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 Crise: par Serge Berstein, historien (vidéos)

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Chien Guevara
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Nombre de messages : 9406
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MessageSujet: Crise: par Serge Berstein, historien (vidéos)   Mar 4 Nov - 2:12

Crise : doit-on craindre une montée des extrémismes comme en 1929?

Le célèbre historien, Serge Berstein, retrace pour Marianne2 les
conséquences de la crise de 29 dans l'Allemagne de
l'entre-deux-guerres. La peur du chômage et le discrédit de la
politique libérale engendrèrent la montée du nazisme.

Vidéo 1/2 :
Partie 1Comment la crise de 29 fit lit du nazisme


Bien sûr, l'Allemagne des années vingt n'est pas celle des années 2000.
Quand éclata la crise de 1929, la République de Weimar (1919-33) était
le premier régime démocratique jamais connu par l'Allemagne de toute
son histoire ! Naissante, la démocratie n'en était que plus fragile.
Tout juste sortie de la Première Guerre Mondiale (1914-1918), la
population gardait les stigmates de l'humiliation infligée par la
défaite, et nourrissait l'espoir d'une revanche.
L'Allemagne d'hier n'a donc rien à voir avec celle
d'aujourd'hui. Par conséquent, il ne s'agit pas ici d'agiter le spectre
d'un renouveau nazi.

Cependant, on peut légitimement se
demander comment la crise économique et sociale qui frappa l'Europe des
années 30 contribua à la radicalisation des idéologies. Car si le
contexte international et européen a fortement changé, les mêmes peurs
et donc les mêmes réflexes peuvent refaire surface mais sous une autre
apparence.

Dans cette première partie, Serge
Berstein raconte de quelle façon la crise de 1929 fit émerger en
Allemagne une psychose, la peur du chômage. Elle s'empara en
particulier des classes moyennes qui furent prises d'effroi à l'idée de
se prolétariser.
Il explique aussi comment le gouvernement de la République de Weimar
s'obstina à vouloir n'apporter qu'une réponse strictement libérale à la crise. Des échecs successifs qui ne discréditèrent pas seulement les hommes politiques, mais aussi l'idée de démocratie.




Crise : attention à la tentation de rechercher un «sauveur»


Le célèbre historien Serge Berstein retrace pour Marianne2 les
conséquences de la crise de 29 dans l'Allemagne de
l'entre-deux-guerres. Dans cette deuxième partie, il explique comment
le peuple allemand sacrifia la démocratie en pensant sauver l'économie.

Vidéo 2/2 :
Comment la crise de 29 fit lit du nazisme 2/2


Hier, dans la première partie de cette interview, l'historien politique
Serge Berstein retraçait les conséquences sociales et politiques de la
crise de 1929 en Allemagne. Dans cette seconde partie, il décortique le
mécanisme implacable de la terreur économique, quand la peur de la
pauvreté et du chômage font perdre pied à toute une société.

Dans les années qui suivirent la
crise, les Allemands considérèrent que la priorité était de sauver
avant tout l'économie. Ainsi, ils renoncèrent à leurs libertés
individuelles et fermèrent les yeux sur les exactions nazies, pensant
qu'Hitler pouvait endiguer la paupérisation.

Serge Berstein revient ici sur une
logique humaine que l'on retrouve dans toute l'histoire politique
contemporaine ; pas seulement en Allemagne, mais aussi en Italie, en
France, et aux Etats-Unis. À chaque grande crise, la société a tendance
à rechercher «un homme providentiel», «un sauveur», qui promet de faire preuve d'efficacité, d'énergie et d'action. L'Allemagne de 1930 pensa trouver ce sauveur dans Hitler.

Enfin, comme le souligne cet historien, une question centrale est plus
que jamais d'actualité : Qu'est ce qui reste d'éthique dans une société
qui est atteinte par la crise économique ? Est ce que la volonté de
sauver à tout prix les statuts sociaux tels qu'ils existent n'efface
pas tout le reste, et ne conduit pas à accepter des situations qu'on
juge en temps normal inacceptables?


