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 Sportives et homosexuelles : le grand tabou

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Chien Guevara
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Nombre de messages : 9406
Date d'inscription : 10/06/2007

MessageSujet: Sportives et homosexuelles : le grand tabou   Ven 4 Sep - 1:14

Sportives et homosexuelles : le grand tabou

L'équipe de France femme de foot est en quarts de finale de l'Euro 2009. Dans l'indifférence générale. Pas assez hétérosexy ?


France-Pays Bas, c'est du football, jeudi 3 septembre, un quart de finale de l'Euro 2009 qui se tient jusqu'au 10 septembre en Finlande. Et comme c'est du foot féminin, personne ou presque n'en a rien à cirer. Sandrine Soubeyran, la capitaine de l'équipe, soupire :
<blockquote>« Toutes les autres équipes ont leur match diffusés dans
leur pays. Pas nous. C'est comme ça. On n'en fait pas une affaire
d'état. »
</blockquote>
Car dans l'esprit hexagonal du public, des annonceurs et des
journalistes sportifs, Foot + femmes = gazon maudit. Une équation qui
se répète pour la grande majorité des disciplines collectives. Tout le
monde « sait », ou le pense, personne n'en parle : le sport féminin
abrite une forte proportion de lesbiennes. Et ça, c'est pas vendeur.
Cet
été, la Fédération française de football a eu l'idée de faire poser
nues les plus jolies des joueuses de l'équipe nationale, avec un
message quasi-désespéré : « Faut-il en arriver là pour que vous veniez
nous voir jouer ? » Comme le relève le blog Pleinelucarne.com :
<blockquote> « A défaut de jouer sur la qualité du jeu pratiqué par
les Bleues, la FFF mise sur leur physique. Certes, l'impact de la
campagne est bien réel mais cela fait ressortir le côté macho du sport,
au grand désespoir de l'entraîneur des Françaises : “Nous n'avons
jamais eu autant de demandes d'interviews que depuis la publication de
ces photos. Ça prouve qu'on est dans un monde de machos et de beaufs.” »
</blockquote>
D'abord le tabou


En France, elles sont deux, mais bien seules. L'une est célèbre,
l'autre moins. La joueuse de tennis Amélie Mauresmo et la triathlète
Carole Péon. Sportives de haut niveau, elles ont affiché leur
homosexualité. Il n'y en a aucune autre en activité. Explication du
directeur de la communication de la fédération française de football :
<blockquote>« Les fédérations évitent de parler de la présence des
lesbiennes dans le sport, parce que cela pourrait affecter les
relations publiques, les commanditaires, le recrutement et l'image des
femmes dans le sport. »
</blockquote>
Car sur les pelouses, les tatamis ou dans les bassins contrairement au show biz, l'attribut « lesbo » n'est pas chic du tout. Sylvain Ferez, sociologue du sport, affirme que les sponsors ne veulent surtout pas que la sexualité des sportifs soit questionnée. Philippe Liotard,
sociologue lui aussi, rappelle que durant des années, Amélie Mauresmo a
été représentée par les médias comme une « super nana hétéro ».
Alors quand un magazine pense à consacrer quelques pages aux
sportives, c'est pour mieux exalter leur féminité. Les canons des
courts de tennis en premier lieu (les Sharapova, Dementieva,
Bondarenko). La frèle navigatrice face aux océans déchaînés. Et s'il
met en scène une rugbywomen du Sud-Ouest, c'est avec un reportage photo
où on la voit appliquer du rouge sur ses ongles (de pieds ! ).
La nageuse qui rêve de faire un carrière publicitaire à la Laure
Manaudou n'a donc pas intérêt à faire son coming out. Les spécialistes
de la natation savent pourtant tous que parmi les espoirs des bassins
français, plusieurs ne préfèrent pas les garçons. Dans les sports
collectifs de haut niveau, les homosexuelles sont légion au point que
l'hétéro expérimente parfois le sentiment de sa « différence ». Les
homosexuelles aimeraient-elles plus le sport que les hétérosexuelles ?
L'hypothèse qui fait polémique


Selon une étude récente, de l'institut suédois Karolinska,
l'un des centres de recherche médicale les plus importants d'Europe, le
cerveau homosexuel aurait une structure différente de celui des
hétérosexuels, peut-être même dès la naissance.
Selon ses chercheurs, le cerveau des hommes hétérosexuels et des
lesbiennes serait « asymétrique », alors que celui des gays et des
femmes hétérosexuelles serait « symétrique ». Conclusion : les
lesbiennes se rapprocheraient, par leur structure cérébrale, des hommes
hétéros, pour des raisons génétiques ou hormonales (testostérone
présente durant le développement embryonnaire). Cela pourrait expliquer
que les synapses d'une homo soient affolées par la perspective d'un
match de rugby, le dimanche matin.






