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 Bourse du Travail évacuée par la police et la CGT

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MessageSujet: Bourse du Travail évacuée par la police et la CGT   Jeu 25 Juin - 7:14

C'est inadmissible: je relaie mais très mal à l'aise.

BOURSE DU TRAVAIL: trois communiqués: CNSP, CA de la Bourse du travail, UD CGT 75



SANS PAPIERS
en lutte>>>coordination nationale

25, rue François Miron, 75004, Paris - fax : 01.44.61.09.35 – e-mail : coordnatsanspap@wanadoo.fr.

La CNSP publie trois documents: la prise de position de la CNSP sur l'expulsion raciste et anti-syndicale de la Bourse du Travail, le communiqué du CA de la Bourse du Travail et le communiqué de l'UD CGT 75

Dernière info (23H): les sans papiers évacués, qui selon leurs dires sont plusieurs centaines avec des femmes et des enfants, sont regroupés rue du Temple en face de la Bourse du Travail après leur expulsion raciste et anti syndicale par les nervis en cagoule.
Ils sont encerclés par des gendarmes et des CRS;
La CNSP appelle l'ensemble du mouvement démocratique et humanite à trouver, comme en 1996 pour les St Ambroise, un accueil.
Il y va de l'honneur du mouvement syndical de ce pays et du pays berceau des Droits de l'Homme.



EXPULSION DES SANS PAPIERS DE LA CSP75
REFUGIES A LA BOURSE DU TRAVAIL DE PARIS
PAR DES NERVIS EN CAGOULE :
UN GRAVE DERAPAGE DE LA CGT ET DU SYNDICALISME FRANCAIS !

Selon les témoignages des sans papiers eux mêmes : « une centaine de nervis du service de sécurité de la CGT portant des cagoules armés de barres de fer, de bâtons, de gaz lacrymogènes ont pénétré vers 11h30 au sein de la Bourse, à un moment où la majorité des sans papiers étaient partis manifester pour leur régularisation, se sont jetés sur les présents, notamment des femmes et des enfants pour les jeter dehors ».
Cette bavure anti-syndicale du syndicalisme français se fait le lendemain de la nomination de Brice HORTEFEUX au Ministère de l’Intérieur, celui là même qui a négocié avec la CGT suite aux grèves des travailleurs sans papiers les régularisations précaires non automatiquement renouvelable sur le critère « travail », critère en dessous de la revendication adoptée au 48éme congrès de la CGT Confédérale : « la régularisation de tous les sans papiers ».
Cette coïncidence est –elle un hasard? Les soupçons « d’accords secrets » entre la CGT et l’Etat Français pour laisser sur le carreau les sans papiers isolés dans le travail dissimulé par les patrons négriers ne sont-ils pas prouvés par cet acte anti-travailleur raciste? Telles sont les interrogations qui viennent à l’esprit.
La CNSP a publié plusieurs déclarations à chaque tension entre les syndicats et les travailleurs sans papiers de la Bourse du Travail de Paris pour apaiser et proposer des solutions allant dans le sens de l’unité des travailleurs et de leurs structures représentatives (syndicats et CSP) contre les pièges patronaux et gouvernementaux.
La CNSP a proposé à plusieurs reprises par écrit ou verbalement lors de contacts avec les syndicats de la Bourse ou la CSP75 des actions unitaires pour la régularisation de nos camarades sans papiers de la Bourse du Travail de Paris.
Mais malheureusement l’irresponsabilité de la division des travailleurs, notamment de la division raciste, l’a emporté au profit de la politique raciste et xénophobe du gouvernement Français.
Quand le mouvement syndical à travers ses dirigeants, y compris au plus haut niveau, succombe au poison de l’opportunisme teinté de surcroît de racisme, cela n’annonce rien de bon pour les travailleurs dans leur ensemble quelque soit leur statut et leurs origines. On appelle ici opportunisme la conciliation avec la politique patronale du gouvernement au point de sacrifier les intérêts de tout ou partie du monde du travail.
La classe ouvrière est multinationale dans ce pays, elle est multicolore et multi-religieuse. Les dirigeants syndicaux du mouvement ouvrier doivent mesurer que cela concerne près de 30% des travailleurs.
Une telle situation accroît la responsabilité et la nécessité d’une prise en compte encore plus grande du poison raciste pour le combattre et unir les travailleurs dans la lutte pour la satisfaction de leurs légitimes revendications.
Le désastre de l’évacuation manu militari par des nervis du syndicalisme accompagnés de la police du gouvernement Français doit être vite réparer pour rétablire la confiance et l’unité des travailleurs.
C’est pourquoi nous disons que l’impuissance du syndicalisme à lutter pour la satisfaction des revendications des travailleurs, pour que la crise soit payée par les patrons est la cause véritable de cette fuite en avant raciste contre la fraction la plus précaire du monde du travail que sont les sans papiers réfugiés à la Bourse du Travail de Paris.
Faisons tout maintenant ensemble pour réparer cette bavure anti-syndicale et empêcher que l’ensemble des travailleurs ne payent cette faute opportuniste du mouvement syndical Français.
REGULARISATION DE TOUS LES SANS PAPIERS!
Fait à Paris le 23/06/09

___________________________________________________

Paris, le 24 juin 2009, 16H


COMMUNIQUE DE LA COMMISSION ADMINISTRATIVE (*)
DE LA BOURSE DU TRAVAIL DE PARIS
Libération de la Bourse du Travail de Paris


Depuis plus d’un an, des organisations syndicales agissent pour la régularisation des salariés sans papiers. Avec l'aide d'associations, les actions se sont élargies et de nombreuses régularisations de travailleurs en grève ou isolés ont été obtenues.

Dans ce contexte, la décision des délégués de la Coordination Sans Papiers 75 (CSP 75) d’occuper la Bourse du Travail de Paris est incompréhensible car elle a conduit les sans papiers concernés dans une impasse totale. De plus, en agissant ainsi, la CSP 75 se trompe de cible car paradoxalement, patronat et gouvernement sont totalement épargnés par cette action.

En choisissant, le 2 mai 2008, d’occuper la Bourse du Travail de Paris, les délégués de la CSP 75 ont fait le choix de paralyser ce bâtiment qui est un outil indispensable à la défense de tous les salariés parisiens et à l’activité de leurs syndicats. Cette occupation de la Bourse du travail de Paris, désapprouvée par les autres collectifs, les associations et les syndicats, était une voie sans issue.

La Bourse du travail de Paris est un bien commun, c'est un outil à la disposition des salariés parisiens et de leurs syndicats : CGT, CFDT, FO, CFTC, CGC, UNSA, Solidaires qui, depuis l’occupation, ne peuvent plus accéder à leurs bureaux et aux salles de réunions. Empêcher les salariés de se défendre et neutraliser l’activité des syndicats, cette sorte de prise en otage n’était pas inacceptable.
De fait :

Depuis le 2 mai 2008, 7 salles de réunions sont neutralisées, plus de 2 300 réunions ont été annulées ; chaque jour, des salariés ne pouvaient pas se réunir pour organiser leurs luttes ; des congrès de syndicats étaient reportés car la plus grande salle disponible à Paris pour les salariés (salle Eugène Hénaff), était occupée,
Les formations syndicales ne pouvaient plus se tenir, 2 imprimeries syndicales ne pouvaient plus fonctionner normalement,
Des permanences de défenses juridiques des salariés ne pouvaient plus se tenir.