Dernière édition par Chien Guevara le Mar 4 Nov - 2:35, édité 1 fois
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Date d'inscription : 11/06/2007

MessageSujet: Re: Crise: par Serge Berstein, historien (vidéos)   Mar 4 Nov - 2:29

Chien Guevara a écrit:
[size=24][b]
Enfin, comme le souligne cet historien, une question centrale est plus que jamais d'actualité : Qu'est ce qui reste d'éthique dans une société qui est atteinte par la crise économique ? Est ce que la volonté de sauver à tout prix les statuts sociaux tels qu'ils existent n'efface pas tout le reste, et ne conduit pas à accepter des situations qu'on juge en temps normal inacceptables?

telles des autruches ..... ou des moutons ... Evil or Very Mad

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MessageSujet: Re: Crise: par Serge Berstein, historien (vidéos)   Ven 21 Nov - 10:29

GEAB N°28 est disponible!
Alerte Crise Systémique Globale - Eté 2009 :
Cessation de paiement du gouvernement américain
- Communiqué public GEAB N°28 (15 octobre 2008) -
http://www.leap2020.eu/GEAB-N-28-est-disponible!-Alerte-Crise-Systemique-Globale-Ete-2009-Cessation-de-paiement-du-gouvernement-americain_a2240.html?PHPSESSID=1052dc5afc031d669f7c527aff08b923

GEAB N°28 est disponible! Alerte Crise Systémique Globale -
Eté 2009 : Cessation de paiement du gouvernement américain
A l'occasion de la parution du GEAB N°28, LEAP/E2020 a décidé de lancer une nouvelle alerte dans le cadre de la crise systémique globale car nos chercheurs estiment qu'à l'été 2009, le gouvernement américain sera en cessation de paiement et ne pourra donc pas rembourser ses créditeurs (détenteurs de
Bons du Trésor US, de titres de Fanny Mae et Freddy Mac, etc.). Cette situation de banqueroute aura bien évidemment des conséquences très négatives pour l'ensemble des propriétaires d'actifs libellés en dollars US. Selon notre équipe, la période qui s'ouvrira alors deviendra propice à la mise en place d'un « nouveau Dollar » destiné à remédier brutalement au problème de la cessation de paiement et de la fuite massive de capitaux hors des Etats-Unis. Ce processus découlera des cinq facteurs suivants qui sont
analysés plus en détail dans le GEAB N°28 :

1. L'évolution récente, à la hausse, du Dollar US est une conséquence directe et provisoire de la chute des bourses mondiales

2. Le « baptême politique » de l'Euro vient juste d'avoir lieu donnant une alternative « de crise » au Dollar US, en tant que « valeur-refuge » crédible

3. La dette publique américaine s'enfle de manière désormais incontrôlable

4. L'effondrement en cours de l'économie réelle des Etats-Unis empêche
toute solution alternative à la cessation de paiement

5. « Forte inflation ou hyper-inflation aux Etats-Unis en 2009 », là est la seule question.

Mais on peut déjà se faire une idée de l'évolution à venir en regardant l'Islande que notre équipe suit à la loupe depuis début 2006. Ce pays constitue en effet un bon exemple de ce qui attend les Etats-Unis, et également
le Royaume-Uni. On peut considérer, comme d'ailleurs bon nombre d'Islandais aujourd'hui, que l'effondrement du système financier islandais est venu du fait qu'il était surdimensionné par rapport à la taille de l'économie du pays.



L'Islande s'est en fait prise en matière financière pour le Royaume-Uni (1). Comme le Royaume-Uni en matière financière s'est lui-même pris pour les Etats-Unis et que les Etats-Unis se sont pris pour la planète entière,
il n'est pas inutile de méditer le précédent islandais (2) pour appréhender le cours des évènements des douze prochains mois à Londres et Washington (3).

Nous assistons en effet actuellement à un double phénomène historique :

. d'une part, depuis le mois de Septembre 2008 (comme annoncé dans le GEAB N°22 de Février 2008), l'ensemble de la planète est désormais conscient de l'existence d'une crise systémique globale caractérisée par un effondrement
du système financier américain et sa contagion au reste de la planète.

