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 Militants politiques et activistes à l'assaut des syndicats

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Chien Guevara
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Nombre de messages : 9406
Date d'inscription : 10/06/2007

MessageSujet: Militants politiques et activistes à l'assaut des syndicats   Ven 27 Mar - 22:25

Militants politiques et activistes à l'assaut des syndicats

Alors que les mobilisations s'amplifient, le NPA ou les Désobéissants tentent d'en tirer profit au détriment des syndicats.


Les noms d'oiseaux s'étalent dans les médias depuis la mi-mars, mais
l'opposition est larvée depuis plusieurs mois. Déjà accusés de surfer
sur les peurs par leurs adversaires politiques, les militants du NPA
sont taxés de « rapaces » par le leader de la CFDT, François Chérèque,
en référence à la présence de plus en fréquente desdits militants dans
les entreprises en proie à des conflits sociaux.
Réponse immédiate d'Olivier Besancenot, chef de file du Nouveau parti anticapitaliste :
<blockquote>« Il ferait bien de se reprendre. Ce n'est pas très
digne et puis c'est curieux au début d'une semaine sociale où,
théoriquement, on voudrait l'unité la plus large. »
</blockquote>
« Unité », vraiment ? La riposte sonne étrangement lorsque l'on sait
qu'à tous les étages de son parti, on n'a de cesse de critiquer la
faiblesse et l'inefficacité des directions syndicales, quand il ne
s'agit pas purement et simplement d'une volonté de les supplanter.
Un tract du NPA Essonne publié le 10 mars tentait ainsi de mobiliser
ses militants et surtout de potentiels nouveaux militants pour la
journée d'action nationale neuf jours plus tard :
<blockquote>« La journée de mobilisation unitaire du 19 mars doit
être un succès plus massif encore que celui du 29 janvier dernier. Mais
pour cela, les appels intersyndicaux ne suffiront pas. »
</blockquote>
« L'attentisme des confédérations syndicales »


Une argumentation reprise solennellement au plus haut niveau du Nouveau parti anticapitaliste. En témoigne la Résolution générale politique et sociale, votée par le Conseil politique national du parti, les 7 et 8 mars à Saint-Denis :
<blockquote>« Le chemin que nous soutenons est celui des résistances
et des luttes offensives pour la plupart éparpillées et souvent
ignorées, et d'autres enfin qui n'ont pas pris les chemins
traditionnels comme celles des précaires, des chômeurs, des
sans-papiers, des sans-droits, des mal-logés, de l'hôpital de Carhaix...
C'est le chemin inverse qui est pris quand des dirigeants
confédéraux prennent la voie de l'institutionnalisation, de
l'adaptation aux orientations libérales à l'échelle nationale comme
européenne, à la politique de soi-disant « dialogue social » et
« diagnostics partagés » du gouvernement et du Medef. »
</blockquote>
Attaqué publiquement, le NPA n'hésite plus à diffuser ses critiques. Dans un tract appelant au prolongement des mobilisations du 19 mars, « l'attentisme des directions syndicales qui ne répond pas à la situation » est stigmatisé :
<blockquote>« Ce n'est bien sûr pas l'attentisme des confédérations
syndicales, avec leur non décision de donner un prolongement rapide à
cette journée, tout comme leur rendez-vous lointain du 30 mars et enfin
une éventuelle “suite” le 1er mai, qui peuvent répondre à la volonté de
ne pas en rester là. »
</blockquote>
La cible est clairement définie : les « directions syndicales »,
pas la base des syndicalistes. Nombre d'entre eux font partie du NPA
(sans partager toujours ces attaques frontales), d'autres sont espérés
comme futurs adhérents. Les tracts sont d'ailleurs souvent accompagnés
d'un bulletin d'adhésion ou de renseignement.
Toute l'extrême gauche est toutefois loin de vouloir mener ce combat aux côtés des militants. Lutte ouvrière est plus nuancée. Pour Arlette Laguiller,
le rôle des partis politiques est « d'être avec les organisations
syndicales », à condition « de ne pas faire lanterner les travailleurs
de deux mois en deux mois ». Marie-George Buffet et le Parti communiste se montrent, eux, plus directs encore :
<blockquote>« Ne cherchons pas à remplacer les syndicats. Il faut
laisser les salariés décider de leur lutte. La démocratie sociale, ça
existe, il faut la respecter. »
</blockquote>
« Le NPA joue la carte de la division »