De plus, cette occupation posait des problèmes d’hygiène et surtout de sécurité car les bâtiments sont constitués de salles de réunions et bureaux qui ne sont pas prévus pour y vivre nuit et jour avec présence de matelas, de bouteilles de gaz et de cuisines improvisées.

Malgré ces conditions, les syndicats, avec de nombreux collectifs et associations, n’ont pas ménagé leurs efforts depuis un an pour proposer aux délégués de la CSP 75 de travailler ensemble les dossiers de régularisation. Les délégués CSP 75 n’ont cessé de refuser systématiquement toutes les propositions faites, préférant s’enfermer dans une occupation sans issue qui pénalisait les salariés sans papiers concernés.


C’est dans contexte,
Que l’outil « Bourse du Travail » vient d’être libéré
par des syndicats parisiens.

Après plus d’un an, les locaux vont redevenir disponibles pour tous les salariés parisiens -y compris les sans papiers- afin qu’ils puissent se défendre
et organiser luttes et ripostes avec leurs syndicats.

La Commission Administrative et les services de la Ville de Paris mettront tout en œuvre pour que les sans papiers récupèrent leurs effets personnels dans les meilleures conditions.

Le secrétaire Général de la CA de la Bourse du Travail de Paris



(*) la Bouse du Travail de Paris est gérée par une commission administrative composée des organisations syndicales CFDT, CGT, FO, CFTC, CFE-CGC, UNSA, Solidaires

_________________________________________________________________



Union des syndicats CGT de Paris


85 rue Charlot 75140 PARIS cedex 03


Téléphone 01 40 29 14 40


Télécopie 01 48 87 89 97


Courriel : cgt.paris@wanadoo.fr


www.cgtparis.fr


CCP 27 46 74 P Paris





COMMUNIQUE DE PRESSE

OCCUPATION DE LA BOURSE DU TRAVAIL :

LA VOIE ETAIT SANS ISSUE

Les syndicats CGT de Paris ont contribué à mettre un terme à l’occupation de l’annexe Eugène Varlin, rue Charlot, de la Bourse du travail de Paris investie depuis le 2 mai 2008 par des travailleurs sans-papiers, sur l’initiative de la Coordination 75 des collectifs de sans-papiers.

Dès le début de cette occupation, les délégués de la Coordination des sans-papiers 75 ont interdit tout contact entre ces travailleurs sans-papiers et la CGT, ses militants et les autres syndicats.
Ces délégués ont cultivé l’idée que cette occupation de la Bourse du travail permettrait la régularisation des travailleurs sans-papiers isolés.
C’est volontairement qu’ils ont conduit dans une impasse ces travailleuses et ces travailleurs qui, comme d’autres, auraient pu faire le choix de s’organiser dans les syndicats pour mener des luttes collectives à l’entreprise.

C’est parce que nous ne pouvions laisser perdurer cette occupation stérile que le mouvement syndical parisien a décidé de sortir ces femmes et ces hommes de cette impasse, et ce, sans faire appel aux forces de l’ordre.

L’intransigeance des responsables de la Coordination 75 a été constatée à plusieurs reprises à l’occasion des nombreuses réunions qui, sur l’initiative de la CGT, ont rassemblé les Unions départementales CGT, CFDT, FO, FSU et Solidaires, les associations de soutien aux travailleurs immigrés (Ligue des droits de l’homme, Autre monde, GISTI, RESF, CIMADE …) et la coordination 75 des sans-papiers.

Les syndicats et les associations ont réalisé des actes concrets :

participation de la coordination 75 à la délégation qui a été reçue par le représentant du Préfet à l’occasion de la manifestation du 11 juin 2008 organisée par la CGT devant la Préfecture de police de Paris,
par courrier en date du 23 juin 2008, à la demande de la coordination, les syndicats et les associations ont saisi le ministre de l’Immigration d’une demande de rencontre au sujet des travailleurs isolés en difficultés pour obtenir des contrats de travail de leurs employeurs (1300 dossiers ont été recensés),
le 3 juillet 2008, à l’occasion d’une nouvelle manifestation à l’initiative de l’UD CGT de Paris, la Coordination a fait partie de notre délégation et date a été prise avec les représentants du Préfet de police de Paris pour la remise de leurs dossiers. Deux réunions à la Préfecture ont suivi, en présence et avec l’appui du secrétaire général de l’Union départementale CGT de Paris.

Ils ont formulé des propositions

parrainage par les syndicats des dossiers relevant de la régularisation par le travail, y compris ceux des travailleurs individuels qui ne peuvent pas se mettre en grève,
appui par les associations des dossiers des travailleurs non déclarés, sans contrat de travail ni bulletin de salaire,
appui par le réseau RESF des dossiers des familles ayant des enfants scolarisés,
étude de tous les dossiers par les associations et les syndicats, dans le cadre d’un travail en commun avec la Coordination des sans-papiers afin d’évaluer pour chacune des personnes concernées les chances objectives de régularisation afin de réduire au maximum les risques encourus et procéder à la construction collective des dossiers.

Toutes ces propositions, pourtant très constructives et d’ordre pratique, ont été refusées par la Coordination au motif qu’il s’agissait de « leurs dossiers ».
Qui peut comprendre une occupation motivée par un besoin d’aide et le refus de toute proposition ?
Plus fondamentalement, comment comprendre que la coordination 75 des sans-papiers porte préjudice au mouvement syndical, et en particulier à la CGT, tout en faisant soi-disant appel à son soutien ?

Ces derniers mois, nous avons même entretenu des contacts réguliers avec le Haut Conseil des maliens de France avec lequel plusieurs réunions de médiation ont eu lieu. A plusieurs reprises nous avons pensé que nous arriverions à trouver une issue positive par la signature d’un engagement pour des luttes communes et la construction d’un rapport de force unitaire, mais en vain !

Que signifiait donc cette occupation qui, au fil des jours, était devenue un « squatt » dont nous ne voyions pas la fin ? Qui avait intérêt à cette occupation mise en œuvre deux semaines après la grande grève des salariés sans-papiers déclenchée, le 15 avril 2008, dans plusieurs dizaines d’entreprises d’Ile de France ? Qui gênons-nous et à qui faisons-nous de l’ombre ?

En tout état de cause, s’avérant sans effet sur les pouvoirs publics et le patronat, s’avérant surtout sans issue et paralysant l’activité des syndicats par la spoliation de la majeure partie de leurs locaux (sept salles de réunions, deux imprimeries, entrave à l’accès normal du site aux salariés et syndicats parisiens…), cette pression insensée sur le mouvement syndical, et la CGT en particulier, ne pouvait durer. C’est pourquoi, les syndicats CGT de Paris ont décidé d’y mettre fin avec la certitude d’avoir tout tenté par le dialogue.

