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 Giscard-Chirac : 35 ans de venin

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Chien Guevara
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MessageSujet: Giscard-Chirac : 35 ans de venin   Jeu 11 Juin - 0:50

Giscard-Chirac : 35 ans de venin
Par Zineb Dryef | Rue89 | 09/06/2009 | 16H10

Entre eux, la haine est si tenace que plus de trente ans après la trahison de Jacques Chirac, Valéry Giscard d'Estaing lui livre toujours bataille. Interrogé au sujet d'Omar Bongo sur Europe 1, l'ancien président de la République, l'air de rien, n'a pas hésité à balancer Jacques Chirac :
<blockquote>« Normalement on n'accepte pas des financements
étrangers mais j'ai appris que Jacques Chirac, mon concurrent, avait
reçu des fonds d'Omar Bongo.
</blockquote>Je lui ai alors téléphoné pour obtenir des explications : « Ah, vous le savez », s'était-il simplement étonné. » (Voir la vidéo)


Lors de l'arrivée au pouvoir de Valery Giscard d'Estaing, les
relations entre les deux hommes sont cordiales. Et pour cause : en
lâchant Chaban-Delmas, Chirac a grandement participé à l'élection du
ministre de l'Economie de Pompidou, n'hésitant pas à se mettre à dos
une bonne partie des gaullistes.

25 août 1976, le clash originel : Chirac démissionne


En récompense, il est nommé Premier ministre. Mais leurs relations
se dégradent jusqu'à la démission du gouvernement. L'intervention de
Jacques Chirac ce 25 août 1976 ne manque pas de panache :
<blockquote>« Je ne dispose pas des moyens que j'estime aujourd'hui
nécessaires pour assumer efficacement mes fonctions de Premier
ministre. Dans ces conditions, j'ai décidé d'y mettre fin. » (Voir la vidéo)
</blockquote>

En 1981, Jacques Chirac, chef du RPR, est candidat à l'élection
présidentielle. La bataille tourne alors féroce entre le président de
la République et son ancien Premier ministre. Lorsqu'un journaliste
suggère un débat entre les deux candidats, Valéry Giscard d'Estaing
refuse :
<blockquote>« Je n'ai pas l'intention d'offrir aux Français le
spectacle du président de la République se querellant avec le Premier
ministre qu'il a nommé. »
</blockquote>
Ce dernier rétorque :
<blockquote>« Il ne s'agit plus aujourd'hui du président de la
République et de son ancien Premier ministre. Il s'agit de deux
candidats et deux candidats, cela peut tout de même dialoguer. » (Voir la vidéo)
</blockquote>

Jacques Chirac échoue au premier tour en ne récoltant que 18% des
voix. Au second tour, il ne donne pas d'instruction de vote claire en
faveur de son rival.
Dans ses « Mémoires », Giscard raconte avoir téléphoné au QG de
campagne gaulliste en se faisant passer pour un militant RPR. Il
demande alors pour qui le RPR appelle à voter. On lui répond : « Il ne
faut pas voter Giscard. Il faut voter Mitterrand. » Il ne pardonnera
jamais.

« il faut lui couler du béton dans les veines »


Depuis, l'on ne compte plus les piques acrimonieuses échangées entre
les deux hommes. Jacques Chirac utilise peu la presse, mais les propos
qu'on lui prête sont au moins aussi fielleux que ceux de son ennemi
préféré.
Dans L'Express, Raymond Barre, ancien Premier ministre de VGE rapporte ainsi une conversation avec l'ancien président :
<blockquote>« Un soir, au début de 1976, où nous dînions ensemble à
Matignon en tête à tête. “Raymond, me dit Chirac, je n'en peux plus.
Avec le président de la République, ce n'est plus possible. Il faut lui
couler du béton dans les veines.”
</blockquote>
<blockquote> Il tenait le président pour un homme fragile,
pusillanime, incapable d'assurer sa fonction, et voulait reprendre les
choses en main. Du jour où il a décidé que Giscard était un obstacle
sur sa route vers l'Elysée, sa stratégie a tenu en deux mots : le
détruire. »
</blockquote>

VGE est plus prolixe. Il répand régulièrement toute sa rancoeur dans la presse. Florilège :

  • 1999. Il faut l'acrimonie tout en talent d'un
    Valéry Giscard d'Estaing pour souligner que ce « président de culture
    gaulliste » ne cesse de déroger à l'« esprit authentique de la Ve
    République ». (L'Express)
  • 2000. Référendum sur le quinquennat : Il indique
    que « personnellement », il « ne lancerait pas un référendum » s'il
    n'était pas assuré qu'au moins 50% des Français viendraient voter. Si
    ce taux de 50% n'est pas atteint, ce sera non « pas un échec technique,
    mais un échec politique et symbolique ». (Libé)
  • 2001. L'affaire des HLM : « Le président de la
    République peut témoigner, aucune disposition de la Constitution ne
    l'interdit. Compte-tenu des règles constitutionnelles, le président ne
    peut déférer à une telle convocation, contraire au principe de la
    séparation des pouvoirs comme aux exigences de la continuité de
    l'Etat. » (AFP)
  • 2005. Turquie et référendum : Giscard déclare ne
    pas vouloir « polémiquer avec le président de la République »,
    favorable à l'adhésion de la Turquie, mais souligne que « les Français
    n'étaient pas favorables à l'adhésion de la Turquie » et qu'il faut
    « lever l'ambiguïté » sur le problème. Sur le référendum, il rappele
    « le général de Gaulle prenait ses décisions lui-même » et que « la
    constitution ne précise rien sur les conséquences politiques de l'échec
    d'un référendum ». (AFP)
  • 2006. Le CPE : « Le gouvernement doit abroger
    l'article de loi instituant le contrat première embauche afin de
    rétablir le fonctionnement normal des institutions et sortir la France
    du bourbier (…) La désorganisation des institutions a atteint un niveau
    inconnu depuis le début de la Ve République. » (Le Journal du Dimanche)
  • 2007. Chirac a « faim de pouvoir », a un « désir
    fanatique d'accéder à la présidence de la République », un « caractère
    clanique » et « n'admet pas que le pouvoir puisse être exercé par
    d'autres que les membres de son clan ». (« Mémoires », tome 3)
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