Sur le terrain, tous les syndicats ne réagissent pas non plus à l'unison. A la CGT,
Mourad Rabhi, secrétaire confédéral et patron de la fédération textile
de la centrale, s'éloigne à peine de la saillie de François Chérèque :
<blockquote>« Le NPA essaye de profiter du mouvement syndical,
d'utiliser le succès du 29 janvier à son bénéfice. Au moment où il faut
justement valoriser la plateforme commune de huit organisations
syndicales qui ont réussi à se mettre d'accord et créer un rapport de
force, il joue la carte de la division. »
</blockquote>
D'après le syndicaliste, c'est après la première grande journée de
grève de janvier que le NPA et « aussi Lutte ouvrière » ont commencé à
occuper le terrain. Pourtant, Mourad Rahbi veut encore se rassurer :
<blockquote>« Besancenot, je l'ai cotoyé deux ou trois fois sur des
conflits textiles. Quand il parle, ça sonne creux et que je sache, il
n'avait jamais lancé de grève générale à La Poste ! C'est un peu facile
de se pointer à la porte des usines pour décréter la grève générale de
but en blanc, alors que les gens ont déjà l'impression de perdre de
l'argent. Tout cela, ça n'apporte rien directement aux gens. C'est très
marginal !“
</blockquote>
Tout autre son de cloche chez SUD-Solidaires,
par la voix d'Eric Beynel, porte-parole national. Lui nie carrément
l'inflation de tracts bardés du monogramme trotskiste « aux portes des
entreprises » -« en tous cas pas plus le NPA que le Parti de gauche de
Mélenchon, le PCF ou Lutte ouvrière ». Il ne s'inquiète pas davantage
de voir des adhérents SUD signer au NPA, lui qui n'est plus militant
politique depuis longtemps. Petit tacle à François Chérèque au
passage :
<blockquote>« Quand j'ai pris ma carte, il y a très longtemps, au
Parti socialite, il fallait adhérer à un syndicat et être membre d'une
association. Chérèque ne trouvait rien à y redire à l'époque, que je
sache ! »
</blockquote>
C'est vrai et c'est toujours officiellement le cas, dans les statuts du PS, l'article 2.4 du chapitre consacré aux militants dit bien :

<blockquote>
« Les membres du Parti doivent appartenir à une organisation
syndicale de leur profession et au moins à une association, notamment
de défense des droits de l’homme, de solidarité, de consommateurs,
d’éducation populaire, de parents d’élèves ou d’animation de la vie
locale. »
</blockquote>
« La désobéissance, c'est un bien joli mot »


Si Olivier Besancenot irrite une partie du paysage syndical, les
militants de l'extrême gauche ne sont pas seuls à occuper le terrain
des luttes sociales. Depuis peu, un autre acteur s'y est mis : le collectif des Désobéissants, dont Rue89 a parlé à plusieurs reprises, notamment au sujet des stages qu'ils proposent ou encore quand Xavier Renou, leur leader, médiatisait le conflit chez l'opérateur Numéricable.
Excepté le combat de Génération précaire et la grève des chômeurs,
c'était le tout premier conflit social pour les Désobéissants.
Jusque-là, ce collectif -qui n'a aucune existence juridique pour éviter
les poursuites- construisait sa réputation sur un activisme tous
azimuts (les expulsions, le nucléaire, le Rwanda...) qui lui valait
déjà pas mal de critiques du côté des associations.