La lutte se poursuit
La CGT, qui se bat quotidiennement aux côtés des travailleurs sans-papiers, comme aux côtés de tous ceux qui luttent dans ce pays, ne pouvait continuer à être prise pour cible.
Elle devait retrouver la plénitude de ses moyens et faire cesser cette pression inadmissible parce que totalement injuste.
Les responsables du désespoir des sans-papiers sont, eux, les véritables adversaires, mais ils sont ailleurs !
Il s’agit de ceux qui ont la culture du résultat et appellent à faire du chiffre en remplissant centres de rétention et charters et de ceux qui, trop souvent, profitent de l’existence d’une « armée » de travailleurs sans-papiers et sans droits, donc exploitables à merci : gouvernement et patronat !

La lutte commencée à Paris, en février 2008, avec les salariés sans-papiers du restaurant « La grande Armée » a permis la régularisation de plus de 2000 salariés.

La CGT poursuivra son combat pour la régularisation de tous les autres.
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Clode
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MessageSujet: Re: Bourse du Travail évacuée par la police et la CGT   Jeu 25 Juin - 17:55

Quotidien des sans papiers


Expulsion des sans-papiers de la Bourse du travail

L’occupation se poursuit sur le trottoir


Publié
le 25 juin 2009 par Michel
Sitbon


C’est au cri de “CGT-collabo” que les manifestants ont hué l’expulsion de la Bourse du travail, occupée depuis 14 mois par la CSP 75. A l’heure où nous écrivons, ce jeudi matin, l’occupation se poursuit, sur le trottoir du boulevard du Temple, où campent des centaines de sans-papiers rejoints par quelques “soutiens”.

Mercredi 24 juin, en fin de matinée, l’annexe Eugène Varlin de la Bourse du travail de Paris, rue Charlot, a été évacuée par le service d’ordre de la CGT aidé d’importantes forces de police.

Selon les informations que nous avons pu recueillir, dès le matin des « miliciens » cégétistes sont entrés dans le bâtiment petit à petit, et sont montés dans les étages, où ils ont attendu le départ en cortège de la plupart des sans-papiers pour la manifestation hebdomadaire à laquelle la CSP75 appelle depuis des mois, pour se rendre à la préfecture.

C’est alors que, masqués ou encagoulés, les nervis cégétistes sont descendus, avec des bombonnes de gaz lacrymogènes et des barres de fer, pour agresser la centaine de sans-papiers qui restaient là, en grande partie des femmes et des enfants. Il y aurait eu plusieurs blessés, qu’il a fallu évacuer à l’hôpital, parmi lesquels un enfant de trois ans, victime de gaz lacrymogènes.


Les sans-papiers sont alors parvenus à se réfugier dans la grande salle qu’ils occupent depuis de nombreux mois (où se sont tenues les conférences-débats “sur matelas” organisées entre autres par le QSP). Ils se sont alors barricadés et les gros bras syndicalistes en sont restés pour leur frais, dans la cour, au milieu du nuage de gaz qu’ils avaient eux-mêmes répandu.

Pendant ce temps se réunissait la Commission administrative de la Bourse du travail, qui réunit l’ensemble des syndicats. D’après les déclarations de la CGT, celle-ci « a pris contact avec la mairie de Paris, propriétaire des locaux, pour qu’elle assume ses responsabilités sollicité l’intervention des forces de l’ordre. Ladite “commission” décidait ainsi – à l’unanimité et en accord avec la mairie de Paris – de faire appel à la police du nouveau ministre de l’Intérieur, Brice Hortefeux, qui prenait ses fonctions le matin même.

Aussitôt un énorme dispositif de CRS entourait la Bourse du travail. Et procédait manu-militari à l’expulsion des sans-papiers de la Bourse, non sans recourir à son tour, abondamment, aux gaz lacrymogènes.

Le même dispositif tiendra à distance les manifestations de soutien qui affluaient dans l’après-midi. Gazés et matraqués à de multiples reprises, les manifestants se retrouvaient encerclés sous le regard complaisant des responsables de la CGT, tranquillement installés dans les rangs des CRS...

Tout l’après-midi, les sans-papiers parvenaient à récupérer leurs affaires, principalement leurs matelas, et s’installaient peu à peu sur le trottoir du boulevard du Temple.

Un élu arrive : Jacques Boutault, le maire Vert du 2e arrondissement. « Indigné », dit-il. Une demie-heure plus tard, le maire socialiste du 3e arrondissement, Pierre Aidembaum, faisait à son tour le déplacement de sa très proche mairie jusqu’au campement des sans-papiers.

Le soir, un immense campement s’est installé devant la Bourse du travail et la librairie mitoyenne. Plusieurs centaines de personnes (600 ?) ont dormi là, “sans-papiers” et “soutiens” mélangés.

Jusqu’à deux heures du matin, ils étaient complètement enserrés dans le dispositif policier, les camions de Gendarmerie étant garés sur le trottoir de façon si rapprochée qu’il était impossible de passer.

A toute occasion les gardes mobiles s’imposaient parmi les manifestants, comme les CRS l’avaient déjà fait tout au long de l’après-midi. Au milieu de la nuit le dispositif policier se retirait, laissant les sans-papiers dormir, alors qu’à l’intérieur de la Bourse veillaient de nombreux vigiles.

Après une courte nuit, les campeurs se sont réveillés au petit matin pour voir défiler des dizaines de camions de CRS qui, après un ou deux tours d’intimidation, se sont garés place la République (à une centaine de mètres du campement).

Hormis un article relégué en page 9 dans Libération, la revue de presse de cette aube était inexistante. De même qu’on n’a pas de nouvelles de Calais où il semble que Brice Hortefeux ait fait envoyer d’importants renforts pour s’en prendre au rassemblement No border.

On attend dans la journée que les partis politiques se prononcent sur cette expulsion illégale.

Pour Patrick Picard, dirigeant de l’union départementale CGT de Paris, cette expulsion aura été engagée au prétexte que les sans-papiers, présents là depuis 14 mois pour réclamer leur régularisation, seraient en fait de simples “squatteurs”. Il ne semble pas que la CGT se soit avisée que pour expulser des squatteurs, il faut une décision de
justice.

La “légalité” de l’expulsion reposerait sur les pouvoirs du maire de Paris,habilité à faire intervenir les forces de l’ordre. C’est dans ce cas à Bertrand Delanoë qu’il faudra demander des comptes.

En tout état de cause les participants de la “commission administrative” de la Bourse du travail, soit l’ensemble des syndicats et la mairie de Paris, sont responsables non seulement d’avoir ordonné
l’expulsion des sans-papiers, mais d’avoir offert sur un plateau au nouveau gouvernement de Nicolas Sarkozy, et particulièrement à son ministre de l’Intérieur, Brice Hortefeux, spécialiste de la chasse aux sans-papiers, l’occasion de faire étalage leur politique abjecte.

QSP

Si vous avez des contacts sur Paris, faites suivre par tous moyens rapides ; pour l’instant il y a urgence mais demain tout syndicaliste qui se respecte encore devra demander des comptes à son syndicat ; et pas seulement la CGT mais aussi la CFDT, FO, la CFE-CGC, l’Unsa et Solidaires, tous membres de la Commission Administrative de la Bourse du travail.

C’est la confirmation que la CGT est en train de clore un cycle largement entamé après 68 et n’est plus qu’un appendice,semi-institutionnel du pouvoir en place ; CONTRE LES TRAVAILLEURS !!!

