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 Soupe de méduses au menu

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TdL
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Nombre de messages : 2184
Date d'inscription : 11/06/2007

MessageSujet: Soupe de méduses au menu   Dim 16 Sep - 20:54



Vous préparez déjà vos vacances au bord de la mer de l'été 2020 ? C'est prudent. Dans quelques années, il faudra réserver très tôt dans les complexes hôteliers ou les stations balnéaires qui auront les moyens de protéger leurs plages par de grands filets. Côté sable, il y aura les touristes qui barbotent, espèce apparue il y a moins d'un siècle avec les loisirs de masse. Côté large, la masse gélatineuse et souvent venimeuse des méduses, animaux vieux de 600 millions d'années, dont les proliférations cycliques menacent, à très court terme, de devenir permanentes.

Sur ces plages artificiellement préservées, au bord de la Méditerranée par exemple, il faudra aussi apprendre à se serrer davantage, pour faire un peu de place aux baigneurs qui avaient leurs habitudes sur les côtes des mers les plus fermées. "Les eaux de la mer Noire et de la Baltique sont d'ores et déjà devenues des soupes de méduses", constate Jacqueline Goy, grande spécialiste française de ces espèces, associée à l'Institut océanographique de Paris. Chercher refuge au bord des océans ou de mers lointaines, moins enclavées, ne sera pas forcément d'un grand secours. Déjà, des chercheurs ont montré en 2006 que, le long des côtes namibiennes, dans l'Atlantique sud, les méduses pesaient plus lourd dans la biomasse locale que tous les poissons. Dans le golfe du Mexique, des méduses géantes inquiètent, de plus en plus souvent, les pêcheries de crevettes. En mer du Japon, des monstres venimeux de 200 kilos, aux tentacules s'allongeant jusqu'à 35 mètres, se sont signalés par des proliférations de plus en plus marquées (Le Monde du 5 janvier 2006).

Vous pensez aux eaux de Californie ? Là-bas, il faudra peut-être s'habituer à des compagnons de baignades encombrants, des calmars de 2 mètres qui semblent, d'après une étude publiée en juillet, commencer à élire domicile bien plus près des côtes que dans le passé.

Partout dans le monde, les phénomènes de ce type se multiplient pour esquisser une tendance de fond, un avenir qui ressemblerait à la vision de Jules Verne qui prédisait, dans Vingt Mille Lieues sous les mers, des océans vidés de leurs poissons et de leurs mammifères, et "encombrés de méduses". Les causes de cette domination de plus en plus affirmée des invertébrés sont multiples, et parfois encore mal connues. Certaines semblent toutefois directement liées à l'action des hommes, et pourraient être contrecarrées si ceux-ci s'en donnaient les moyens.

En Méditerranée, les proliférations de Pelagia noctiluca, comme celle qui a touché massivement, cet été, les côtes espagnoles, sont attribuées de plus en plus nettement par les spécialistes aux changements climatiques. Le nombre de ces méduses mauves, aux piqûres très urticantes, connaît, tous les douze ans environ, des pics liés à l'évolution de la température et de la salinité des eaux. "Cette relation bien établie en fait d'excellents marqueurs des changements de l'environnement dus au climat", explique Mme Goy. "La crainte, c'est qu'au dernier hiver anormalement doux, durant lequel les températures de l'eau ne sont pas passées sous les 14°C, en succèdent d'autres. Ce qui ne favoriserait pas la diminution du nombre de Pelagia noctiluca. Nous allons maintenant savoir très vite si elles conservent leur cycle de douze ans ou si elles sont vouées à une prolifération permanente, ce qui serait un signal fort d'un changement radical de l'écosystème."

A ces causes climatiques s'ajoute la surpêche de certaines espèces, comme les thons ou les tortues en Méditerranée, qui mangent des méduses. Celles-ci se retrouvent ainsi sans prédateurs, ou sans concurrents pour leur nourriture. Leur surnombre ne pourra, d'année en année, qu'accentuer ce déséquilibre. " Les méduses sont des animaux carnivores qui ne connaissent pas la satiété", dit Mme Goy. "Elles sont faites pour manger tout le temps. Or, avec leurs filaments venimeux, elles peuvent causer des ravages équivalents, à leur échelle, à ceux des filets des pêcheurs. Plus elles seront nombreuses, plus elles décimeront les oeufs et les larves de leurs prédateurs ou de leurs concurrents." En Baltique ou en mer Noire, les derniers bancs de harengs ou d'anchois sont ainsi en passe de disparaître. En Méditerranée, les autorités espagnoles tentent de réintroduire des tortues à proximité des sites touristiques, pour rétablir l'équilibre.

