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 Paul Valéry

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MessageSujet: Paul Valéry   Dim 3 Mai - 7:48

Je voulais ce tôt matin, saluer un poète intense, à la langue ultra-montante comme un salagmite: des gouttes d'émotion qui se chevauchent et se coiffent en dôme halluciné.

L'aventure de Paul Valéry, qui, passé la cinquantaine, fut un grand poète reconnu, si reconnu qu'à sa mort, en 1 945, il eut les honneurs d'obsèques nationales, fut paradoxalement celle d'un esprit en constante lutte avec les choses et soi-même, cherchant toujours à définir d'une manière plus aiguë les règles de son propre fonctionnement et, par là, à reculer les limites du compréhensible. Aventure secrète donc. Elle se jouait chaque matin - et celà de 1896 à 1945, 257 cahiers l'attestent - depuis cinq heures jusqu'au moment où le poète était requis par les activités du jour, les emplois modestes, longtemps occupés, de rédacteur de ministère, puis de secrétaire à l'agence Havas. Alors Valéry - rêvant que ces fragments constitueraient un jour la matière d'un livre, du Livre au sens mallarméen - notait ses pensées, transcrivait, analysait ses intuitions, sentiments et passions avec une rigueur d'expression qui n'était pas coquetterie littéraire mais arme de la lucidité. De cette exigence de clarté, un poème en prose des Cahiers ( 1910 ) donne l'image symbolique:

L'Homme de verre

Si droite est ma vision, si pure ma sensation, si maladivement complète ma connaissance, et si déliée, si nette ma représentation, et ma science si achevée que je me pénètre depuis l'extrémité du monde jusqu'à ma parole silencieuse ; et de l'informe chose jusqu'au désir se levant, le long de fibres connues et de centres ordonnés, je me suis, je me réponds, je me reflète et me répercute, je frémis à l'infini des miroirs - je suis de verre.


Né à Sète, fils d'un fonctionnaire d'origine corse, Valéry fit ses études de droit à Montpellier. Lorsqu'il se fixa à Paris en 1894, il avait déjà publié des poèmes dans des revues, s'était lié avec Pierre Louÿs et Gide, et correspondait avec Mallarmé dont il allait devenir le familier. Les poèmes de cette époque, qu'il réunit plus tard dans l'Album de vers anciens, avouent, dans leur perfection, l'influence du maître.

VUE

Si la plage penche, si
L'ombre sur l'oeil s'use et pleure
Si l'azur est larme, ainsi
Au sel des dents pure affleure

La vierge fumée ou l'air
Que berce en soi puis expire
Vers l'eau debout d'une mer
Assoupie en son empire

Celle qui sans les ouïr
Si la lèvre au vent remue
Se joue à évanouir
Mille mots vains où se mue

Sous l'humide éclair de dents
Le très doux feu du dedans.

Après la parution, en 1896, de ce récit singulier - véritable mise en scène de l'intelligence - qu'est la soirée avec Monsieur Teste, Valéry se tut. Mais l'aventure des cahiers se poursuivait, trouée parfois de poèmes, comme celui-ci, de 1912, où les mouvements de la mer s'identifient avec la démarche et les remous de la pensée valéryenne :

DE LA MER OCEANE

Mer. Océan. Cap Breton.

La grande forme qui vient d'Amérique avec son beau creux et sa sereine rondeur trouve enfin le socle, l'escarpe, la barre. La molécule brise sa chaîne - Les cavaliers blancs sautent par delà eux-mêmes.
L'écume ici forme des blancs très durables, qui figurent un petit mur de bulles irisé, sale, crevard, le long du plus haut flot. Le vent chasse des chats, et des moutons nés de cette matière, et les souffle et les fait courir le plus drôlement du monde vers les dunes, comme effrayés par la mer. Cette écume est autre chose que de l'eau battue - Emulsion.
Quant à l'écume naissante et vierge, elle est d'une douceur étrange aux pieds. C'est un lait tout gazeux (aéré), tiède, qui vient à vous avec une violence voluptueuse - inonde les pieds, chevilles, les fait boire, les lave et redescend sur eux - avec une voix qui abandonne le rivage et se retire, tandis que la (ma) statue s'enfonce un peu dans le sable et que l'âme qui écoute cette immense fine musique infiniment petite, s'apaise et la suit.

