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 L'insurrection silencieuse

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Militant
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Nombre de messages : 1510
Date d'inscription : 12/10/2008

MessageSujet: L'insurrection silencieuse   Lun 14 Sep - 19:36

http://teleobs.nouvelobs.com/tv_programs/2009/9/14/chaine/canal/20/45/l-insurrection-silencieuse
Canal+ : Lundi 14 septembre 20h45
L'insurrection silencieuse
Durée : 1 heure 30 minutes

Le sujet
En marge des organisations syndicales, sans mot d'ordre particulier, des Français choisissent de désobéir : enquête sur une nouvelle forme d'action directe.

Une nouvelle forme d'action directe est née, souvent en marge des organisations syndicales, comme un constat de leur incapacité à canaliser ou à exprimer ce mouvement. Ainsi, des fonctionnaires refusent la mutation du service public en entreprise privée. Des postiers ne veulent pas se transformer en vendeurs. Des agents EDF rétablissent le courant dans des foyers en difficulté. Des juges traînent des pieds pour éviter d'appliquer les peines planchers automatiques. Des agents du Pôle emploi refusent de vérifier les papiers des étrangers et de les dénoncer s'ils sont en situation irrégulière. Pendant ce temps, du côté des entreprises, des conseillers en communication sont embauchés pour contrer l'influence de ces nouveaux combattants.

La critique

C'est la fin des béni-oui-oui. Plus question d'opiner du chef sans moufter ou de dire amen aux pouvoirs : l'heure est à la désobéissance. Un front du refus sans porte-voix, brasero ni piquet de grève se forme; une opposition sans carte de militant monte des profondeurs du pays : des Français lambda résistent. Et la servitude volontaire, alors ? La Boétie, revient, ils sont devenus fous !

Pourquoi cette remise en cause de l'autorité ? En fermant les yeux sur des ordres iniques, certains se sont rendus complices de la déportation de nos ressortissants juifs. Les générations d'après-guerre ont intégré cette terrible leçon de l'histoire : obéir peut être coupable. La légitimité des actes est donc préférée à leur légalité. Quitte à ce que chacun se trace ses lignes jaunes personnelles. Tout révolté se pose quasiment en sentinelle de la démocratie. Faut-il s'en féliciter, s'en inquiéter ou s'en moquer ? Paul Moreira ne tranche pas dans ce documentaire alléchant mais finalement sans surprise qui enfile tous les témoignages comme autant de maillons d'une longue chaîne de solidarité et finit ainsi par les affadir - d'autant que les histoires sont souvent déjà connues. Un tel sujet aurait gagné à être problématisé, avec une mise en perspective historique expliquant ce qu'est la désobéissance civile, de l'Américain Henry David Thoreau, qui refusa de payer une taxe destinée à financer la guerre contre le Mexique («Résistance au gouvernement civil», 1849), à Martin Luther King, qui initia le boycott des bus de Montgomery.
En France, aujourd'hui, des actes de résistance individuelle font tache d'huile. Dans l'Education nationale, à La Poste ou chez ERDF (ex-EDF), des agents de la fonction publique se rebellent, s'exposant à des baisses de revenus et à des sanctions disciplinaires : des profs refusent d'appliquer les programmes de 2008 ou de mettre en place le dispositif d'aide personnalisée aux élèves en difficulté (argument, en substance : «C'est un prétexte pour supprimer les enseignements spécialisés de type Rased, comme si on remplaçait les médecins spécialistes par des généralistes !»); des guichetiers n'acceptent pas de proposer aux usagers, de plus en plus considérés comme des clients, les packs «Ma nouvelle adresse» qui coûtent 11 euros plus cher que les simples formulaires de réexpédition du courrier (argument : «On n'est pas des vendeurs !»); des agents EDF appliquent la tarif cation en heures creuses à des cités entières (argument : «Les nouveaux fournisseurs privés d'électricité posent parfois des installations trop onéreuses au regard des besoins de l'usager et on ne peut pas le dire à ce dernier : nous refusons d'être les complices d'une telle arnaque !»). De quoi constituer une ligne Maginot censée nous protéger d'une poussée néolibérale ? Dans le cas de la très contestée «base élèves», la mobilisation enseignante a été efficace : Xavier Darcos, le ministre de l'Education nationale d'alors, a renoncé à faire figurer des données ethniques dans ce fichier informatique.

Dans le silencieux cortège de Français qui s'élèvent contre l'Etat figurent en bonne place les plus discrets de tous : ces hors-la-loi qui hébergent des clandestins sans papiers. On ne présente plus RESF (Réseau Education Sans Frontières). On peut en revanche présenter Georges, juif, ex-enfant caché dont le père est mort en déportation, qui se fait un devoir de partager son toit avec un jeune Marocain de 18 ans vivant en France depuis cinq ans. Lequel sera finalement expulsé du territoire. Vingt-six mille reconduites à la frontière par an, voilà l'objectif du gouvernement. Face à cette politique du chiffre, là encore des quidams protestent. Lorsqu'un clandestin est sur le point d'être expulsé, des militants manifestent à l'aéroport et parviennent à convaincre des passagers de se lever pour empêcher le décollage; en préfecture, des fonctionnaires multiplieraient les obstacles administratifs pour faire traîner les dossiers et ainsi accorder un sursis aux sans-papiers, est-il affirmé - malheureusement sans témoignage concret; au Pôle emploi, des agents refusent de vérifier les papiers d'identité de ceux qui cherchent un travail sous un lecteur optique. Ces «délits de solidarité» - le terme a été inventé par les associations, le ministre Eric Besson le récuse - pourraient-ils faire grimper les chiffres de la délinquance ?

Certains de ces rebelles de l'ombre veulent s'exprimer. Mais pas facile de sortir des coulisses. S'enchaîner à une grille, s'allonger sur une voie, ça s'apprend désormais lors de stages, organisés notamment par Xavier Renou, du mouvement des Désobéissants. On appelle ça «l'action directe non violente». Pour que cette insurrection silencieuse fasse enfin du bruit.
Cécile Deffontaines
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