La CGT historique, celle qui a mené les grands combats ouvriers dusiècle dernier, est peut-être morte ce mercredi 24 juin et ce, malgré les efforts d’une poignée de militants cégétistes qui se sont battus depuis les années 90 aux côtés des sans-papiers pour leur régularisation ;
il semblerait que la bureaucratie triomphe, malheureusement.

Il y a fort à parier que le 49e congrès prévu en décembre soit l’enterrement officiel de la vieille dame.

Le CSSP49 donnera une conférence de presse condamnant la CGT-Paris auxiliaire de la police de Besson et appelant les fédérations syndicales à soutenir les expulsés de la CSP75 en lutte pour la régularisation de TOUS LES SANS PAPIERS. J’engage fortement les Collectifs locaux de la coordination des Collectfs de Soutien aux Sans Papiers à faire de même sous peine de renier leur propre combat.

[Source :
CSSP49]




05/03/2009 cour d’appel de Douai


Publié le 9 mars 2009

Jeudi 5 mars, la cour d’appel de Douai doit juger une militante de Calais qui a pris l’habitude de photographier les interpellations de sans-papiers depuis cinq ans... et déjà été condamnée dans ce cadre.
« Depuis 2004, j’ai utilisé un appareil-photo et ma voix pour repousser
les interventions policières. Le spectacle de la chasse à l’étranger
était insupportable dans nos rues de Calais. J’ai compris très vite les
frayeurs de la police face à des personnes qui témoignent. »


Voici son récit du bras de fer avec la police qui l’a menée en février 2007 pour la quatrième fois au tribunal alors que les proces contre les
soutiens aux sans-papiers aux abords de Sangatte, où une femme a
été placée en garde à vue, fin février 2009 parce qu’elle rechargeait
les portables des migrants chez elle.

« Depuis 2004, j’ai utilisé un appareil-photo et ma voix pour repousser les interventions policières. Le spectacle de la chasse à l’étranger était insupportable dans nos rues de Calais. J’ai compris très vite les frayeurs de la police face à des personnes qui témoignent.
Mon travail fut de récupérer les informations données par les réfugiés chaque jour, sur les heures et les lieux des interventions, le niveau de violence et de diffuser ces événements. Les informations données par les réfugiés me servaient à me tenir sur les lieux avant l’arrivée des CRS pour pouvoir protéger les premiers des violences qui survenaient parfois hors vue (gazage des abris et matraquage des réfugiés une
fois interpellés…).
Je trouvais que c’était un travail très utile pour les gens qui regardent et qui ne savent pas comment intervenir eux-mêmes ; pour les réfugiés à qui je rendais une légalité indispensable à l’envie de monter
une organisation militante.

Contre-spectacle

J’offrais le contre-spectacle des procédures xénophobes de l’Etat. Tous les policiers me connaissaient. J’étais « la journaliste ». Je diffusais sur un site militant et envoyais sur des listes engagées mes « rapports » de surveillance. J’ai persévéré après ma première garde à vue. Je savais qu’avec ce pouvoir, il fallait continuer, ne pas céder, ne pas avoir peur.

Je ne suis pas une bénévole humanitaire. Je suis une militante politique communiste engagée dans plusieurs luttes. Je pensais que faire respecter la loi en surveillant son application dans la rue nécessitait une prise de risque calculée face à la police. Je ne limitais pas mes actions à cette surveillance pénible et coûteuse en temps et en émotion. Je travaillais également à la défense juridique des réfugiés sans papier et demandeurs d’asile et rappelais souvent leurs droits fondamentaux.

Contre moi, des mesures logiques

De ce fait, les mesures prises à mon encontre par l’ensemble police-justice sont pour moi fortement logiques. L’Etat était capable de s’attaquer aux humanitaires, pourquoi pas à moi ? Ainsi, le 23 octobre 2007, alors que je « patrouillais » près d’un jardin public, deux Erythréens m’expliquent avoir été libérés de la PAF de Coquelles avec un document dont ils me demandent la traduction. C’était un APRF (Avis de Reconduite à la Frontière). Je leur propose d’aller au Tribunal administratif de Lille pour s’opposer à l’arrêté du préfet. Le délai est de 48 heures.

Nous nous dirigeons vers une station service encore ouverte pour photocopier les arrêtés. Plusieurs autres réfugiés nous accostent et nous questionnent sur l’utilisation d’une carte de téléphone. Arrive un car de CRS. J’ai le temps d’allumer l’appareil photo tandis que deux CRS se jettent à la poursuite de quelques réfugiés. Ceux-ci sont vite interpellés face à la station-service, sans autre violence que le spectacle offert d’une chasse à l’étranger et sont ramenés près de la cabine téléphonique.

On me demande de sortir de la zone décrétée zone de contrôle. Je m’exécute et commence à engager une discussion sur le droit d’arrêter à nouveau deux personnes qui venaient juste d’être libérés. Je continue sur le droit d’aller déposer un référé contre un avis de reconduite à la frontière et oppose aux CRS le délai imparti de 48 heures pour envoyer ce référé et la garde à vue probable de 24 heures pour les deux Erythréens.

Nous étions encore en train de discuter quand je vois l’un des deux CRS se retourner et foncer vers la station service. Je comprends sans le voir vraiment que l’un des interpellés s’était éclipsé et lève aussitôt mon appareil photo. Très mauvaise idée ! J’avais oublié que l’autre CRS me faisait face. Contre toute attente, il gène l’objectif de l’appareil, puis l’empoigne, me pousse sur le fourgon de ramassage comme je fais un pas vers ce dernier pour pouvoir filmer. Il me tord le bras jusqu’à ce que je m’agenouille de douleur. Avant de me retrouver au sol, j’ai bien essayé de lui prouver que l’appareil n’avait rien filmé de la course poursuite mais le CRS n’entendait rien. Un deuxième vint à son aide pour me disjoindre les mains.

« J’ai arrêté la journaliste »

Menottée, embarquée dans le car de CRS, j’ai entendu mon tortionnaire annoncer par radio : « J’ai arrêté la journaliste. » Puis lors du départ du car, ce dernier a penché la tête en lisant le nom du café PMU qui se trouvait en face, portes fermées. Garde à vue de 24 heures, accusée d’outrage et rébellion.
Le 23 avril 2008, au tribunal de grande instance, les CRS ont produit le témoignage de la propriétaire du café PMU. Lors d’une audience reportée, cette dernière n’était pas apparue et n’apparut pas non plus le jour du procès. De mon côté, j’ai produit l’un des deux témoins de la scène de mon arrestation. J’ai été relaxée.

Des amis présents à l’audience remarquent la joie étrange de l’avocat des CRS qui avaient pourtant été déboutés. Le 5 mars, à 14 heures, sera jugé à Douai l’appel formé par le parquet et les deux CRS. Mon témoin ayant déjà témoigné devant le TGI, la Cour ne sera pas obligée d’accepter à nouveau son témoignage à la barre.

Mes images au tribunal

J’ai fourni au procureur général la vidéo du moment précédent l’obstruction par le CRS. Je lui ai également fourni les images tirées de la vidéo du début de la course poursuite contre le fuyard et qui prouvent les mensonges de la propriétaire du café PMU.