ALPHABET

B

Bouleversant les ombres et la couche, ramassé, détendu ; divisant, rejetant les flots du linceul vague, l'être enfin se défait de leur désordre tendre. La vertu d'être Soi le parcourt. Etre Soi le saisit comme une surprise; et parfois heureuse surprise, parfois un immense malheur. Que de réveils voudraient n'être que rêves!.. Mais sur-le-champ l'unité s'empare des membres, et de la nuque jusqu'aux pieds un évènement se fait homme. Debout! crie tout mon corps, il faut rompre avec l'impossible!...Debout! le miracle d'être debout s'accomplit. Quoi de plus simple, quoi de plus inexplicable que ce prodige, l'Equilibre! Surgis, maintenant, marche, rejoins tes desseins dans l'espace ;suis tes regards qui ont pris leur vol dans ce qu'on voit. Pénètre, avec des pas, que l'on peut compter, dans la sphère des lumières et des actes, et compose tes forces à des choses qui te résistent...Et toi je t'abandonne quelque temps. Douceur de n'être pas! J'oublierai le sommeil jusqu'à la nuit. A ce soir, jeux obscurs, monstres, scènes impures, et vous, vaines amours!...Je me dépouille maintenant de mon état inconnaissable. Ô qui me dira comment au travers de l'inexistence ma personne tout entière s'est conservée, et quelle chose m'a porté inerte, plein de vie et chargé d'esprit, d'un bord à l'autre du néant ? Comment se peut-il qu'on ose s'endormir? Quelle confiance dans la fidélité de mon corps, dans le calme de la nuit, dans l'ordre et la constance du monde!... Ce soir, tu reviendras, Absence! Vous régnerez derechef dans quelques heures, effrayante puissance inconnue, faiblesse essentielle, charme invincible qui enchaîne les yeux fermés à leurs images...On ne peut pas se retourner, engagés dans la gangue du sommeil, pour prendre sur le fait le Singe qui montre les Songes..
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Chien Guevara
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MessageSujet: Re: Paul Valéry   Dim 3 Mai - 14:03

La fac de lettres, à Montpellier, porte son nom .

Salut Bye, ravi de te revoir ...
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MessageSujet: Re: Paul Valéry   Lun 4 Mai - 6:41

Salut chien Gué, je vais tâcher d'être un peu plus présent, ou du moins, moins absent..
Le temps, toujours le temps!
Ravi de te relire également.
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hirondelle
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MessageSujet: Re: Paul Valéry   Sam 9 Mai - 11:52


Anne


Anne qui se mélange au drap pale et délaisse
Des cheveux endormis sur ses yeux mal ouverts
Mire ses bras lointains tournés avec mollesse
Sur la peau sans couleur du ventre découvert.

Elle vide, elle enfle d'ombre sa gorge lente,
Et comme un souvenir pressant ses propres chairs,
Une bouche brisée et pleine d'eau brûlante
Roule le goût immense et le reflet des mers.

Enfin désemparée et libre d'être fraîche,
La dormeuse déserte aux touffes de couleur
Flotte sur son lit blême, et d'une lèvre sèche,
Tête dans la ténebre un souffle amer de fleur.

Et sur le linge où l'aube insensible se plisse,
Tombe, d'un bras de glace effleuré de carmin,
Toute une main défaite et perdant le délice
A travers ses doigts nus dénoués de l'humain.

Au hasard! A jamais, dans le sommeil sans hommes
Pur des tristes éclairs de leurs embrassements,
Elle laisse rouler les grappes et les pommes
Puissantes, qui pendaient aux treilles d'ossements,

Qui riaient, dans leur ambre appelant les vendanges,
Et dont le nombre d'or de riches mouvements
Invoquait la vigueur et les gestes étranges
Que pour tuer l'amour inventent les amants...





Les pas


Tes pas, enfants de mon silence,
Saintement, lentement placés,
Vers le lit de ma vigilance
Procèdent muets et glacés.

