses vues chez EDF quitte à consulter a posteriori les actionnaires minoritaires. En revanche, les intérêts privés sont très majoritaires dans le capital de Veolia. Et force est de constater que les administrateurs du groupe de services à l'environnement, mis devant le fait accompli, n'ont pas eu d'autres choix que d'entériner les changements de management. Curieuses pratiques.

Le deuxième problème concerne la gouvernance au quotidien: mettre le même homme à la tête d'EDF tout en conservant la haute main sur la stratégie de Veolia pose de facto des questions de capacité et de conflit d'intérêts. Non pas tant au regard de la taille du nouvel ensemble, même si EDF et Veolia cumulés représentent un chiffre d'affaires de 100 milliards d'euros et emploient un demi million de salariés. Mais surtout au regard de la diversité des métiers et des défis que chaque groupe doit relever. Si dans le même métier de la construction automobile, la capacité de Carlos Ghosn de diriger à la fois Renault et Nissan a trouvé ses limites, que dire lorsqu'il s'agit de métiers aussi différents que le nucléaire, l'eau ou le transport? D'autant que le futur président d'EDF hérite de gros chantiers à la tête de l'électricien, qu'il s'agisse de remettre à niveau l'outil nucléaire, de mener à bien les chantiers des EPR, de négocier avec Bruxelles la libéralisation des tarifs ou encore de contrôler l'endettement.

Le fait qu'Henri Proglio connaît bien EDF pour avoir siégé à son conseil depuis plusieurs années et pour avoir présidé son comité stratégique ne suffit pas. Pas plus que la réputation du président de Veolia d'être un industriel chevronné qui sait plutôt habilement gérer les relations avec les syndicats.

D'autres raisons, sans doute plus profondes, pourraient donc expliquer ce choix. La puissance des réseaux à l'oeuvre pour faire passer la solution Proglio toutes options comprises n'est sans doute pas à négliger. De même, le gouvernement peut trouver dans Henri Proglio le profil le plus adapté pour mettre en ordre de bataille la filière nucléaire française à l'heure du renouveau mondial de cette forme d'énergie. Reste, là encore, à se demander si rapprocher EDF et Veolia ne revient pas plutôt à élargir encore un peu plus la collection de champions nationaux -EDF Veolia, GDF Suez, Total, Areva- jaloux de leur indépendance, présents dans les mêmes métiers et plus à même de se faire concurrence que de jouer la même partition sur les marchés à l'étranger.

Enfin, le signal adressé avec l'épisode EDF Veolia confirme encore un peu plus le grand retour de l'économie administrée. Adosser un groupe privé à une entreprise publique en faisant d'EDF, avec près de 15%, le premier actionnaire de Veolia, sachant que la Caisse des dépôts sera le deuxième actionnaire, passe de facto pour une certaine forme de nationalisation rampante. Fort de sa participation, l'Etat aura inévitablement son mot à dire pour toute décision stratégique, toute nomination et toute décision concernant l'évolution des prix et des tarifs, au même titre d'ailleurs qu'il dispose d'un pouvoir de blocage chez GDF-Suez.

Faut-il y avoir une réelle avancée à l'heure où le grand match de l'énergie va se jouer sur le terrain mondial, réclamant des acteurs libérés de toute contrainte politique et diplomatique. Et est-il sain, en France, pour ce même Etat, de continuer à être juge et partie en cumulant le rôle de régulateur et d'acteur.

La faute originelle, diront certains, aura été d'autoriser la fusion entre Gaz de France et Suez qui ne pouvait que provoquer un mouvement brownien dont un mariage entre EDF et Veolia ne serait encore qu'une étape. A quoi faut-il s'attendre maintenant que l'Elysée a lâché sur cette deuxième étape?

Henri Proglio, ces dernières années, avait échoué à vendre à ses actionnaires l'idée d'un rapprochement de son groupe avec le groupe de construction et de concessions Vinci. De même, il avait essuyé une violente fin de non recevoir lorsqu'il avait imaginé récupérer les activités de Suez à l'étranger. Il lui reste à démontrer que le rapprochement entre Veolia et EDF est enfin la bonne solution pour résoudre le problème de taille critique et d'endettement de Veolia tout en consolidant EDF.

Quant à Gérard Mestrallet, le président de GDF Suez, qui à l'époque de la fuson avait soupçonné Henri Proglio d'avoir suggéré à Nicolas Sarkozy d'imposer le découpage de son groupe, il dispose désormais d'un boulevard pour faire taire ceux qui veulent lui imposer de sortir définitivement de l'eau et de la propreté.

Philippe Reclus
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MessageSujet: Re: EDF Veolia: pourquoi Sarkozy a lâché   Jeu 1 Oct - 20:46

C'est bien compliqué tout ça ; en tous cas, ça ne sent rien de bon pour nous.
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MessageSujet: Re: EDF Veolia: pourquoi Sarkozy a lâché   Ven 2 Oct - 6:42

Ce n'est pas très simple, en effet.

Ce que j'y perçois, déjà, c'est un "coup de patte" politique adressé à Villepin; la fusion GDF-Suez s'est opérée en obligeant Mestrallet à se séparer de sa composante "environnement".Véolia est plutôt bien placé dans le genre!

Ce rapprochement milite pour un super-groupe distribuant bien au-delà de son "coeur de métier"; à moyenne échéance, la même entreprise distribuera ( et produira ) de l'électricité, tout en collectant, recyclant déchets,..Et devenant peut-être multi-services ( bancaire, asurances,..) comme certains groupes étrangers le font déjà.
L'avantage pour l'Etat, c'est de provoquer des "économies d'échelle" substantielles.

Là où le puzzle, d'un point de vue économique, ne tient pas à moyenne échéance; c'est que ce nouvel assemblage n'est pas multi-énergie: il n'a pas de "force de frappe" concernant le transport et la vente de gaz ( pas plus que le groupe Gaz de France-Suez, sauf que ce dernier possède le géant Electrabel ).
Actuellement, contrairement à tout ce qui se dit, il vaut mieux rester chez l'opérateur historique EDF ( concernant l'électricité) et GDF ( concernant le gaz); les prix de ces énergies restent administrées ( jusqu'en 2011 environ ); GDF peut vous proposer aujourd'hui de l'électricité; mais à un coût plus élevé que l'historique ( EDF ).
Mais lorsque ( sous l'impulsion de la Commission Européenne notamment), les prix administrés vont tomber,EDF-Véolia ne fera pas le poids, en fournisseur de gaz.

Des conséquences sociales graves sont à craindre pour les salariés, pour le service public,... et pour nous tous!
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Chien Guevara
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MessageSujet: Re: EDF Veolia: pourquoi Sarkozy a lâché   Ven 2 Oct - 19:59

Malgré les harcèlements téléphoniques, je n'ai pas bougé : EDF pour l'électricité et GDF pour le gaz

C'est sur qu'on ne peut qu'y perdre, et à très court terme , après 2011
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