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 Jack Lang à Cuba : Tintin et les cigares du Comandante

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Chien Guevara
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Date d'inscription : 10/06/2007

MessageSujet: Jack Lang à Cuba : Tintin et les cigares du Comandante   Mar 3 Mar - 20:08


Jack Lang à Cuba : Tintin et les cigares du Comandante

A son retour de Cuba, Jack Lang, émissaire de l'Elysée au pays de
Castro, a multiplié les poncifs pour justifier une visite dont le but
affiché pour Sarkozy est de griller la politesse à Obama dans sa
reconquête de l'Amérique latine de gauche... et de maintenir sur place
la position des sociétés françaises, dont Bouygues.


« Mon sentiment est qu'aujourd'hui une page se tourne, un nouveau chapitre de l'histoire peut s'écrire. »
Et Jack Lang aimerait bien figurer en note de bas de page... Lors d'une
conférence au Centre d'accueil de la presse étrangère le lundi 2 mars,
l'émissaire socialiste de l'Elysée envoyé quelques jours à Cuba
débriefait sa mission d'une vibrante langue de bois. Chargé de trouver
les « voies d'un dialogue » entre la France et le régime
cubain, il a rencontré pendant plusieurs heures Raul Castro, président
par intérim, qui lui a assuré qu'il était d'accord « pour que la coopération reprenne sans autre procédure ».
Pour quoi faire ? Sous quel forme ? Pas de détail technique : le Jack
Lang show est juste calibré pour impressionner les diplomates.

Griller Obama en Amérique latine... et au delà !

Etait-il vraiment l'homme de la situation ? Sans chichi, Jack raconte qu'il avait fait visiter le Louvre à « Fidel » lors de son passage à Paris en 1995. Et puis il y a ses liens avec « les intellectuels, les artistes et les dirigeants d'Amérique latine. ». Alors Cuba, il connaît ! Dépeignant le « peuple asphyxié par un embargo qui ne se justifiait que du temps de la guerre froide », il rappelle le conseil de François Mitterrand à Bill Clinton qui venait quérir sa sagesse : « levez l'embargo sur Cuba ! » Et qui donc a eu le courage de le faire ? Nicolas Sarkozy, président du Conseil de l'Union européenne, bien sûr !

Car si Jack a été envoyé dans les îles, c'est pour une tâche bien
sarkozyenne : griller la politesse à Barack Obama qui a promis de
renouer le dialogue avec le régime castriste ainsi qu'avec tous les
Etats n'employant pas la menace. Jack Lang fait son petit soldat et
pointe les contradictions des Américains qui font figurer Cuba sur la
liste des Etats voyous, « alors que la Corée du Nord en a été retirée ! » L'ancien ministre de la Culture promet d'ailleurs d'autres missions du même genre en Asie, en Iran et partout où il sera possible de doubler le
nouveau président américain. Son ambition le titille mais il assure
qu'il ne sera pas « émissaire à plein temps ».

Gêné aux entournures, Jack Lang s'empêtre dans ses justifications : « je n'appartiens pas à la majorité, je suis socialiste, j'appartiens à l'opposition »,
répète-t-il comme un mantra, alors qu'à chaque remaniement, il est
pressenti à un poste différent du nouveau gouvernement. Histoire de se
convaincre, il ajoute, en bon « homme de gauche » : « je fais le pari de l'intelligence, je fais le pari de la paix ! »

« Je ne suis pas l'homme miracle ! »
Seulement une fois qu'il s'agit d'énoncer les pistes économiques pour sortir le peuple de Cuba de la misère, l'émissaire de l'Elysée tombe quelque peu en panne d'arguments : « c'est l'un des premiers producteurs de rhum au monde et, même si je ne suis pas amateur, il exporte d'excellents cigares ! » Un peu léger pour relancer les échanges commerciaux avec l'île, non ? «
Je ne suis pas l'homme miracle : pour que l'économie cubaine se
développe, il faudrait qu'elle ne soit plus étouffée de dettes
», s'agace Jack Lang. Et l'ancien ministre de la Culture d'ajouter, presque excédé qu'on parle d'argent : « la
richesse ça ne s'exprime pas qu'en tonnes de matériaux, Cuba dispose
d'une énorme influence dans le monde grâce à sa musique, à sa matière
grise et à sa chorégraphie ! »
Les latins apprécieront la caricature.

Pas dupe de son propre argumentaire, Jack Lang avait reconnu que les
entreprises françaises disposent déjà à Cuba de bonnes bases, à
commencer par Bouygues. Propriétaire de rhumeries, Pernod Ricard est
fortement implanté. Mais, chez les Castro comme dans de nombreux Etats d'Amérique latine, les matières premières sont le nerf de la
diplomatie. Alors que le groupe Bolloré multiplie les navettes avec la
Bolivie qui dispose de riches ressources en lithium (indispensable pour
ses futurs batteries de voitures électriques), Cuba possède de
précieuses mines de nickel, un métal essentiel à l'industrie
électronique. Et quel terrible revers pour les droits de l'homme si les
Américains s'arrogeait l'exploitation de ces gisements !
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