Personne pure, ombre divine,
Qu'ils sont doux, tes pas retenus !
Dieux !… tous les dons que je devine
Viennent à moi sur ces pieds nus !

Si, de tes lèvres avancées,
Tu prépares pour l'apaiser,
A l'habitant de mes pensées
La nourriture d'un baiser,

Ne hâte pas cet acte tendre,
Douceur d'être et de n'être pas,
Car j'ai vécu de vous attendre,
Et mon cœur n'était que vos pas.





Le vin perdu

J'ai, quelqe jour, dans l'Océan,
(Mais je ne sais plus sous quels cieux),
Jeté comme offrande au néant,
Tout un peu de vin précieux...

Qui voulut ta perte, " liqueur?
J'obéis peut-être au divin?
Peut-être au souci de mon coeur,
Songeant au sang, versant le vin?

Sa transparence accoutumée
Aprés une rose fumée
Reprit aussi pure la mer...

Perdu ce vin, ivres les ondes!...
J'ai vu bondir dans l'air amer
Les figures les plus profondes...
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MessageSujet: Re: Paul Valéry   Sam 9 Mai - 15:10

J'étais sur que notre poétesse de service allait réagir lol!

pour ce délicieux choix.
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MessageSujet: Re: Paul Valéry   Dim 10 Mai - 8:42

Merci de citer ces poèmes de Valéry, Hirondelle.

Splendides, les sites de poésie que tu as conçus.Bravo pour tes textes.
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MessageSujet: Re: Paul Valéry   Dim 10 Mai - 10:08

