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 Sarkozy, premier président pop-up

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Chien Guevara
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MessageSujet: Sarkozy, premier président pop-up   Mar 3 Mar - 1:37

Sarkozy, premier président pop-up

95ème semaine de Sarkofrance pour Juan. Tel une de ces fenêtres
surgissantes que les internautes connaissent bien, le président ne
cesse de faire des apparitions intempestives. Pas toujours bienvenues,
ni même à propos. Mais lui, contrairement aux pop-up, on ne peut pas le
bloquer.


Les internautes ont depuis longtemps l'habitude de bloquer, sur leur navigateur internet, l'apparition de ces fenêtres publicitaires intempestives appelées «pop-up ».

Nicolas Sarkozy a quelques similitudes avec ces «fenêtres surgissantes» du Web. Ce n'est pas nouveau. Depuis son élection, il occupe l'espace médiatique en multipliant les interventions. On aurait pu croire que la crise mériterait de concentrer les efforts et la réflexion. Il n'en est rien, bien au contraire.

Agitation convulsive
Depuis des semaines, Nicolas Sarkozy et ses proches nous ont gratifié d'une avalanche d'annonces, tantôt subies, comme les mesures sociales, ou l'intervention sur les Antilles, tantôt provoquées. Que dire ainsi du Conseil de la Création Artistique, cette récompense politique à quelques zélateurs reconvertis ? Où était également l'urgence à parler d'une réforme du statut du beau-parent et de la réduction du congé parental ? Plus grave, que penser de la nomination directe des dirigeants de l'audiovisuel public ? Ou de la suppression du juge d'instruction ?

Depuis quelques jours, d'opportunes fuites dans la presse sur un nouveau sujet ont permis de divertir l'opinion et les médias de quelques 90 200 chômeurs supplémentaires : la réforme de l'organisation territoriale est la distraction idéale pour l'exécutif sarkozyen. Une commission bi-partisance, des fausses conclusions livrées aux médias, un rapport qui fait peur aux élus de droite comme de gauche. Un pur bonheur ! Les oppositions de tous bords se mobilisent, des sites fleurissent, des pétitions circulent. Quelqu'un a-t-il compris l'intérêt de cette réforme ? De son opportunité actuelle ? S'agirait-il d'économiser quelques dépenses de fonctionnement redondantes de ces administrations locales ? Même pas ! Ce sujet n'était pas dans le périmètre de mission du comité Balladur !

Vendredi, Jean-Louis Borloo lançait l'idée d'un «Grenelle de la Mer», nouveau «pop up» présidentiel. Les pêcheurs souffrent de la crise. Les clients ne sont plus là. La grande distribution conserve ses marges. Plutôt que d'agir rapidement, voici donc le ministre du «débat durable» qui propose une nième conférence pour «parler de tous les sujets»: le développement «harmonieux» du littoral, le développement d'activités maritimes «compétitives et soutenables sur le plan environnemental», la valorisation des métiers de la mer, et «l'instauration d'une nouvelle gouvernance aux niveaux national et international». Et si on arrêtait de causer ?

Le chef de l'Etat et ses proches conseillers s'accrochent à l'électorat de droite. Ils restent persuadés que ces annonces à répétition leur sont profitables. La dégringolade sondagière de la popularité de l'exécutif, et l'endurance des protestations montrent que les Français n'adhèrent plus.

Les Français n'accrochent plus
La résistance aux «réformes» et les protestations contre les lacunes des mesures anti-crise se durcissent. Les «pop-up» présidentiels n'y font rien.