L'intervention de Xavier Renou auprès des salariés de Numéricable
est en fait le fruit du hasard. En février, il tombe, place de la
République, à Paris, sur une vingtaine d'employés en colère qui
bombardent la vitrine de la boutique Numéricable d'œufs et de farine.
Son nom ne leur dit rien, il laisse quand même ses coordonnées. Rien
pendant dix jours. Puis il passe à Canal + et reçoit un appel dans la
foulée -l'anecdote semble encore jubilatoire pour lui.
A Numéricable, il convainc les grévistes de lâcher les œufs et la
farine : « C'est sale et donc mauvais pour l'image de la
mobilisation. » Suivra l'occupation du siège, jusqu'à faire asseoir
direction et syndicats autour d'une table, là où la CGT se plaignait de
n'être plus reçue depuis des mois.
Les Désobéissants ont donné du nerf à un mouvement désorganisé. Eux
qui prônent « la réémergence des formes d'action radicale » et se
targuent de n'être pas « un groupe de plus au service de ses propres
intérêts » avouent un brin de crispation côté syndical.
Laurence Pasquier, cégétiste chez Numéricable, reconnaît qu'elle
était sceptique. Mais se félicite quand même : « Alors que je
n'arrivais pas à médiatiser, ils m'ont aidée. » Sa position n'est pas
un cas à part, mais les militants de base reçoivent mieux ce nouvel
acteur que les états-majors. De Xavier Renou, Mourad Rabhi, secrétaire
confédéral du même syndicat, dit plutôt :
<blockquote>« Je ne l'ai vu que dans les journaux, jamais sur le
terrain, c'est bien que ça ne doit pas trop marcher, leur truc. La
désobéissance, c'est un bien joli mot, mais ça ne marche pas du tout
comme ça dans les usines. »
</blockquote>
Xavier Renou affirme qu'il interviendra surtout là où le paysage syndical s'étiole. Mourad Rabhi n'a pas le même thermomètre :


<blockquote>« Certes, dans ma fédération textile, le taux de
syndicalisation est de 9%, mais ce n'est pas comme ça qu'il faut
compter. Hormis leur conviction, quel intérêt aujourd'hui pour les gens
de se syndiquer ? Mais, en cas de conflit, tout le monde se range
derrière les organisations syndicales. Pas derrière un collectif qu'on
ne voit jamais. »
</blockquote>
« Une absence d'organisation syndicale digne de ce nom »


A l'Unsa Education,
on regarde les Désobéissants avec méfiance. Dominique Thoby, déléguée
nationale aux revendications, réplique sur le terrain de la portée
idéologique :
<blockquote>« Je sais que des collègues ont des contacts localement
et je ne nie pas leur efficacité. Mais cet émiettement de la lutte est
dangereux. Nous pronons bien la désobéissance même si nous sommes
réformistes, mais il s'agit d'une consigne syndicale, collective. A
côté, nous défendons les collègues auprès de l'administration, là où
les collectifs tendent à les isoler. C'est alléchant médiatiquement,
mais il ne suffit pas de dire “roulez jeunesse” et de taper du poing
sur la table. »
</blockquote>
Côté bagage idéologique, Xavier Renou précise que « [son] cœur va à
SUD ». Mais, lui qui ne travaille plus depuis trois ans, lâche qu'il
n'a adhéré qu'une seule fois à un syndicat : à la CFDT, chez Greenpeace. Il fait aujourd'hui celui qui en rougit :
<blockquote>« Je m'en veux encore, c'est un peu une tâche sur mon
CV, mais j'étais à Greenpeace, les choses tournaient mal et un copain
plus au fait de la question syndicale avait décidé de créer une
section. »
</blockquote>

Stratégique, il ne ferme pas la porte aux autres centrales pour
autant et confie avoir de bons contacts avec une représentante
nationale de la CFDT qui serait à deux doigts de lui commander un stage
sur mesure pour apprendre à ses troupes à se mobiliser. Il attend
d'autres commandes de SUD-Rail et SUD-Education, « même si ça traine ».
De fait, l'accueil est bien meilleur chez SUD-Solidaires, où l'on dit regarder les Désobéisants « d'un œil plein de sympathie ». Eric Beynel :
<blockquote>« C'est aussi parce qu'il y a une absence d'organisation
syndicale digne de ce nom à un endroit qu'ils s'imposent comme un outil
positif. Nous travaillons bien depuis très longtemps avec les faucheurs
volontaires... Je ne vois pas le problème à ce que le cadre d'une lutte
ne soit pas que syndical. Ils apportent une expertise nouvelle, alors
qu'on constate qu'il y a de plus en plus de violences en marge des
manifestations. »
</blockquote>
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