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 Les mensonges de Reporters sans frontières sur Cuba

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Date d'inscription : 12/10/2008

MessageSujet: Les mensonges de Reporters sans frontières sur Cuba   Sam 13 Juin - 20:47

Les mensonges de Reporters sans frontières sur Cuba
Salim LAMRANI
http://www.legrandsoir.info/article8655.html
photo : Yoani Sanchez, célèbre blogueuse "clandestine", surfant
tranquillement dans le lobby d’un hotel cubain - photo prise par
ceux-là même qui coyaient à son histoire...

Le 20 mai 2009, Reporters sans frontières a publié une déclaration
sur Cuba dans laquelle elle affirme que « n’importe qui peut
naviguer sur Internet… sauf s’il est Cubain ». Pour étayer son
propos, RSF présente une vidéo filmée en caméra cachée d’une scène
où un Cubain se voit interdire l’accès à Internet dans un hôtel.
L’organisation ajoute qu’un « internaute risque jusqu’à 20 ans de
prison s’il publie un article ‘contre-révolutionnaire’ (article 91)
sur des sites Internet et cinq ans s’il se connecte illégalement a
Internet ». Enfin, RSF rappelle que « Cuba reste la deuxième prison
du monde pour les journalistes après la Chine » en soulignant que «
24 professionnels des médias » sont « emprisonnés sous le prétexte
fallacieux d’être ‘des mercenaires à la solde des Etats-Unis (1) ».

Il est aisé de mettre RSF face à ses contradictions. En effet, alors
que l’organisation parisienne affirme qu’aucun Cubain ne peut se
connecter à Internet, elle met en lien… « le texte de la bloggeuse
Yoani Sanchez », qui vit à Cuba et qui se prononce ouvertement
contre le gouvernement de La Havane à travers Internet. Comment
Sanchez fait-elle pour s’exprimer si elle n’a pas accès à Internet ?
Sa dernière intervention date du 27 mai 2009. Elle s’est également
exprimée le 25 mai, le 23 mai, le 22 mai, le 19 mai, le 18 mai, le
16 mai, le 15 mai, le 13 mai, le 10 mai, le 9 mai, le 7 mai, le 6
mai, le 4 mai, le 2 mai, le 29 avril, 28 avril, 27 avril, 26 avril,
25 avril, 23 avril et 21 avril 2009. Ainsi, dans le mois précédant
la publication de la déclaration de RSF sur Internet à Cuba, Yoani
Sanchez a pu se connecter, depuis Cuba, au moins 18 fois à Internet (2).

RSF n’hésite pas à se contredire d’une publication à l’autre. Ainsi,
dans un rapport de mars 2008 au sujet des journalistes indépendants
à Cuba, l’entité parisienne souligne que « le blog de Yoani Sánchez
s’inscrit dans un portail plus vaste, Consenso/Desdecuba.com, animé
par cinq blogueurs et un conseil de rédaction de six personnes. Son
objectif est essentiellement de commenter l’actualité politique du
pays. Le site peut se targuer d’avoir franchi la barre de 1,5
million de clics en février dernier après un an d’existence, dont
800 000 vont au blog Generacion Y. Plus impressionnant encore, 26%
des visiteurs sont domiciliés à Cuba, en troisième position derrière
les États-Unis et l’Espagne (3) ». Une simple question : Comment «
26% de ses lecteurs qui sont Cubains » peuvent-ils consulter le blog
de Sanchez si Internet leur est interdit (4) ?

RSF a utilisé ainsi un cas isolé d’un seul hôtel cubain par le biais
d’une caméra cachée pour généraliser l’interdiction d’Internet à
l’île tout entière et stigmatiser les autorités cubaines. Ironie de
l’histoire, dans son intervention du 23 mai 2009, Yoani Sánchez
affirme « que nous avons mené une enquête avec une douzaine de
blogueurs dans plus de quarante hôtels de la ville. A l’exception de
l’Occidental Miramar, tous ont affirmé ne pas avoir connaissance de
la régulation qui interdisait l’accès des Cubains à Internet ». La
bloggeuse favorite des médias occidentaux contredit ainsi de manière
flagrante les allégations de RSF (5).

RSF affirme ensuite que toute personne publiant un article critique
à l’égard du gouvernement cubain est passible de 20 ans de réclusion
et cite en guise de support à ses propos l’article 91, sans fournir
davantage de précisions. Que dit l’article 91 du Code pénal cubain ?
Le voici dans son intégralité : « celui qui, au nom d’un Etat
étranger, réalise un acte dans le but de porter atteinte à
l’indépendance de l’Etat cubain ou à l’intégrité de son territoire,
sera passible d’une privation de liberté de dix à vingt ans ou de la
peine capitale ». Comme cela est aisément constatable, RSF n’hésite
aucunement à mentir de manière éhontée. L’article en question
n’interdit nullement la publication d’analyses au caractère
hétérodoxe sur Internet. Il ne limite aucunement la liberté
d’expression. Il sanctionne les actes de trahison à la patrie (6).