Quelle importance a, cet énième procès ? Son intérêt réside dans une possible condamnation à du sursis qu ferait révoquer tous mes autres sursis. Sans avocat car sans argent, mesurant très récemment l’intérêt de gagner contre les CRS qui m’ont brutalisée sans motif, j’ai tenté de récupérer le dossier de toute la procédure pour assurer ma défense.
Le service du procureur général m’a opposé un délai de 48 heures pour obtenir les photocopies. Autant dire qu’une heure avant l’audience, je devrais avoir analysé les déclarations des uns et des autres et bâtir ma défense, si jamais j’obtiens le droit de connaître le dossier. L’employée du service du procureur m’a conseillée de demander le renvoi.
Une précédente demande formulée avec des motifs très sérieux avait "été rejetée par la cour d’appel qui avait limitée de fait mon temps de défense. »

[source : TERRA]http://parisseveille.info/jugee-car-je-photographie-les,1806.html
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Clode
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MessageSujet: Re: Bourse du Travail évacuée par la police et la CGT   Jeu 25 Juin - 18:43

CGT et police expulsent des sans-papiers


NOUVELOBS.COM | 25.06.2009 | 17:16
63 réactions

Plusieurs
centaines de "sans-papiers" qui occupaient depuis juin 2008 un local de
la CGT, rue Charlot dans le IIIe arrondissement de Paris, ont été
expulsés par le service de sécurité du syndicat accompagné des forces
de l'ordre.




Des personnes sans-papiers attendent le 24 juin 2009, à Paris, devant les locaux de la Bourse du travail. (AFP)
Des sans-papiers occupant depuis 14 mois des locaux de la CGT à la Bourse du travail,
rue Charlot à Paris (IIIe), ont été sommés de quitter les lieux
mercredi 24 juin sous la double pression de la CGT, qui a tenté de les déloger, et de la police, restée à l'extérieur, selon des sources concordantes.
Devant "l'impasse" des discussions avec les occupants depuis plusieurs
mois, la CGT de Paris avait mobilisé dans la matinée "plusieurs
dizaines" de militants pour les déloger, selon le syndicat.
Selon un communiqué de la coordination nationale des sans-papiers, "une centaine de nervis du service de sécurité de la CGT
portant des cagoules, armés de barres de fer, de bâtons, de gaz
lacrymogènes ont pénétré vers 11h30 au sein de la Bourse (...) se sont
jetés sur les présents, notamment des femmes et des enfants pour les
jeter dehors". "Ils sont arrivés à plus de 60 en hurlant, avec des
planches et des gazeuses. C’était vraiment très impressionnant",
affirme Rodolphe Nettier, président de l’association SOS soutien aux
sans-papiers. Interrogée par nouvelobs.com, Bernadette Citot,
responsable de la communication de la CGT Paris, déclare de son côté
que les "forces syndicales ont d'abord demandé aux occupants de quitter
les lieux pacifiquement. Ce qu'un tiers environ ont fait. Ceux qui
restaient ont ensuite balancé tout ce qui leur tombait sous la main
dans la cour et sur les militants CGT. Des violences ont suivi à
l'extérieur, et c'est à ce moment que la police est intervenue."

Gaz lacrymogènes



Selon Edgar Fisson, responsable de la commission administrative de la
Bourse du travail, regroupant sept syndicats, "une négociation" s'est
ensuite engagée entre la mairie de Paris, propriétaire des locaux, la
commission administrative et les occupants, le commissaire de police du
quartier menant les discussions.
"Une centaine de policiers" venus en cars, selon de nombreux témoins, stationnaient pendant ce temps à proximité.
"Les derniers occupants ont négocié la possibilité de récupérer leurs
affaires personnelles. Ils ont sans doute eu peur d'une intervention
policière", a affirmé Edgar Fisson.
Après la fin de l'occupation, selon une membre du collectif des
associations de sans-papiers, la police a fait usage de gaz
lacrymogènes pour tenter de disperser une soixantaine de sans-papiers
qui s'étaient regroupés devant la Bourse du travail. Des femmes et des
enfants ont été emmenés à l’hôpital, en raison du gaz et des
bousculades, affirme Rodolphe Nettier, qui indique que des poursuites
vont être intentées par des militants de SOS soutien aux sans-papiers
et des sans-papiers contre la CGT et la police. Selon la préfecture de
police, il a été fait usage d'un seul aérosol lacrymogène, lorsqu'un
manifestant s'est violemment opposé aux forces de police.

"En première ligne pour la régularisation de travailleurs"



Des dizaines de sans-papiers, jusqu'à 200 selon la CGT, occupaient
depuis le 2 mai 2008 plusieurs étages de ces locaux. A l'initiative de
la "coordination 75 des sans-papiers", ils entendaient au départ
"demander une aide à la régularisation de leur dossier", selon le syndicat.
"Toutes les propositions" de la CGT et des autres syndicats "pourtant
très constructives et d'ordre pratique, ont été refusées par la
coordination", a affirmé l'Union départementale CGT dans un communiqué,
alors que la CGT avait été "en première ligne pour la régularisation de
travailleurs sans papier".
La préfecture de police de Paris (PP) a indiqué que "la police, présente à proximité (des lieux) pour encadrer une manifestation a assisté à l'intervention de personnes de la CGT à la Bourse du travail sans intervenir".

"Pas une opération punitive"




Dans l'après-midi, selon la PP, "elle a été requise par des
sans-papiers" qu'elle a "escortés à l'intérieur de la Bourse afin de
récupérer (leurs) affaires".
Edgar Fisson s'est déclaré "assez satisfait que la police n'ait pas eu
à entrer dans la Bourse du travail". "Ce n'était pas une opération
punitive" menée par les syndicats et "nous avons insisté auprès de la
police pour dire qu'il était hors de question de cueillir les sans-papiers à la sortie", a-t-il ajouté.
Vers 19H00, des ex-occupants retiraient leurs affaires de la bourse du
Travail, sous la surveillance de forces de police qui ont installé des barrières sur une partie du trottoir.
En début de soirée, environ 400 personnes, selon un sans-papier,
refusaient de quitter les abords du local aux cris de "libérez les
sans-papiers".
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MessageSujet: Re: Bourse du Travail évacuée par la police et la CGT   Jeu 25 Juin - 19:59

Ci-dessous le texte de la CGT paru sur Bellaciao, et mon commentaire ( comme déjà ce matin, l'article de Patrice Bardet n'est pas passé, ainsi que les commentaires attenants, je préfère le poster par sécurité ici )
http://bellaciao.org/fr/spip.php?article88118#forum334578


Je suis syndicaliste CGT depuis quelques décennies, et aussi particulièrement sensible, voire actif, dans la lutte des sans-papiers.
Chez moi, pas d'anti-CGT primaire ( ni secondaire ), j'adhère depuis longtemps aux combats sociaux de la CGT, et le discours et l'action de ce syndicat concernant la solidarité internationale me va.

je ne vais pas reprendre tout l'exposé entrepris plus haut, mais il s'agit de se mettre à la place des personnes concernées; elle n'ont pas de job, donc qui les défend ? La valeur travail est la seule qui soit entendue, " légitime"?

L'occupation des salles gêne, soit; mais quand ce sont des églises ou lieux paroissiaux ( je ne suis pas croyant ), est-ce que celà ne gêne pas ? Dans ce cas, les organisations syndicales apportent tout de même leur appui, à juste titre; j'ai participé à ce genre de soutien avec le syndicat CGT, dans la région où j'habite.
Faites ça ailleurs, mais pas ici, dois-je conclure!
D'ailleurs, des locaux CGT ont été déjà occupés, et celà s'est réglé au mieux!