<table border="1" bordercolor="#a79e9e" cellpadding="0" cellspacing="0"><tr valign="center" bgcolor="#ff0000" height="15"><td>
Les trois grands coming-out

</td></tr><tr><td>En 1981, peu après avoir obtenu la nationalité américaine, Martina Navratilova fait part publiquement de son orientation sexuelle. C'est une première. Dix-huit ans plus tard, Amélie Mauresmo
atteint la finale de l'Open d'Australie. A une journaliste du Figaro
qui lui demande pourquoi elle a déménagé, la chouchoute du tennis
français répond que c'est parce qu'elle a rejoint son amie à
Saint-tropez. Elle est la première personnalité sportive française
officiellement homo. Mariée avec Eric Jackson dont elle a divorcé en
1999 et dont elle a un enfant, la plus populaire des basketteuses
américaines, Sheryl Swoopes, a révélé son homosexualité dans une interview accordée à ESPN, en octobre 2005.


</td></tr></table>
Mais Catherine Vidal, neurobiologiste, directrice de recherche de
l'institut Pasteur, émet de sérieux doutes sur les conclusions de cette
étude :
<blockquote> « Le cerveau possède des propriétés de plasticité qui font qu'il se construit en fonction de l'histoire de chacun. »
</blockquote>
Et d'alerter : « Attention au déterminisme biologique, c'est
toujours très dangereux ». Un point de vue que partage Emilie Sablik,
sociologue et auteure de « Carrière sexuelle et pratique sportive »
(revue Sports et sciences sociales) :
« Une petite fille qui joue au foot va développer dans son cerveau
des capacités de repérage dans l'espace, par exemple, qui va la rendre
meilleure en sport. Pas celles qui jouent à la dînette. »
Et justement, les lesbiennes sportives font souvent partie de la
première catégorie. La plupart du temps, elles sont d'anciens « garçons
manqués » et le revendiquent. Enfants, elles aimaient la vitesse et les
jeux d'équipe. Emilie Sablik prévient :
« Attention, on ne devient pas lesbienne, parce qu'on a fait du foot
plus jeune. C'est plus une question d'identification à la masculinité-
en général. »
La « question » des vestiaires


Il faut du cran pour un jour s'engager, petite, dans des sports
collectifs « de garçons ». « Ma mère a cédé, au bout de plusieurs
mois », rigole Vic, jeune footballeuse du PUC (Paris Université Club).
La question des vestiaires est « la » question qui inquiète le plus les
parents de jeunes filles se tournant vers des sports connotés « homo »
-foot, rugby, sports de combat, hand entre autres.
Les filles hétéros arrêtant souvent ces sports entre 20 et 30 ans,
lorsqu'elles s'installent en couple et font des enfants, la proportion
de lesbiennes s'accroît d'autant au sein des clubs. Analyse du
sociologue Sylvain Ferez :
<blockquote>« Tous les secteurs sociaux ne sont pas investis de la
même façon par les homos, certains d'entre eux sont privilégiés parce
qu'ils participent à la construction de leur identité sexuelle. Le
sport est le lieu par excellence de socialisation de l'homosexualité
féminine… contrairement à l'homosexualité masculine qui elle, se
“retrouve” dans des univers dits féminins, la mode, la beauté, la
communication. »
</blockquote>
L'équipe devient l'environnement idéal pour construire et vivre son
homosexualité. Elle a d'abord un rôle d'initiation. Ados, les jeunes
filles vont y rencontrer leurs premières copines. Les anciennes jouent
le rôle de « marraines ». Tania, footballeuse du PUC, originaire du
Salvador, partageait ces codes et ces valeurs, de façon inconsciente :
<blockquote>« Au foot, au début, je n'avais pas vu qu'il y avait beaucoup de lesbiennes. Je m'y sentais à l'aise, sans savoir pourquoi ! »
</blockquote>
L'entraîneur d'un grand club de natation décrit un monde condensé où l'on se touche, se console beaucoup :
<blockquote>« Il y a même des lesbiennes de circonstance qui, après, redeviendront hétéros. »
</blockquote>
« De toutes façons, j'ai un ami »


Marinette Pichon, 33 ans, ex-capitaine de l'équipe de France, reçoit
dans son bureau d'un conseil général d'Ile de France. Partout, des
photos d'Ingrid, sa compagne. « J'assume ma femme, je l'aime. » La
joueuse, cent douze sélections en équipe de France, raconte qu'un jour
l » entraîneuse est tombée sur une lettre d'amour de son amie de
l'époque :
<blockquote>« Elle est venue me voir pour dire que ça lui posait
problème. Je lui ai répondu que je ne voulais plus qu'elle se mêle de
ma vie. »
</blockquote>
Selon elle, l'homophobie vient surtout des hommes qui gravitent
autour des joueuses. L'encadrement s'inquiète de voir les histoires
d'amour prendre le pas sur les entraînements :
<blockquote>« Ils n'aiment pas les relations entre joueuses, ça déconcentre l'équipe. »
</blockquote>
Amandine (son prénom a été changé à sa demande) fait partie de
l'actuelle équipe de France de foot. C'est une de ses amies lesbiennes
qui nous envoie auprès d'elle. Dans son club de la région parisienne,
moins gayfriendly que la moyenne, elle évite de parler de sa vie
personnelle. Sur le sujet de l'homosexualité féminine dans le sport,
Amandine dit… n'avoir rien à dire, « ne pas se sentir concernée ». Elle
clôt la discussion : « De toutes façons j'ai un ami ».Nolwenn Le Blevennec -rue89
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