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 L’Amérique latine cordiale mais ferme face à M. Barack Obama

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Date d'inscription : 12/10/2008

MessageSujet: L’Amérique latine cordiale mais ferme face à M. Barack Obama   Ven 22 Mai - 9:42

Sommet des amériques
L’Amérique latine cordiale mais ferme face à M. Barack Obama
http://www.monde-diplomatique.fr/carnet/2009-04-24-L-Amerique-latine-cordiale

Moment exceptionnel que ce cinquième Sommet des Amériques qui,
réunissant trente-quatre nations (tous les pays de la région sauf Cuba),
s’est tenu les 18 et 19 avril à Port-of-Spain, dans l’île de
Trinité-et-Tobago. Après la rencontre de Mar del Plata (Argentine), en
novembre 2005, au cours de laquelle des milliers de manifestants
conspuèrent M. George W. Bush tandis que de fortes dissensions agitaient
les pays membres, on attendait avec impatience le premier contact du «
sous-continent » avec le président Barack Obama.

En ce sens, les attentes n’ont pas été déçues, la nouvelle
administration des Etats-Unis opérant une franche rupture avec la
condescendance, l’arrogance et l’interventionnisme de l’ère Bush.
L’ambiance a été cordiale – y compris avec des pays comme le Venezuela,
la Bolivie ou l’Equateur. On retiendra l’annonce faite par M. Hugo
Chávez d’un rétablissement des relations diplomatiques avec Washington,
suspendues en septembre 2008 par solidarité avec la Bolivie, qui avait
elle-même expulsé l’ambassadeur américain pour ses liens avec une
opposition alors en pleine tentative de déstabilisation de M. Evo Morales.

Toutefois, malgré l’a priori favorable manifesté par tous à l’égard du
nouveau locataire de la Maison Blanche, la première puissance mondiale
n’a pu imposer son agenda.

Cuba, le seul pays non invité, fut en effet très présent. L’ensemble des
nations latino-américaines avaient, avant même le Sommet, insisté sur
l’importance d’une normalisation des relations entre les Etats-Unis et
l’île. Conscient de l’importance de cette demande pour la réussite de sa
tentative de « dégel », M. Obama, dès le 13 avril, s’était employé à
déminer le terrain en annonçant la levée de toutes les restrictions sur
les voyages et les transferts d’argent des Cubano-Américains vers leur
pays d’origine, revenant ainsi sur les mesures imposées par M. Bush en
2004. En revanche, il ne paraît pas encore disposé à lever l’embargo
économique, commercial et financier imposé à Cuba depuis 1962.

Dès le 16 avril (date anniversaire du débarquement de la baie des
Cochons en 1961), marquant leur solidarité avec La Havane, les membres
de l’Alternative bolivarienne pour les peuples de notre Amérique (ALBA)
(1), réunis à Cumaná (Venezuela), avaient défini une stratégie commune
face à un projet de déclaration finale, en cours d’élaboration depuis
deux ans, jugé insuffisant et inacceptable. A cette occasion, ils ont
d’ailleurs approuvé et mis en œuvre (avec l’Equateur) le Système unique
de compensation régional des paiements (Sucre), une monnaie virtuelle
(et éventuellement physique à l’avenir) destinée à échapper au rôle
hégémonique du dollar (2).

De fait, il n’y a eu aucun consensus sur le document final du Sommet des
Amériques – la « Déclaration d’engagement de Port-of-Spain » –, les
membres de l’ALBA refusant, avec le soutien unanime de l’ensemble des
autres pays latino-américains et caraïbes, de cautionner un texte qui ne
demandait pas la levée de l’embargo imposé à Cuba. Les présidents ont
annulé la cérémonie de signature de la déclaration finale et, pour
sauver la face, le texte n’a été paraphé que par M. Patrick Manning,
premier ministre du pays d’accueil et, à ce titre, président du Sommet.

Passés généralement sous silence par les observateurs, d’autres sujets
de dissension expliquent également ce refus : l’absence de perspective
claire face à la crise économique et financière déclenchée par « les
banquiers aux yeux bleus », selon l’expression du président brésilien
Luiz Inacio Lula da Silva ; et, pour l’ALBA, le refus de laisser au seul
G20 (dont font partie l’Argentine, le Brésil, le Canada, les Etats-Unis
et le Mexique) le privilège de décider des grandes affaires du monde.

Lors de la clôture du Sommet, le ministre des affaires étrangères du
Brésil, M. Celso Amorim, a assuré que le président Lula jugeait « très
difficile qu’un nouveau Sommet des Amériques ait lieu sans la présence
de Cuba (3) ».

Or, après les mesures d’assouplissement prises par l’administration
Obama à l’égard de l’île, les Etats-Unis semblent considérer que la
balle est maintenant dans le camp de Cuba. Le 16 avril, la secrétaire
d’Etat Hillary Clinton demandait la réciprocité et « pressait instamment
Cuba de libérer les prisonniers politiques, de permettre le libre flux
d’information et la liberté de réunion ».

A La Havane, le président Raúl Castro a déclaré que Cuba était disposé à
négocier avec les Etats-Unis, « en terrain neutre, en conditions
d’égalité et sans conditions ».

On s’accordera à reconnaître que M. Obama n’a pas forcément les mains
libres – la suspension de l’embargo implique un débat au Congrès, sous
pression des exilés cubains affaiblis, mais toujours vivants ! – et que
les relations entre les deux pays ne peuvent pas changer du jour au
lendemain. La Havane, par ailleurs, ne souhaite pas précipiter le mouvement.

Néanmoins, la demande de l’ensemble des pays latino-américains (y
compris Cuba) demeure parfaitement légitime : l’embargo doit être levé
par Washington de manière « immédiate, unilatérale et inconditionnelle
». Dans cette affaire, avatar d’une guerre froide terminée depuis
longtemps, l’agresseur a toujours été la Maison-Blanche. Dix-sept
résolutions successives approuvées par l’Assemblée générale des Nations
unies ont condamné cet embargo.

Quant à la volonté inébranlable du gouvernement américain, au nom des «
droits de l’homme », de contraindre Cuba à renoncer à son système
politique – quoi qu’on puisse penser de celui-ci –, elle fait sourire :
c’est la Chine – parti unique ; contrôle total de l’information ; mille
dix exécutions capitales en 2006 – qui, devenue le premier détenteur de
bons du Trésor américain, finance une bonne partie du déficit des
Etats-Unis.
Maurice Lemoine
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Chien Guevara
Admin


Nombre de messages : 9406
Date d'inscription : 10/06/2007

MessageSujet: Re: L’Amérique latine cordiale mais ferme face à M. Barack Obama   Dim 24 Mai - 1:47

Allez, petite touche d'humour cynique ...

Les prisonniers politiques de Cuba, ce sont bien ceux de Guantanamo, non ? Wink
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