Il faudra toutefois tenir compte de bien d'autres facteurs liés à l'activité humaine. Le ruissellement des eaux transporte jusqu'à la mer les engrais qui peuvent accroître, au bout de la chaîne alimentaire, la quantité de nourriture disponible pour les méduses. Mais c'est un autre type de rejets qui inquiète particulièrement Jacqueline Goy. "Les hormones contenues dans les pilules contraceptives ou les traitements de la ménopause, une fois rejetées par les urines, ne sont pas éliminées par les stations d'épuration. Elles se retrouvent dans la mer, avec les mêmes effets : blocage de la fécondation et féminisation des poissons. Les fermes d'aquaculture ont été les premières à constater une augmentation du nombre de femelles. Depuis, des observations ont montré que, malgré des moratoires draconiens, les stocks de certaines espèces de poissons ne se reconstituent pas."

Ce mécanisme, qui doit encore être confirmé par des études en cours, donnerait encore un nouvel avantage aux méduses dont la reproduction, très complexe, est partiellement asexuée. Et pas qu'à elles : les salpes, de petits organismes translucides, qui forment des colonies pouvant atteindre 40 mètres de long, disposent également d'une reproduction par bourgeonnement qui permet des pullulations fulgurantes. "Ces animaux, herbivores, sont en train d'envahir l'océan austral et d'y dévorer d'énormes quantités d'algues microscopiques", explique Mme Goy. "La baisse de la quantité de ce phytoplancton peut avoir des répercussions graves : elle diminue encore la capacité d'absorption du CO2 par la photosynthèse."

Pour la biologiste, cette inégalité des espèces aquatiques face aux perturbations des processus de reproduction crée "un déséquilibre qui perturbe fondamentalement le fonctionnement de l'océan, puisqu'il dévie la production vers des espèces sans intérêt". Sans prise de conscience rapide de ces risques, la soupe de méduses et d'invertébrés pourrait très vite se révéler indigeste pour l'espèce humaine.

Jérôme Fenoglio (du Monde)


N'empêche que ça me fait peur ! Shocked flower
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Chien Guevara
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MessageSujet: Re: Soupe de méduses au menu   Dim 16 Sep - 22:55

J'en suis médusé !! What a Face
Au fait, le JF du monde, il te séduit autant que le RS ? (juste pour savoir si je lui crée une rubrique à lui aussi Wink )
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TdL
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MessageSujet: Re: Soupe de méduses au menu   Dim 16 Sep - 23:52

Chien Guevara a écrit:
J'en suis médusé !! What a Face
Au fait, le JF du monde, il te séduit autant que le RS ? (juste pour savoir si je lui crée une rubrique à lui aussi Wink )

Bon, je te propose un truc : crée carrément une rubrique "Articles tirés du "Monde" ! Very Happy flower
(je ne sais plus comment on fait, et toi, tu le fais si bien ! I love you )
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Chien Guevara
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MessageSujet: Re: Soupe de méduses au menu   Dim 16 Sep - 23:54

Trop tard : RS a la sienne (et bien remplie en plkus !!) Wink
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MessageSujet: Re: Soupe de méduses au menu   Dim 16 Sep - 23:56

Ayé, j'ai vu ! Very Happy flower
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Clode
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MessageSujet: Re: Soupe de méduses au menu   Lun 17 Sep - 21:33

Revenons au sujet. Ne jouez pas les trolls!

Des têtes de méduses en bocal


Si la méduse est un plat très couru en Chine, (un peu comme le foie gras chez nous), il ne déclenche pas de passion chez nos compatriotes, ou alors un intérêt purement ethnologique. C'est vrai qu'on a pas tous les jours l'occasion de regarder cet animal dans le blanc des yeux, alors autant en profiter.
Recommandée pour illmuniner vos apéros dînatoires, la tête de méduse braisée ne manquera pas de créer la sensation et de vous positionner d'office comme un curieux touche-à-tout, ou bien un allumé alimentaire.

Prix : 13, 80 €
Idée recette : à braiser avec du vinaigre, de l'huile, un peu de sucre et du poivre

Où l'acheter : le supermarché Tang Frères, 48 avenue d'Ivry, Paris 13 - certaines épiceries asiatiques

Avis de la rédaction : Les collègues d'origine asiatique adorent, les autres n'y ont pas touché. Certains disent que sa texture ressemble à s'y méprendre à celle d'un gant Mapa.


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MessageSujet: Re: Soupe de méduses au menu   Aujourd'hui à 4:57

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