Mercredi, François Fillon a dû rompre une promesse du candidat Sarkozy: les suppressions de postes d'enseignants-chercheurs seront gelées en 2010 et 2011. Mais 900 postes restent supprimés cette année. Il a aussi confirmé la réécriture du décret modifiant leur statut, une concession lâchée la semaine dernière par Valérie Pécresse. Ce fichu décret qui prévoyait de «donner la possibilité au président d’université de moduler les heures d’enseignement, à la hausse ou à la baisse, en fonction de l’activité de recherche des enseignants-chercheurs» n'en finit pas d'être réécrit. Peine perdue, des enseignants, chercheurs et étudiants manifestaient à nouveau jeudi. Vendredi, Valérie Pécresse est restée sept heures avec les présidents d'universités puis trois des syndicats, pour tenter de réécrire son projet. Le principal syndicat de l'enseignement supérieur, le Snesup-FSU, avait décliné l'invitation estimant l'ordre du jour «insuffisant».
En Guadeloupe, l'Etat a lâché ce qu'il fallait pour que le LKP obtienne bientôt satisfaction: Fillon a confirmé le versement par l'Etat, à titre transitoire jusqu'à début 2011, d'un revenu supplémentaire de 80 euros par mois à tous les salariés touchant moins de 1,4 SMIC en Guadeloupe. Un accord sur une hausse salariale de 200 euros nets a pu être ensuite paraphé par quatre organisations. Mais le Medef et la CGPME, les deux principaux organismes patronaux, ont refusé. Et si Sarko s'en mêlait enfin ?

Sur le front de l'économie, il a bien fallu également commenter les mauvaises nouvelles. En janvier, la France a jeté 90 200 chômeurs de plus dans les bras du pôle emploi. C'est la plus forte progression jamais enregistrée depuis la création des statistiques du chômage... Toutes les catégories sont touchées : les moins de 25 ans (+ 5,1 %), les 25-49 ans (+ 4,1 %), les plus de 50 ans (+ 3,9 %), les chômeurs de longue durée (+ 3,8 %). Et les licenciements économiques ont bondi de + 23,5 % sur trois mois. A ce rythme-là, le chômage grossira d'un million de sans-emplois supplémentaires cette année ! Même le Figaro se permet de noter que «Janvier est le neuvième mois consécutif de hausse ». Le chômage remonte donc depuis ... mai 2008 ! La dégradation de l'emploi a bien démarré avec la montée en puissance de la défiscalisation des heures supplémentaires...

Les proches s'inquiètent
Quelques jours après l'élection présidentielle, nous exhortions Nicolas Sarkozy à se dépêcher d'agir, afin de «dissiper les malentendus ». Nous nous sommes trompés. Mea culpa. Passés quelques mois, les réformes ont laissé place à une agitation immobile. Sarkozy parle mais rien ne suit. Sarkozy giffle et chacun se tait. Rappelez-vous le plan de relance. Choisir l'investissement contre la consommation était une erreur. Pire, il a fallu sortir des tiroirs des projets d'investissement qui ne serviront à rien ou trop tard. Trop de précipitation, pas assez de réflexion, aucun dialogue. Belle méthode !
Les ministres s'essoufflent. les conseillers s'inquiètent: «Une fois qu'on a décidé, on n'est pas capable de suivre les réformes. C'est humainement, administrativement, impossible», a affirmé au Monde un conseiller anonyme de l'Elysée. Certains regrettent la centralisation excessive du pouvoir dans les mains du Président: elle se révèle aujourd'hui terriblement inefficace et contre-productive. Sarkozy ne récompense que ses amis, ces proches qui ne le contestent jamais. Bref, il paye son problème de comportement.

Sarkozy se retranche
Depuis sa tournée des voeux ratée début janvier, Nicolas Sarkozy s'épargne tout contact populaire, toute visite spontanée, tout échange avec la presse. Les préfets en rajoutent dans la psychose sécuritaire, de peur de se faire congédier comme leur collègue de Saint-Lô en janvier dernier.

Samedi, il sillonne au pas de course le Salon de l'Agriculture, préventivement nettoyé d'éventuels gêneurs; et les rares badauds enthousiastes qu'il salue à l'entrée ne sont que des militants UMP qui ont reçu chez eux un carton d'invitation présidentielle. On se croirait à ... Cuba ! Nicolas Sarkozy a sans doute compris que ses sorties en plein air sont désormais comptées.

Lundi, le président déjeune avec 11 enseignants triés sur le volet et fait dire à Xavier Darcos qu'il «a beaucoup insisté sur le fait que lui, président de la République, souhaitait pouvoir établir un contact plus direct avec le monde enseignant». Sans rire ? L'un des 11 travaillait pour Richard Descoing, missionné par Sarkozy sur la réforme de la classe de seconde. Un autre s'était fait connaître pour un livre prônant le retour d'une ferme discipline à l'école

Mardi, il part à Rome, chez son ami Bersluconi. Les problèmes le suivent. Son homologue italien n'a pas peur, lui, des conférences de presse. Sarkozy les évite depuis longtemps. Il est coincé. Un journaliste imprudent, du Figaro de surcroît, lui demanda les raisons de son impopularité, alors que son hôte italien reste au sommet des sondages... Pire, il a dû se justifier sur l'affaire Pérol.