Les personnes sans papiers, sans boulot, ont-elles le choix des moyens, de lieux quand elles n'ont que leur peau à faire valoir, leur cri, leur souffrance, leur désarroi!

Et puis, enfin, la méthode utilisée! Vous qui organisez des réunions, des conférences, des formations,..qui savez donc manier la parole, n'avez rien trouvé de mieux que d'envoyer des hommes armés de gourdins, en guise de dialogue! Et avec l'appui des flics de Hortefeux! C'est révoltant, et j'en ai autant pour les autres O.S du CA de la Bourse du travail.

Comme j'écrivais ce matin en approuvant le message de patrice bardet ( lui aussi remonté devant de telles pratiques ), Pelloutier, au secours !
Ces messages d'ailleurs ne sont pas passés, bizarre!
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MessageSujet: Re: Bourse du Travail évacuée par la police et la CGT   Jeu 25 Juin - 20:08

Je suis élu CGT depuis 10 ans. Et je ne me gène pas de dénoncer les dérives et les directions anti syndicalistes des syndicats (y compris la CGT).
Ils se prennent vraiment pour des partenaires sociaux !

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MessageSujet: Re: Bourse du Travail évacuée par la police et la CGT   Jeu 25 Juin - 20:13

Voici le texte de Patrice Bardet que j'ai reçu par d'autres rézeaux



Commentaire personnel après le communiqué de la CNSP ( je suis syndiqué à
> la CGT depuis le.... 1° avril 1975 !
> La honte, la colère ! C'est une trahison de classe, gravissime
> Ils ont osé !
>
> La décision s'est prise au plus haut niveau de la confédération : il n'y a
> absolument aucun doute
>
> Un des porte parole de la CNSP a eu au téléphone le responsable de l'Ud75 ce
> matin pendant deux heures, extrêmement gêné de la "situation", et qui
> renvoie la responsabilité de cet acte inqualifiable sur la confédération.
>
> Pour parler clair et sans ambage : Francine Blanche. Pour enfoncer le clou,
> une telle décision ne peut se prendre sans l'assentiment de Bernard Thibault
> Je ne décolère pas depuis ce soir où j'ai appris la nouvelle, inqualifiable
> !
> Aussi grave de conséquences que le bulldozer fasciste de Vitry ...
>
> Je crains que nous soyons près de la rupture, semblable à celle qui a amené
> nos camarades à fonder la CGTU après la grande boucherie
>
> Je ne le souhaite pas, bien au contraire, mais.... au vu des derniers
> évènements, elle me semble inéluctable; non pas que nous l'ayons voulue,
> même involontairement, mais parce que certains nous y conduisent
>
> Bon nombre d'entre nous font le grand écart : mais, camarades, gare à la
> déchirure !
>
> Ce soir, J'ai mal à ma CGT
> Le 49° congrès de notre CGT devra se positionner. Personnellement, et cela
> n'engage que ma vie de militant, j'en tirerai les conclusions nécessaires,
> après 35 ans d'adhésion tumultueuse, mais oh combien riche de camaraderie
>
> Je ne souhaite pas quitter la CGT, mais y serais-je contraint et forcé ?
>
>
> fraternellement
> Patrice
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MessageSujet: Re: Bourse du Travail évacuée par la police et la CGT   Ven 26 Juin - 7:12

C'est bien ce qui me semblait: je ne vais pas faire monter plus que ça ne vaut, cette affaire ( médiatisation de l'évacuation sur un site engagé ), mais Bellaciao est pour le moins sélectif dans ses articles.

Les avis concernant cette grave agression des sans-papiers de la BDT, même quand ils sont argumentés et non-agressifs ( alors que l'on peut comprendre des réactions plus épidermiques ) ne sont publiés sur ce site, qu'en fonction de leur tonalité, de préférence légitimant cette action.

Je ne suis pas prêt d'y retourner, voire de le lire.
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MessageSujet: Re: Bourse du Travail évacuée par la police et la CGT   Ven 26 Juin - 19:09

Si ça peut te rassurer, j'ai été censuré déjà bon nombre de fois chez eux ... ce n'est pas nouveau.
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MessageSujet: Re: Bourse du Travail évacuée par la police et la CGT   Ven 26 Juin - 20:33

Celà ne me rassure pas, et me déçoit plutôt.

Je les croyais capable d'autre chose; c'est du tout petit niveau.
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MessageSujet: Re: Bourse du Travail évacuée par la police et la CGT   Dim 28 Juin - 1:00

La première fois, j'ai été surpris ; la deuxième fois, déçu ; désormais je n'en tiens plus cas : j'écris et on verra bien ...
C'est un des sites publics les moins pires, l'air de rien ...
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MessageSujet: Re: Bourse du Travail évacuée par la police et la CGT   Dim 28 Juin - 9:29

Chien Guevara a écrit:
La première fois, j'ai été surpris ; la deuxième fois, déçu ; désormais je n'en tiens plus cas : j'écris et on verra bien ...
C'est un des sites publics les moins pires, l'air de rien ...

Tu prend des gants!
au cas ou ils viennent, ici, lire tes critiques sur eux.

T'as raisons si tu as d'autres messages à mettre chez eux Wink
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MessageSujet: Re: Bourse du Travail évacuée par la police et la CGT   Lun 29 Juin - 1:57

J'ai récemment eu 2 commentaires de Roberto Ferrario (fondateur de Bellaciao) sur des articles de mon site ; preuve qu'ils viennent déjà tout près !! Laughing

ça ne m'empêchera pas de dénoncer ce que je veux contre eux parfois, et je confirme, sans fayotage, ni interêt personnel que Bellaciao est un des sites participatifs les moins censureurs.
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MessageSujet: Re: Bourse du Travail évacuée par la police et la CGT   Lun 29 Juin - 6:44

Bonjour,
lundi 29 juin 2009 : sérieux risque de dispersion par la police des sans papiers qui occupent le trottoir du boulevard du temple devant la bourse du travail dont ils ont été expulsés manu militari par la milice de la CGT.
Il y a aussi un très grand risque d'interpellation des SP.

La Coordination des Sans Papiers de Paris (CSP 75) appelle à un rassemblement d'URGENCE de soutien ce lundi 29 juin à partir de 14h devant la bourse du travail (angle rues Charlot et Boulevard du Temple - M° République ou Filles du Calvaire).

Je souhaiterai que vous passiez mon mail sur toutes vos listes afin de mobiliser le plus largement possible.

Merci de votre bienveillance.
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MessageSujet: Re: Bourse du Travail évacuée par la police et la CGT   Lun 29 Juin - 18:03





Commando 1
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MessageSujet: Re: Bourse du Travail évacuée par la police et la CGT   Lun 29 Juin - 18:06



COMMANDO 2
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MessageSujet: Re: Bourse du Travail évacuée par la police et la CGT   Mar 30 Juin - 0:21

Je n'ose pas imaginer, si une guerre survenait ... Qui tuerait qui ? Qui dénoncerait qui ? Comment trouverions-nous un "clan" sur ?
Société de nombrilistes, je vous hais !!
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MessageSujet: Re: Bourse du Travail évacuée par la police et la CGT   Mar 30 Juin - 5:11

Les sans-papiers expulsés de la Bourse du travail


http://www.flickr.com/photos/rue89/sets/72157620713990198/show/
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MessageSujet: Re: Bourse du Travail évacuée par la police et la CGT   Mar 30 Juin - 5:23

BOURSE DU TRAVAIL : EN SORTIR PAR LE HAUT



Une nouvelle réunion est prévue le mercredi 1er juillet à 19h00 à l’EDMP.