Cela reviendrait à utiliser l’article 411-2 du Code pénal français
(« Le fait de livrer à une puissance étrangère, à une organisation
étrangère ou sous contrôle étranger ou à leurs agents soit des
troupes appartenant aux forces armées françaises, soit tout ou
partie du territoire national est puni de la détention criminelle à
perpétuité et de 750000 euros d’amende ») ou l’article 411-4 (« Le
fait d’entretenir des intelligences avec une puissance étrangère,
avec une entreprise ou organisation étrangère ou sous contrôle
étranger ou avec leurs agents, en vue de susciter des hostilités ou
des actes d’agression contre la France, est puni de trente ans de
détention criminelle et de 450000 euros d’amende. Est puni des mêmes
peines le fait de fournir à une puissance étrangère, à une
entreprise ou une organisation étrangère ou sous contrôle étranger
ou à leurs agents les moyens d’entreprendre des hostilités ou
d’accomplir des actes d’agression contre la France ») pour accuser
le gouvernement de Nicolas Sarkozy de répression contre les
internautes (7).

Par ailleurs, il suffit de consulter le blog de Yoani Sánchez,
extrêmement critique à l’égard des autorités cubaines ou de lire les
écrits des opposants pour se rendre compte du manque de fondement de
l’accusation portée par l’organisation parisienne.

RSF certifie également que tout Cubain est passible de « cinq ans
s’il se connecte illégalement à Internet ». Ici, l’entité française
se borne à émettre une affirmation péremptoire sans même prendre la
peine de citer un texte de loi qui, bien évidemment, n’existe pas.
Une nouvelle fois, RSF assène une contre-vérité.

Enfin, RSF réitère la même rengaine en assurant que « 24
professionnels des médias » sont « emprisonnés sous le prétexte
fallacieux d’être ‘des mercenaires à la solde des Etats-Unis (1) ».
L’organisation est incapable de faire preuve de cohérence et de
rigueur dans ses propres documents. En effet, dans la version
espagnole de l’article, elle ne parle plus que de « 19 détenus (Cool
». Mais les chiffres importent peu, la mystification est une
nouvelle fois double. D’une part, sur les « 24 professionnels des
médias » cités par l’organisation, un seul dispose d’une véritable
formation de journaliste : Oscar Elias Biscet. Les autres n’avaient
jamais exercé le métier avant d’intégrer l’univers de la dissidence.
D’autre part, ces individus n’ont pas été condamnés pour avoir émis
une production intellectuelle subversive mais pour avoir accepté les
émoluments financiers offerts par Washington, passant ainsi du
statut d’opposant à celui d’agent stipendié par une puissance
étrangère, commettant par la même occasion un grave délit sanctionné
non seulement par la loi cubaine, mais par le code pénal de
n’importe quel pays du monde. Les preuves à cet égard sont multiples
: les Etats-Unis reconnaissent financer l’opposition interne cubaine
et leurs propres documents officiels l’attestent, les dissidents
confessent recevoir une aide pécuniaire de la part de Washington et
même Amnesty International avoue que les personnes emprisonnées ont
été condamnées « pour avoir reçu des fonds ou du matériel du
gouvernement américain pour des activités perçues par les autorités
comme subversives ou faisant du tort à Cuba (9) ».

RSF n’est pas une organisation digne de crédit car son agenda est
avant tout politique et idéologique. Comme cela est constatable, il
est aisé de mettre l’organisation parisienne face à ses
contradictions et de dévoiler ses manipulations. Par ailleurs, RSF
ne peut jouir d’aucune légitimité car elle reconnaît être financée
par la National Endowment for Democracy (NED) qui n’est rien d’autre
que l’officine écran de la CIA selon le New York Times qui notait en
mars 1997 que la NED « a été créée il y a 15 ans pour réaliser
publiquement ce que la Central Intelligence Agency (CIA) a fait
subrepticement durant des décennies (10) ».

Salim LAMRANI
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Chien Guevara
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Date d'inscription : 10/06/2007

MessageSujet: Re: Les mensonges de Reporters sans frontières sur Cuba   Lun 15 Juin - 23:58

Lire aussi cet excellent papier : http://www.voltairenet.org/article142884.html
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Voir le profil de l'utilisateur http://www.e-monsite.com/forget
 
Les mensonges de Reporters sans frontières sur Cuba
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