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 Les Haïtiens veulent Aristide et personne d’autre!

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MessageSujet: Les Haïtiens veulent Aristide et personne d’autre!   Sam 13 Juin - 21:03

Les Haïtiens veulent Aristide et personne d’autre!
09 juin 2009 - André Maltais
http://lautjournal.info/default.aspx?page=3&NewsId=1653

En faisant tout récemment de Bill Clinton l’envoyé spécial des
Nations-Unies pour Haïti, le Secrétaire général Ban Ki-Moon demande à
l’ex-président des États-Unis de « stabiliser un pays qu’il a lui-même
aidé à déstabiliser ».

Ainsi s’exprime le correspondant de la chaîne de télévision
latino-américaine Telesur, Jeremy Scahill, qui appelle l’ONU à « faire
la lumière sur le rôle joué par la communauté internationale dans la
destruction et l’échec du gouvernement constitutionnel en Haïti ».

Clinton, rappelle Scahill, arrive au pouvoir en 1992, soit un an après
que les États-Unis eurent appuyé le coup d’état du général Raoul Cédras
et de ses bandes paramilitaires (les FRAPH) contre le gouvernement élu
de Jean-Bertrand Aristide.

Pendant que, en public, Clinton et ses conseillers expriment leur
consternation, dans la pratique, ils conditionnent le retour d’Aristide
à l’adoption de politiques néolibérales et surtout à la non-prolongation
de son mandat pour compenser le temps perdu en exil.

De plus, poursuit Scahill, Aristide devait remplacer son discours social
par celui de la réconciliation entre riches et pauvres et inclure
plusieurs de ses anciens opposants dans un futur gouvernement de coalition.

Pendant ces trois interminables années de négociations, les forces
conservatrices haïtiennes s’incorporent partout dans les institutions du
pays. Et, bien sûr, les États-Unis peuvent d’autant plus impunément
contrôler Haïti qu’ils interviennent contre les « méchants »
instigateurs d’un coup d’état.

Aujourd’hui, Bill Clinton revient s’occuper d’Haïti, cette fois après
que le même Aristide que la population persiste à élire, eut été
séquestré et déporté de son propre pays et en pleine nuit, par des
officiels états-uniens avec l’active complicité du Canada et de la France.

Dans un article paru sur le portail internet Global Research, Jean
Saint-Vil nous apprend que c’est à Gatineau, au Québec, que, les 31
janvier et 1er février 2003, le gouvernement canadien de Paul Martin
organise secrètement la première réunion de planification de ce second
renversement d’Aristide.

Baptisée « Initiative d’Ottawa sur Haïti », la rencontre à laquelle
aucun Haïtien ne participe, conclue d’imposer à Haïti une tutelle de
type de celle alors exercée au Kosovo, de ressusciter les forces armées
haïtiennes dissoutes par Aristide et de former une nouvelle force de police.

Pendant l’année qui précède la déportation d’Aristide, nous dit
Saint-Vil, l’aide canadienne de l’ACDI est allée en grande partie aux
groupes de pression anti-Aristide comme la Coalition nationale des
droits des haïtiens (CNDH).

Au lendemain du coup d’état, cette ONG demande au Canada et reçoit «
dans un délai de moins de cinq jours ouvrables », précise Saint-Vil, un
nouveau montant de 100.000 dollars pour aider « les victimes du régime
Lavalas ». Le rapport qui s’ensuit mène directement à l’emprisonnement
du premier ministre Yvon Neptune sur de fausses accusations de génocide.

Dix mois plus tard, soit le 6 décembre 2004, le gouvernement canadien
annonce une nouvelle aide à Haïti et, aussitôt, le président haïtien de
facto, Gérard Latortue, consacre 29 millions $ à la remobilisation
d’ex-soldats et paramilitaires que, depuis deux ans, la CIA recrutait et
entraînait en République-Dominicaine voisine.

Wooldy Edson Louidor et Angelica Rocio Lopez Granada, dans un article
paru sur le site internet Rebelion, soulignent que le budget du
gouvernement Préval dépend à 60% de l’aide étrangère.

Malgré cela, disent-ils, à l’approche de la nouvelle saison des
ouragans, les 800.000 victimes des quatre tempêtes de 2008 sont plus
vulnérables que jamais et, un an après les violentes émeutes de la faim,
la Coordination nationale de la sécurité alimentaire affirme que plus de
trois millions d’Haïtiens sont affectés par l’insécurité alimentaire.