Une réunion s’est tenue samedi 27 juin regroupant des représentants du CSP 75, d’associations (ATTAC, FASTI, GISTI, RESF, SOS Racisme), de syndicats (FSU, SUD Education, CNT) et de partis politiques
(Alternatifs, Parti de Gauche, PCF, NPA, Verts) pour envisager les moyens de sortir de la situation engendrée par l’affaire de la Bourse du travail, de son occupation il y a 14 mois à son évacuation il y a quelques jours.



En préambule, RESF a rappelé de façon très claire les objectifs de la réunion, énoncés dans l’appel :

-
l’engagement de ne pas revenir au cours de cette réunion (et de celles qui suivront) sur le passé et sur les responsabilités éventuelles des uns et des autres dans cette affaire. Il a réaffirmé que, dans la situation de conflit passionnel actuelle, la seule position qui soit tenable consiste à dire, à répéter, que des erreurs (et peut-être plus) ont sans doute été commises, probablement de part et d'autre, mais que cela ne peut pas être la question de l'heure. Il faudra faire un bilan, quand nous serons sortis de la crise actuelle. Il faudra voir, comprendre ce qui s'est passé, quelles fautes ont été commises, par qui et quand. Mais cela ne peut pas être la question d’aujourd’hui.

-
la question à résoudre d’urgence est de savoir comment sortir de l'impasse. Il y a des dizaines, des centaines de sans papiers à la rue, menacés à tout moment d'une possible intervention policière. L’objectif de
la réunion est donc bien de trouver une issue à cette situation d’urgence.

- la ligne directrice est de ne pas oublier que c'est le gouvernement qui est responsable de cette
situation. Elle n'existe que parce qu'il refuse la régularisation. Que les ex-occupants de la Bourse obtiennent des papiers et tous les problèmes disparaissent.



Ces différents points, et en particulier le premier, ont été réaffirmés clairement au cours de la discussion
chaque fois que nécessaire. L’engagement de ne pas revenir au cours de cette réunion (et de celles qui suivront) sur le passé et sur les responsabilités éventuelles des uns et des autres dans cette affaire a été tenu. Au-delà des désaccords possibles entre les participants, l’unanimité s’est faite pour estimer que la responsabilité première de la situation incombe au gouvernement.




Suite à l’intervention de RESF, un représentant du CSP75 a fait, au nom du CSP un bilan de la situation telle
qu’elle se présentait au moment de la tenue de la réunion, samedi matin. C. Lambert, directeur de cabinet du préfet de police s’est rendu jeudi soir devant la bourse du travail. Une délégation a été reçue vendredi à la préfecture. Les discussions ont porté entre autres sur la durée de séjour sur le territoire français requise pour l’obtention des papiers. Le préfet a déclaré ne pas être le décideur dans ce dossier. Il devait transmettre les dossiers et les revendications au ministre. Pour le moment, il n’y a pas de retour du
ministère.



Le même représentant du CSP 75 a ensuite présenté les demandes de la coordination 75, reprises et développées ensuite au cours de la réunion par divers intervenants du CSP75.

- demande d’un local afin de pouvoir continuer la lutte pour la régularisation des sans papiers et en particulier pour assurer le suivi des 1200 dossiers déposés par la coordination 75 il y a deux mois. Les divers
intervenants ont insisté sur le fait que pouvoir rester tous sur un même lieu leur paraît une condition nécessaire à la poursuite de leur lutte.

- Demande d’une aide face à la situation d’urgence dans laquelle ils sont aujourd’hui.



La question de l’élargissement au-delà des évènements de la bourse du travail a aussi été posée. L’ensemble
des acteurs engagés auprès des migrants n’étant pas présent à la réunion de samedi matin, il a été décidé de fixer une nouvelle réunion le mercredi 1er juillet à 19h00.

Il a été affirmé de nombreuses fois l’importance de l’initiative de cette réunion et de celles à suivre dans
la construction ou reconstruction d’une dynamique collective des divers acteurs engagés dans la défense des droits des migrants



Au cours de la séance de discussion qui a suivi, ces thèmes ont été repris et développés. Il a été
décidé :





- de contacter un maximum d’organisations qui soutiennent habituellement les sans papiers et
absentes aujourd’hui, pour les impliquer dans l’action et s’assurer de leur présence mercredi prochain. Un groupe de travail s’est chargé d’écrire pendant le week-end une déclaration commune avec pour but qu’elle soit signée par le maximum d’associations, syndicats, partis, personnalités,….



- Concernant la demande de local, la question du statut et de la destination de ce local a été posée : solution pour quitter le Bd du Temple ou local pour les sans papiers à plus long terme ? Il semble clairement établi que la demande du CSP est celle d’un lieu visible, pour mener leur mobilisation en vue de l’objectif principal qui est la régularisation.



- Concernant la situation d’urgence, il a été proposé que des courriers partent rapidement en direction des divers organismes susceptibles de prendre des mesures d’urgence (Croix Rouge, MSF,….) afin de
parer aux premières nécessités (situations sanitaires, apport d’eau courante,…). L’engagement de ces divers acteurs est aussi un point important en soi.





Devant l’urgence absolue de la situation des ex-occupants de la Bourse du travail, les membres des divers
organisations, associations, syndicats, partis politiques appel à une mobilisation forte et à une présence visible autour des centaines de sans papiers à la rue, menacés à tout moment d'une possible intervention policière
pouvant déboucher sur le placement en rétention et l’expulsion de plusieurs dizaines, voire de centaines d’entre eux.
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MessageSujet: Re: Bourse du Travail évacuée par la police et la CGT   Mer 1 Juil - 6:54

Je viens de recevoir ce mail d'un des rédacteurs du "journal de la BdT occupée". Je laisse la parole à celles qui ont quelque chose à dire et qui le vivent au quotidien; -


