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 Que les peuples étaient heureux entre deux guerres

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TdL
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Date d'inscription : 11/06/2007

MessageSujet: Que les peuples étaient heureux entre deux guerres   Mer 22 Juil - 22:52

On ne vit pas, comme votre serviteur, un certain nombre de décennies sans qu'aux bonnes vieilles interrogations sur la nature humaine s'ajoute l'impression d'une série de dégradations dont la société contemporaine ferait les frais. Ainsi, dans ma jeunesse boutonneuse, lisais-je moins la presse pour assouvir des curiosités malsaines que par intérêt pour une profession que j'ambitionnais d'exercer.

Les peuples étaient plutôt heureux entre deux guerres. Le chômeur était un personnage presque mythique. Les rares drogués étaient poètes. Faute d'internet, on ne commettait nul mauvais coup sans devoir sortir de chez soi. Comme il se produisait souvent des accidents d'avion, un crash chassait l'autre et l'on n'en faisait un drame que quand il y avait des célébrités à bord.

Les gens connus, qu'on ne traitait pas de « people », devaient solliciter la presse pour qu'elle relate leur vie privée. Dans les grands ensembles, pas encore baptisés « cités », les cages d'escalier ne recelaient aucun fauve. Les gamins n'agressaient pas leurs professeurs qui, pourtant, leur frappaient parfois le bout des doigts avec une règle.

Pour s'assurer de l'intégrité et du désintéressement des politiciens, on nommait souvent au gouvernement des élus possédant une fortune personnelle qui passaient alors avec la même paisible incompétence de la Marine à l'Agriculture. A la Culture et la Communication, on préférait les Beaux-Arts. On écrira un jour l'histoire de la Ve République à travers l'intitulé de ses ministères.

Au dernier remaniement, les Droits de l'homme ont disparu comme la Qualité de la vie après Giscard. On attend toujours l'Innovation mais on ne va pas chipoter puisque la Solidarité est devenue active. La Guerre a fait place à la Défense comme si l'on était moins belliqueux avec l'arme atomique qu'à l'aide d'une baïonnette...

Le chef de l'Etat, de quelque bord qu'il fût, était respecté. Personne n'essayait d'apprécier l'harmonie de son couple au nombre des débris d'assiettes sorties d'abord de la Manufacture de Sèvres puis jetées dans ces poubelles que les journalistes dits d'investigation fouillent désormais avant le passage des éboueurs. Le Président avait le droit de reprendre deux fois du gigot le dimanche à midi sans qu'on comptabilise ses frais de bouche.

Les députés, qui échangeaient beaucoup plus d'horreurs qu'aujourd'hui au sein de l'Hémicycle, fraternisaient davantage ensuite à la buvette. Chacun gardait pour soi ses préférences sexuelles. On était d'autant plus touché par la misère qu'on ne l'appelait pas précarité.

Les amoureux s'embrassaient sur les bancs publics sans avoir signé de contrat avec une entreprise de téléréalité. On s'estimait aussi comblé de se baigner au Tréport qu'à Bali. Les haricots et les téléphones n'avaient pas perdu leurs fils. On mourait un peu plus tôt mais en parlant moins de la mort. En période de grippe, on se méfiait des bipèdes mais pas des poules ni des cochons.

Les escrocs existaient mais, comme Stavisky, ils éprouvaient tellement de remords qu'il leur arrivait de se suicider de plusieurs balles dans la tête. Les anciens combattants étaient jeunes, l'air était pur, le principe de précaution était inconnu au bataillon des embête-citoyens et l'on ne souhaitait pas conquérir d'autre espace que celui nécessaire aux jeux de ses enfants.
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-Bonne nouvelle : il n'y aura pas de nouveaux impôts ni de plan de rigueur. Seulement un grand emprunt qui augmentera un peu plus la dette publique. La question reste donc posée : qui paiera les pots au lait cassés de Perrette et quand ?

-En disparaissant en même temps que l'extraterrestre Michael Jackson, l'infortunée Farrah Fawcett a raté sa dernière sortie. Une mésaventure posthume déjà survenue à Jean Cocteau lorsqu'il avait été rejoint - et distancé - par Edith Piaf au seuil de l'éternité. Et comme si les médias avaient le cœur trop sec pour couvrir de larmes deux célébrités à la fois.

-Les projections sur l'avenir ont cessé d'être laissées à l'initiative des écrivains de science-fiction. Ce sont les politiques qui s'en chargent : Paris-Toulouse en 3 h 10 en 2020, le Grand Paris en 2030, Paris-Nice en 3 h 30 en 2030, un équipage européen sur Mars en 2040, suppression de la taxe professionnelle en 2080. Si l'on est vieux, on ne verra rien se réaliser et on ne sera donc pas dérangé. Jeune, on aura d'autant plus le temps de s'habituer au projet qu'il ne se concrétisera pas sans qu'on joue les prolongations.

-La société française contemporaine : un conglomérat de microcosmes cloisonnés qui se regardent de haut, de travers ou pas du tout ainsi qu'un maillage de castes n'entrant en contact qu'à la suite de violences sordides ou de revendications musclées. Les références à l'Inde s'arrêtent là, car il n'y a plus, chez nous, d'intouchables.

-Film culte à la télévision. Deux stars offrent à la ménagère de moins de 50 ans, répertoriée par les sondages comme insatisfaite sexuellement dans 38 % des cas, une sublime et torride scène d'amour. Or, on n'ignore pas que le couple de comédiens était à couteaux tirés et que, dès que la caméra cessait de tourner, la haine reprenait ses droits. Est-ce un exemple à proposer que ce simulacre à des jeunes auxquels on recommande l'authenticité des sentiments et le respect de la vérité ? L'art consiste-t-il uniquement à affirmer ce qu'on ne pense pas et à interpréter des parodies que seul l'intérêt motive ? Ah ! si on me laissait rédiger - fût-ce une seule fois - les sujets du bac...

-Partie de bridge chez le dentiste. Le praticien établit d'abord un devis détaillé comme celui du garagiste. Sauf que, chez lui, plus le véhicule est ancien et plus on force sur les réparations.

-J'ai conçu assez tôt l'ambition de rendre à d'autres les encouragements reçus à mes débuts. Mission accomplie : j'aurai aidé des dizaines de jeunes à devenir vieux.
study queen

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hirondelle
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MessageSujet: Re: Que les peuples étaient heureux entre deux guerres   Jeu 23 Juil - 18:30

la nostalgie du bon vieux temps ...
tout était si simple ...
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pierrot
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MessageSujet: Re: Que les peuples étaient heureux entre deux guerres   Mer 29 Juil - 12:10


Il y a matière à commentaire pour chaque phrase ! cheers

Il n'a pas la langue de bois, le Phiphi .

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MessageSujet: Re: Que les peuples étaient heureux entre deux guerres   Aujourd'hui à 0:46

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