Dans le même sens, Saint-Vil dénonce « la contradiction incroyablement
gênante entre l’aide multimillionnaire que le Canada destine à la
reconstruction de la police haïtienne et du système de justice et le
fait que, selon plusieurs études indépendantes, ces mêmes institutions
sont aujourd’hui en pire condition qu’il y a cinq ans ».

Depuis le coup d’état de 2004, en plus de la police de Port-au-Prince,
l’occupant canadien est responsable du Bureau de lutte contre le trafic
de stupéfiants et de l’unité anti-kidnappings, deux institutions
devenues particulièrement inefficaces.

Outre l’argent et les armes, Saint-Vil pointe aussi le racisme et la
solidarité de classe en tant que piliers du régime d’après-2004.

En caricaturant les supporteurs d’Aristide en « chimères » et en «
bandits », écrit-il, « les médias ont réussi à unir tous les partis
politiques derrière les forces étrangères, même la plate-forme Lespwa,
de René Préval, ex-compagnon d’Aristide dont la victoire électorale de
2006 a pourtant été sauvée par les protestations massives de la
population ».

Saint-Vil souligne « l’étroit réseau de liens entre ambassadeurs de
Port-au-Prince, directeurs d’ONG, importateurs d’aliments et
propriétaires d’usines d’assemblages; tous vivant dans les mêmes
quartiers, envoyant leurs enfants dans les mêmes écoles et se créant une
appartenance commune de type apartheid (…) une mentalité de classe
assiégée qui doit se protéger des autres sauvages ».

Dans ce contexte, il est important pour les occupants étrangers que des
élections soient régulièrement tenues même si elles n’ont de
démocratique que le nom.

La dernière de celles-ci avait lieu le 19 avril. Ce jour-là, la
population haïtienne devait combler douze des trente postes de sénateurs
du pays sans pouvoir voter pour un seul candidat du parti de
Jean-Bertrand Aristide, Famni Lavalas.

C’est que, le 6 février dernier, le Conseil électoral provisoire (CEP)
d’Haïti avait purement et simplement disqualifié tous les candidats de
Lavalas au motif que leurs papiers d’enregistrement ne portaient pas la
signature d’Aristide (qui est en exil!), une procédure invoquée pour la
toute première fois.

Après l’annonce, rapporte l’agence haïtienne Radio métropole, les
officiels du CEP n’étaient pas disponibles pour commenter leur décision.
S’attendant à des protestations, ils s’étaient barricadés d’avance dans
leurs quartiers généraux, bien protégés par les tanks de la MINUSTAH
(Mission des Nations-Unies pour Haïti).

Les dirigeants de Lavalas ont répliqué en poursuivant le CEP et en
appelant au boycottage des élections sénatoriales.

Un juge, Jean-Claude Douyon, a donné raison aux poursuivants, statuant
que le CEP devait réintégrer les candidats Lavalas dans le processus
électoral. Quelques jours plus tard, Douyon était congédié pour «
corruption » par le ministre de la justice de René Préval, Jean-Joseph
Exume!

Mais le plus bel appui qu’a reçu Lavalas et que Bill Clinton fera sans
doute semblant d’ignorer, est l’incroyable réponse de la population au
boycottage des élections. Le 19 avril, en effet, journée nationale
d’élections, seulement 3% de la population s’est présenté aux bureaux de
scrutins!

Redoutant de nuire le moindrement à la politique étrangère canadienne et
malgré l’importante communauté haïtienne de Montréal, aucun grand média
québécois n’a rapporté cet extraordinaire acte de résistance pacifique
d’un peuple qui, depuis 200 ans, est parmi ceux qui ont le plus souffert!

« Nous voulons féliciter la Communauté internationale pour son
hypocrisie, ironise Ronald Fareau, l’un des leaders de Lavalas. Ils ont
dépensé plus de 17 millions de dollars pour une autre fraude électorale
en Haïti pendant que la population souffre de malnutrition et
d’illettrisme ».

Voir aussi :
À la défense d’Aristide par Jean-Marie GAUTHIER - 26 mai 2009
http://lautjournal.info/default.aspx?page=3&NewsId=1624
L’auteur est Conseiller Principal d’Education
LPP de Blanchet - Basse-Terre (Guadeloupe)
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