Les vrais mensonges sont ailleurs
Cette semaine, Sarkozy a surtout loupé le coche de l'éthique. Pour une fois que l'Etat affirmait son interventionisme bancaire en forçant la fusion de deux établissements mal en point, avec 20% du capital en contre-partie à terme, voici que le Monarque se vautre.

Première boulette, il fait nommer son proche conseiller et secrétaire général adjoint François Perol. Beau conflit d'intérêt ! Le haut fonctionnaire qui a travaillé directement à cette fusion, et au plan de soutien aux banques du pays, est devenu le directeur général des Caisses d'Epargne (mercredi) et des Banques Populaires (jeudi), en attendant la fusion des deux établissements d'ici juin prochain.

Seconde boulette, Nicolas Sarkozy est pris en flagrant délit de mensonge d'Etat ! L'Elysée a affirmé que la Commission de déontologie de la Fonction Publique, qui «a pour rôle de contrôler le départ des agents publics, et de certains agents de droit privé, qui envisagent d’exercer une activité dans le secteur privé et dans le secteur public concurrentiel» avait trouvé le temps de donner un avis «Off» favorable. Sarkozy lui-même affirma à Rome que «la nomination de Pérol ne pose pas de problème». Faux. Le lendemain, Le Monde publiait la fameuse «preuve», un simple courrier de confort écrit à titre personnel par le président de cette commission, Olivier Fouquet. Vendredi 27, la dite Commission n'était toujours pas saisie et la presse publiait un courriel d'Olivier Fouquet expliquant les dessous de l'affaire: «visiblement le Président n'a pas tout compris». Samedi, on nous explique qu'il est finalement inutile de la saisir...
Certains continueront d'argumenter que «la fin justifie les moyens», autrement dit que François Pérol est l'homme de la situation... C'est le «meilleur» pour le poste, a d'ailleurs expliqué le président vendredi ! Et si c'était le contraire ? Pérol, à l'époque associé gérant à la banque Rothschild, avait conseillé les deux entités à créer Natixis, une filiale commune qui s'est révélée un gouffre financier avant même la crise financière.

La comparaison avec Barack Obama est frappante: ses efforts et annonces sont concentrés sur un double objectif, économique et éthique: sortir le pays de la crise et redorer le blason de l'Amérique. Obama multiplie les plans de soutien à l'économie (plan de relance, soutien à l'automobile, et bientôt un nouveau secours aux banques) et de protection des foyers américains (propriétaires expulsés, assurance maladie, etc). En parallèle, il cherche à grandir l'Amérique, en instaurant des règles strictes de déontologie militaire (renonciation à la torture), politique (interdiction faite à ses conseillers de pantoufler dans un secteur dont ils auraient la charge pendant la durée de son mandat), ou écologique (investissements dans la recherche et le développement durable).

Nicolas Sarkozy voulait une rupture. Il va l'avoir. Il l'a sous les yeux mais ce n'est pas celle qu'il attendait.
Le système craque, tel le Titanic, frappé par l'iceberg des subprimes.

Et la France a le malheur d'être dirigée par un Monarque agité mais immobile qui rêve d'être prix Nobel de la Paix... Et si on désactivait une bonne fois pour toute ce «pop up» ?
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MessageSujet: Re: Sarkozy, premier président pop-up   Mar 3 Mar - 22:57

Y a tout compris ,là Juan !!

Excellent termes Président "Pop up" !!!


Rey le Cht'i

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Chien Guevara
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MessageSujet: Re: Sarkozy, premier président pop-up   Mar 3 Mar - 23:54

Oui, il apparait sans qu'on l'appelle, sans qu'on ai envie de le voir ; et quand on l'élimine, il revient !!
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MessageSujet: Re: Sarkozy, premier président pop-up   Aujourd'hui à 0:47

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