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 Après les lycéens, les facs en ébullition

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Chien Guevara
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Nombre de messages : 9406
Date d'inscription : 10/06/2007

MessageSujet: Après les lycéens, les facs en ébullition   Sam 24 Jan - 2:29

Après les lycéens, les facs en ébullition



Universités. La fronde s’organise dans le supérieur. Une « coordination
nationale » se réunit aujourd’hui à Paris. Décryptage des principales
raisons de la colère.

Alors que le mouvement lycéen peine à se relancer, celui des enseignants-chercheurs est en pleine ascension. Les effets de la loi LRU (libertés et
responsabilités des universités), votée en août 2007, continuent à se
faire sentir. Modification du statut des enseignants-chercheurs,
mastérisation des concours, non-remplacement des départs à la retraite,
démantèlement des organismes de recherche (CNRS, INSERM)… Pour les
enseignants, la coupe est pleine. Depuis trois semaines, les
universités enchaînent pétitions, assemblées générales, grèves et
manifestations, rejetant ainsi la philosophie de la loi dans son
ensemble. Aujourd’hui se tient dans une annexe de l’université Paris-I
Panthéon Sorbonne (1), la première réunion de la Coordination nationale
des universités, à laquelle participeront une vingtaine
d’établissements. À l’ordre du jour, les modalités de la poursuite du
mouvement. Tour d’horizon des réformes qui fâchent.

Statut des enseignants-chercheurs : le décret de trop

Le 1er décembre 2008, Valérie Pécresse informe les présidents
d’université de sa volonté de modifier le statut des
enseignants-chercheurs. Un bouleversement de fond dans la carrière des
universitaires. La répartition du temps de service entre enseignement,
recherche et tâches administratives sera désormais modulée par
l’université. Le 5 janvier 2009, dans un lettre envoyée au président
Sarkozy, la Conférence des présidents d’université (CPU) relaie cette
vive inquiétude : « Ce qui crée le malaise est la conception même de la
modulation des services (…), qui revient en fait à alourdir le temps
d’enseignement de ceux que le Conseil national des universités aura
jugé moins performant en recherche (…). Cela revient à considérer
l’enseignement universitaire comme une activité par défaut, alors que
l’enseignement est au contraire l’activité la plus noble. »

Le décret a donc été vécu comme une défiance du gouvernement à
l’égard de la profession. « Les universitaires sont suspectés de ne pas
accomplir correctement leur double tâche d’enseignement et de
recherche. Faire dépendre le service d’enseignement de critères
d’évaluation de la recherche, c’est risquer d’assimiler l’activité
noble qu’est l’enseignement à une sanction », analysent des enseignants
signataires du texte « Pas de normalisation par le bas. » Qui décidera
du niveau de recherche de chaque enseignant ? Sur la base de quels
critères ? Valérie Pécresse a assuré que le Conseil national des
universités (CNU), instance nationale consultative et décisionnaire,
continuerait à se charger de la qualification, du recrutement et de la
carrière des enseignants-chercheurs. Ce qu’elle ne dit pas, c’est que
l’évaluation du CNU servira uniquement de base à une décision finale
rendue par le président de l’université. L’instance universitaire
locale verrait alors ses pouvoirs décuplés. « Les luttes de pouvoir
vont se multiplier. Chacun cherchera à tirer son épingle du jeu et le
président de l’université pourra jouer de cela pour imposer ses vues »,
explique Bertrand Binoche, professeur de philosophie de Paris-I. Et
d’ajouter : « Comme pour les juges, comme pour la télévision, les
chercheurs sont sur le point de perdre leur indépendance
intellectuelle. » Les enseignants dénoncent également la volonté de
faire peser sur eux toujours plus de tâches administratives : tutorat,
suivi des stages, recherche de financements, fonctions d’intendance et
de secrétariat…

Formation des enseignants : pas de stage rémunéré

Étudiants et enseignants s’opposent à une mastérisation des concours
de recrutement des enseignants. La première mesure gouvernementale
concerne la valorisation de la formation en IUFM grâce à un diplôme (le
master). Cette qualification devrait entraîner une meilleure
rémunération. Ce qui n’est pas précisé : le projet prévoit la
suppression de l’année de stage rémunérée. La revalorisation annoncée
ne concerne que les débuts de carrière. Le calendrier de recrutement
réduit le master à un semestre de cours et à un autre de stage. Enfin,
le niveau d’exigence des concours sera celui de la 3e année de licence.
Présentes à la manifestation des enseignants du 20 janvier, Audrey et
Floriane, étudiantes en licence d’histoire-géo à Paris-VII, veulent
enseigner dans le secondaire. Elles se sentent logiquement concernées :
« Je ne vois pas comment, en une année, on arriverait à faire le
mémoire et préparer le concours. Et puis, on ne se voit pas débarquer
devant une classe sans aucune expérience. » De son côté, Thomas englobe
ce mouvement dans un contexte plus large : « C’est l’ensemble du
système public français qui ne cesse de subir des attaques. On débloque
des milliards d’euros pour les banques. Et pour l’éducation, pour la
santé ? Rien… »

Accord France-Vatican : la laïcité menacée

Passé inaperçu dans l’avalanche des projets de réforme, l’accord
entre la France et le Vatican entérine une reconnaissance nationale des
diplômes délivrés par les instituts catholiques contrôlés par le
Vatican au même titre que ceux des universités publiques. Dans l’appel
lancé depuis l’université de Strasbourg (lire notre édition du 13
janvier), réclamant une réforme concertée de l’université, cet accord
est présenté comme « la goutte d’eau » : « Voici enfin que les valeurs
républicaines et laïques sont remises en question par la reconnaissance
internationale, à l’initiative de notre ministère des Affaires
étrangères, des diplômes délivrés par les instituts catholiques. » Pour

les présidents d’université, cette convention constitue « un
précédent inacceptable » : « Quelle nécessité d’avoir ajouté cette
clause provocatrice (…) qui ne peut que soulever les protestations de
l’ensemble de la communauté universitaire ? »

La précipitation des réformes, le flou des textes et l’inflexibilité
de la ministre de l’Enseignement supérieur sont autant d’ingrédients
pour continuer à faire bouillonner le mouvement engagé par les
professeurs, étudiants et personnels de l’université. État des lieux de
ce bouillonnement, aujourd’hui à la Sorbonne.

(1) Amphithéâtre du centre Saint-Charles, 47-53 rue des Bergers,

Paris (15e), à partir de 11 heures.
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