merci bye ... je vois que mon site plaît flower

voici un autre poème de Paul Valery


Le cimetière marin

Ce toit tranquille, où marchent des colombes,
Entre les pins palpite, entre les tombes;
Midi le juste y compose de feux
La mer, la mer, toujours recommencée
O récompense après une pensée
Qu'un long regard sur le calme des dieux!
Quel pur travail de fins éclairs consume
Maint diamant d'imperceptible écume,
Et quelle paix semble se concevoir!
Quand sur l'abîme un soleil se repose,
Ouvrages purs d'une éternelle cause,
Le temps scintille et le songe est savoir.
Stable trésor, temple simple à Minerve,
Masse de calme, et visible réserve,
Eau sourcilleuse, Oeil qui gardes en toi
Tant de sommeil sous une voile de flamme,
O mon silence! . . . Édifice dans l'âme,
Mais comble d'or aux mille tuiles, Toit!
Temple du Temps, qu'un seul soupir résume,
À ce point pur je monte et m'accoutume,
Tout entouré de mon regard marin;
Et comme aux dieux mon offrande suprême,
La scintillation sereine sème
Sur l'altitude un dédain souverain.
Comme le fruit se fond en jouissance,
Comme en délice il change son absence
Dans une bouche où sa forme se meurt,
Je hume ici ma future fumée,
Et le ciel chante à l'âme consumée
Le changement des rives en rumeur.
Beau ciel, vrai ciel, regarde-moi qui change!
Après tant d'orgueil, après tant d'étrange
Oisiveté, mais pleine de pouvoir,
Je m'abandonne à ce brillant espace,
Sur les maisons des morts mon ombre passe
Qui m'apprivoise à son frêle mouvoir.
L'âme exposée aux torches du solstice,
Je te soutiens, admirable justice
De la lumière aux armes sans pitié!
Je te tends pure à ta place première,
Regarde-toi! . . . Mais rendre la lumière
Suppose d'ombre une morne moitié.
O pour moi seul, à moi seul, en moi-même,
Auprès d'un coeur, aux sources du poème,
Entre le vide et l'événement pur,
J'attends l'écho de ma grandeur interne,
Amère, sombre, et sonore citerne,
Sonnant dans l'âme un creux toujours futur!
Sais-tu, fausse captive des feuillages,
Golfe mangeur de ces maigres grillages,
Sur mes yeux clos, secrets éblouissants,
Quel corps me traîne à sa fin paresseuse,
Quel front l'attire à cette terre osseuse?
Une étincelle y pense à mes absents.
Fermé, sacré, plein d'un feu sans matière,
Fragment terrestre offert à la lumière,
Ce lieu me plaît, dominé de flambeaux,
Composé d'or, de pierre et d'arbres sombres,
Où tant de marbre est tremblant sur tant d'ombres;
La mer fidèle y dort sur mes tombeaux!
Chienne splendide, écarte l'idolâtre!
Quand solitaire au sourire de pâtre,
Je pais longtemps, moutons mystérieux,
Le blanc troupeau de mes tranquilles tombes,
Éloignes-en les prudentes colombes,
Les songes vains, les anges curieux!
Ici venu, l'avenir est paresse.
L'insecte net gratte la sécheresse;
Tout est brûlé, défait, reçu dans l'air
A je ne sais quelle sévère essence . . .
La vie est vaste, étant ivre d'absence,
Et l'amertume est douce, et l'esprit clair.
Les morts cachés sont bien dans cette terre
Qui les réchauffe et sèche leur mystère.
Midi là-haut, Midi sans mouvement
En soi se pense et convient à soi-même
Tête complète et parfait diadème,
Je suis en toi le secret changement.
Tu n'as que moi pour contenir tes craintes!
Mes repentirs, mes doutes, mes contraintes
Sont le défaut de ton grand diamant! . . .
Mais dans leur nuit toute lourde de marbres,
Un peuple vague aux racines des arbres
A pris déjà ton parti lentement.
Ils ont fondu dans une absence épaisse,
L'argile rouge a bu la blanche espèce,
Le don de vivre a passé dans les fleurs!
Où sont des morts les phrases familières,
L'art personnel, les âmes singulières?
La larve file où se formaient les pleurs.
Les cris aigus des filles chatouillées,
Les yeux, les dents, les paupières mouillées,
Le sein charmant qui joue avec le feu,
Le sang qui brille aux lèvres qui se rendent,
Les derniers dons, les doigts qui les défendent,
Tout va sous terre et rentre dans le jeu!
Et vous, grande âme, espérez-vous un songe
Qui n'aura plus ces couleurs de mensonge
Qu'aux yeux de chair l'onde et l'or font ici?
Chanterez-vous quand serez vaporeuse?
Allez! Tout fuit! Ma présence est poreuse,
La sainte impatience meurt aussi!
Maigre immortalité noire et dorée,
Consolatrice affreusement laurée,
Qui de la mort fais un sein maternel,
Le beau mensonge et la pieuse ruse!
Qui ne connaît, et qui ne les refuse,
Ce crâne vide et ce rire éternel!
Pères profonds, têtes inhabitées,
Qui sous le poids de tant de pelletées,
Êtes la terre et confondez nos pas,
Le vrai rongeur, le ver irréfutable
N'est point pour vous qui dormez sous la table,
Il vit de vie, il ne me quitte pas!
Amour, peut-être, ou de moi-même haine?
Sa dent secrète est de moi si prochaine
Que tous les noms lui peuvent convenir!
Qu'importe! Il voit, il veut, il songe, il touche!
Ma chair lui plaît, et jusque sur ma couche,
À ce vivant je vis d'appartenir!
Zénon! Cruel Zénon! Zénon d'Êlée!
M'as-tu percé de cette flèche ailée
Qui vibre, vole, et qui ne vole pas!
Le son m'enfante et la flèche me tue!
Ah! le soleil . . . Quelle ombre de tortue
Pour l'âme, Achille immobile à grands pas!
Non, non! . . . Debout! Dans l'ère successive!
Brisez, mon corps, cette forme pensive!
Buvez, mon sein, la naissance du vent!
Une fraîcheur, de la mer exhalée,
Me rend mon âme . . . O puissance salée!
Courons à l'onde en rejaillir vivant.
Oui! grande mer de délires douée,
Peau de panthère et chlamyde trouée,
De mille et mille idoles du soleil,
Hydre absolue, ivre de ta chair bleue,
Qui te remords l'étincelante queue
Dans un tumulte au silence pareil
Le vent se lève! . . . il faut tenter de vivre!
L'air immense ouvre et referme mon livre,
La vague en poudre ose jaillir des rocs!
Envolez-vous, pages tout éblouies!
Rompez, vagues! Rompez d'eaux réjouies
Ce toit tranquille où picoraient des focs!
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MessageSujet: Re: Paul Valéry   Dim 10 Mai - 19:57

Ah! le cimetière marin ! Quelle beauté !