Expulsion de la CSP 75 de la Bourse du travail
La voix des femmes

Le 24 juin, jour de l'expulsion, et les deux jours suivants où le campement pour la nuit a commencé à s'organiser, à prendre une allure moins précaire, déterminée à durer, ont été des jours de forte tension. Non seulement à la suite des violences de la CGT relayées par celles des forces de police. Mais encore à cause de la
pression physique exercée par ces dernières sur les quelque six cents sans-papiers qui cherchaient à s'installer tant bien que mal sur le trottoir du boulevard du Temple, en face de la Bourse du travail.
De toute évidence, les autorités, tant de police que municipales, faisant fi de leurs obligations de secours envers une partie de population, et considérant sans doute les occupants de la Bourse du travail comme des squatters et non des travailleurs en lutte, pensaient faire fléchir leur détermination par des mesures
d'intimidation inhumaines. Inhumaines au sens juridique : contraires aux droits de l'homme, de la femme, de l'enfant, les plus élémentaires.
Ces mesures se résument en deux mots : les prendre par la faim et par la soif. Les priver ? et d'abord les femmes et les enfants ?
de nourriture et d'eau. Et jusque de l'usage des toilettes des rues, pour motif de « protection du mobilier public ».
(Un gendarme-chef dixit)
Pendant deux jours, un épais cordon de paniers à salade, de gendarmes et CRS, a encerclé le campement de fortune, empêchant toute personne solidaire ou simplement touchée par la vue de ces hommes, et de ces
femmes et de ces enfants, de faire passer un peu de nourriture ou une bouteille d'eau minérale, fouillant les sacs à main, séquestrant jusqu'au moindre sandwich. Inutile de protester : « Mais c'est pour les enfants ! ».
Les ordres sont les ordres. Ainsi que l'a demandé un sans-papiers à un gendarme âgé et impassible : « Mais vous êtes donc des robots ou des hommes ? »
C'est dans ce climat qui a vu jusqu'au chef de cabinet du préfet de police de Paris se déplacer deux fois sur les lieux pour parlementer, qu'une délégation invitée en préfecture est revenue, le soir de jeudi 25, se faisant porteuse des promesses préfectorales : rediscuter les critères de régularisation à condition que le campement commence à se dégarnir, que les personnes âgées, les malades, les femmes et les enfants quittent la nuit le boulevard du Temple.
À ces mots, levée de boucliers des femmes. Elles se sont dressées comme un seul corps : « Nous sommes là, nous ne bougerons pas ! Nous resterons là jour et nuit jusqu'à notre régularisation ! »
La rapidité, l'unanimité et la détermination de la riposte ont été assez frappantes pour que notre journal cherche à donner la parole à cette voix des femmes.
Neuf d'entre elles ont accepté de dire comment elles voient la phase actuelle de leur lutte. Précisons que toutes étaient présentes le 24, certaines à la Bourse du travail, d'autres à la manifestation. D'après leurs témoignages, entre autres, est rédigé aussi un article sur les événements de cette journée.

Toutes les colonies françaises sur le trottoir

La première voix est celle de Mahi. Elle tient à préciser qu'elle ne parle pas qu'en son nom propre, mais « au
nom de toutes les femmes de la Bourse du travail ».
Elle donne le ton en plaçant d'emblée leur situation dans la problématique du colonialisme français.
« Là, sur tous ces matelas, tout autour de nous, il y a toutes les anciennes colonies françaises. Il n'y a en fait que les colonies françaises. Nos parents ont tout donné pour la France, on devrait y être accueillis à bras ouvert, au contraire on nous repousse et on nous fait la chasse. Mais même si les Français construisaient des
murs jusqu'au ciel, nous viendrons, rien ne peut nous arrêter. Car nous venons pour fuir la misère et pour travailler. C'est la misère qui nous pousse, non la pauvreté. La misère, en Afrique, c'est terrible, rien à voir avec la pauvreté. Nous avons le droit, en France, de travailler en règle. Être sans-papiers ce n'est pas du travail, c'est de l'esclavage. »
Toutes les femmes (des Ivoiriennes, des Sénégalaises, des Maliennes?) approuvent ces mots et certaines renchérissent. Parmi toutes, la voix la plus forte est celle de la jeune Corinne.
« Liberté, égalité, fraternité? ce ne sont que des paroles écrites. En France, les animaux sont plus considérés, ont plus de droits que nous. Il vaut mieux être un chien qu'un homme ou une femme sans-papiers dans le "pays des droits de l?homme". C'est pour nous tenir dans l'esclavage qu'ils ne nous donnent pas de
papiers. C'est encore pire que de l'esclavage. Tous les sales boulots sont pour nous. Les boulots sales, les petits boulots précaires et sous-payés. Ils profitent de la misère de nos pays, sans cette misère nous ne serions pas ici. Nous ne sommes pas venus pour dormir dans la rue, mais pour travailler honnêtement. J'ai
commencé à travailler à quatorze ans quand mon père est mort.
Pour subvenir aux besoins de ma mère et de mes frères et les faire étudier. Mais je ne gagnais pas assez, alors je suis venue en France. Depuis quatre mois je n'ai pas pu envoyer d'argent. Même en galérant, même en me privant du nécessaire, comme beaucoup d'autres. Ceux qui vous disent qu'ils envoient de l'argent
régulièrement, c'est qu'ils se privent du nécessaire. Au pays ils croient qu'ici c'est l'eldorado et si tu n'envoies pas d'argent ils pensent que tu le gardes pour toi. »
Toutes les femmes racontent des histoires personnelles non moins pénibles.
Histoires de misère, d'espoirs déçus, de conditions de vie extrêmement dures, d'exploitation féroce, de maladie. Toutefois, dit Mahité, malgré la peur au ventre, malgré les hauts et les bas d'une vie telle que la nôtre, « on fait avec, on s'entraide, c'est ce qui nous sauve, nous les Africains on est habitués à vivre en communauté, unis, comme ici dans la rue : nous sommes ici les colonies françaises dans l'union ».

Rester ici et aller jusqu'au bout de la lutte

C'est encore Mahi qui donne le ton. Le consentement unanime lui est acquis dès ses premiers mots : car (dira une femme) « il n'y a pas d'autre moyen pour faire plier les autorités ».
« Pourquoi nous les femmes ne voulons pas partir d'ici ?? Si les femmes et les enfants partent, les policiers auront vite fait d'embarquer tous les hommes qui restent. On préfère dormir dans la rue et aller
jusqu'au bout. Les propositions de la préfecture sont pour casser le mouvement. Les "critères", c'est encore le cas par cas. Nous les femmes disons : sans critères ni conditions !Nous sommes ici, nous, nos maris, les hommes, nous travaillons ici, on doit tous être régularisés. La préfecture veut-elle qu'on dégage ? Qu'elle ouvre un guichet ici même. Dès qu'on aura nos régularisations, nous partirons. Nous ne voulons pas d'un autre lieu à occuper. Ce serait la même chose. Et puis c'est pour nous cacher. Sur ce trottoir nous ne sommes pas cachés. Plus tard on recommencerait à nous expulser. Et nous, à être de nouveau dans la
rue. Il faut rester ici et continuer la lutte ici. Nous ne sommes pas critiques envers les délégués. Car nous savons pourquoi ils nous ont demandé de partir, ils l'ont fait pour nous et pour les enfants, ils pensent que nous sommes faibles. Mais c'est le contraire. Nous sommes fortes, et déterminées à rester. »
À ces mots font écho ceux de Soul : « Avant, à l'intérieur de la Bourse, on était cachés, quatorze mois en cachette. Maintenant on est exposés, on est bien en vue. Ce serait fou de s'en aller. Maintenant on est plus forts ! »
Et ceux de Djénéba : « On est là, on ne bouge pas. Tout autre choix serait un recul de notre lutte. Même s'il pleut, même s'il neige, on est là !
Oui, même s'il neige. Même jusqu'à l'hiver ! »

[Paris, 28-6-09. Article à paraître dans le numéro 13 du Journal de la Bourse du travail occupée.]

"Soyons touTEs des électrons libres et de notre union naîtra la bombe atomique sociale"
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