L'amateur de poèmes

SI je regarde tout à coup ma véritable pensée, je ne me console pas de devoir subir cette parole intérieure sans personne et sans origine; ces figures éphémères; et cette infinité d'entreprises interrompues par leur propre facilité, qui se transforment l'une dans l'autre, sans que rien ne change avec elles. Incohérente sans le paraître, nulle instantanément comme elle est spontanée, la pensée, par sa nature, manque de style.

MAIS je n'ai pas tous les jours la puissance de proposer à mon attention quelques êtres nécessaires, ni de feindre les obstacles spirituels qui formeraient une apparence de commencement, de plénitude et de fin, au lieu de mon insupportable fuite.

UN poème est une durée, pendant laquelle, lecteur, je respire une loi qui fut préparée; je donne mon souffle et les machines de ma voix; ou seulement leur pouvoir, qui se concilie avec le silence.

JE m'abandonne à l' adorable allure: lire, vivre où mènent les mots. Leur apparition est écrite. Leurs sonorités concertées. Leur ébranlement se compose, d'après une méditation antérieure, et ils se précipiteront en groupes magnifiques ou purs, dans la résonance. Même mes étonnements sont assurés : ils sont cachés d'avance, et font partie du nombre.

MU par l'écriture fatale, et si le mètre toujours futur enchaîne sans retour ma mémoire, je ressens chaque parole dans toute sa force, pour l'avoir indéfiniment attendue. Cette mesure qui me transporte et que je colore, me garde du vrai et du faux. Ni le doute ne me divise, ni la raison ne me travaille. Nul hasard , mais une chance extraordinaire se fortifie. Je trouve sans effort le langage de ce bonheur; et je pense par artifice, une pensée toute certaine, merveilleusement prévoyante, - aux lacune calculées, sans ténèbres involontaires, dont le mouvement me commande et la quantité me comble : une pensée singulièrement achevée.
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MessageSujet: Re: Paul Valéry   Sam 16 Mai - 10:27

flower tout comme Paul Valery j'écris et je suis une poète introvertie
voici quelques écrits qui décris ce que j'écris flower



Le poète
Le soleil vient de se lever et il faut enfin se lever.
Le matin est là et la vie reprend .. là.
Une journée recommence est rien n'est différent
Du temps présent.

Si tout ce que l'on vit est ainsi;
Je reste là bas et je fais s'envoler mes soucis.
Regarde ton chemin droit ...
Il te mènera vers ton chez toi.
Le poète est ainsi fait ...
Il rime avec la journée.

De tout ce que est fait,
Rien de ce qu'il dit ne reste écrit.
La feuille crisse sous la plume de ces idées
Le temps est arrété.
Il vole et voit ce qui est ...

Viens vers moi ...
Je suis poète et j'en suis fier !!!
J'écris mes idées et mes pensées
Pour que ceux qui veulent me suivre
Me connaisse mieux et s'inspire de mon âme ...

Je suis rêve ... je suis réalité
Et tu vole vers mes pensées.
Je suis éternité inachevée
Et tu viens me les compléter
Pour que je vois ce que tu veux penser.

Chantal


L'âme du poète
L'âme du poète chante;
L'âme du poète enchante.
Les mots dansent sur sa feuille,
Comme le derviche tourneur
Tourne et trouve son bonheur.
Le poète n'attend rien,
Le poète ne voit rien.
Il écrit ........ Il se lie avec la vie,
Dans tout ce qu'il dit
Et ne s'en soucie.
L'âme meurt mais lui reste;
L'âme pleure et lui les verse .....
Ces larmes de détresse,
qu'il ne fait que verser
Sur ces feuilles désanchantée.
Le poète prie ..........
Le poète écrit ..........
Les mots qu'il dit et qu'il transcrit,
Ne sont que son reflet
De toute ses pensées controversées.
Belle âme controversée,
Belle âme enchantée ........
Notre poète ne fait que s'abandonner
A ce monde si dématérialisé
Et ne veut se réveiller
Que dans les bras de sa muse aimée.
Chantal
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