. d'autre part, un nombre croissant d'acteurs mondiaux entreprennent d'agir par eux-mêmes devant l'inefficacité des mesures préconisées ou prises par les Etats-Unis, pourtant centre du système financier mondial depuis des décennies.
L'exemple du 1° Sommet de l'Euroland (ou Eurozone ), qui s’est tenu Dimanche 12 octobre 2008 et dont les décisions, par leur ampleur (près de 1.700 milliards EUR) et leur nature (4), ont permis un retour de confiance sur les marchés financiers de toute la planète, est à ce titre tout-à-fait exemplaire du « monde d'après-Septembre 2008 ».



Car il y a bien un « monde de l'après-Septembre 2008 ». Pour notre équipe, il est désormais évident que ce mois restera dans les livres d'histoire de l'ensemble de la planète comme celui « datant » le déclenchement de la crise
systémique globale ; même s'il ne s'agit en fait que de la phase de « décantation », la dernière des quatre phases de cette crise identifiée dès Juin 2006 par LEAP/E2020(5). Comme toujours quand il s'agit de grands ensembles
humains, la perception du changement par le plus grand nombre n'intervient que lorsque le changement est en fait déjà bien engagé.

En l'occurrence, Septembre 2008 marque l'explosion majeure du « détonateur financier » de la crise systémique globale. Selon LEAP/E2020, ce second semestre 2008 est en effet le moment où « le monde plonge au cœur de
la phase d'impact de la crise systémique globale » (6). Ce qui veut dire pour nos chercheurs qu'à la fin de ce semestre, le monde entre dans la phase dite de « décantation » de la crise, c'est-à-dire la phase où l’on voit les conséquences du choc se mettre en place. C'est de facto la phase la plus longue de la crise (entre trois et dix ans selon les pays) et celle qui va affecter directement le plus grand nombre de personnes et de pays. C'est l'étape qui va voir également se dégager les composantes des nouveaux équilibres mondiaux dont LEAP/E2020 présente deux premières
illustrations graphiques dans ce GEAB N°28 (7).

Ainsi, comme nous l'avons répété à plusieurs reprises depuis 2006, cette crise est beaucoup plus importante, en termes d'impact et de conséquences, que celle de 1929. Historiquement, nous sommes tous les premiers acteurs,
témoins et/ou victimes d'une crise qui affecte toute la planète, avec un degré sans précédent d'interdépendance des pays (du fait de la globalisation de ces vingt dernières années) et des personnes (le degré d'urbanisation, et donc de
dépendance pour les besoins de base - eau, nourriture, énergie, ... - est aujourd'hui sans précédent dans l'Histoire).
Cependant, le précédent des années 1930 et ses terribles conséquences destructrices semblent à nos chercheurs assez présents dans les mémoires collectives pour nous permettre, si les citoyens sont vigilants et les dirigeants
lucides, d'éviter un bis repetita conduisant à une (ou des) conflagration(s) majeure(s).

Europe, Russie, Chine, Japon,... constituent sans aucun doute les acteurs collectifs pouvant d'assurer que l'implosion en cours de la puissance dominante de ces dernières décennies, à savoir les Etats-Unis, ne conduise pas la planète
dans une catastrophe. En effet, à l'exception de l'URSS de Gorbatchev, les empires ont tendance à tenter vainement d'inverser le cours de l'Histoire quand ils sentent leur puissance s'effondrer. C'est aux puissances partenaires de canaliser pacifiquement le processus, ainsi qu'aux citoyens et élites du pays concerné de faire preuve de lucidité pour affronter la période très pénible qui se prépare.



La « réparation d'urgence » des canaux financiers internationaux, réalisée avant tout par les pays de la zone Euro en ce début de mois d'Octobre 2008 (Cool, ne doit pas masquer trois faits essentiels :

. cette « réparation d'urgence », nécessaire pour éviter une panique qui menaçait d'engloutir tout le système financier mondial en quelques semaines, ne traite provisoirement qu'un symptôme. Elle ne fait qu'acheter du temps, deux à trois mois maximum, car la récession globale et l'effondrement de l'économie américaine (le tableau ci-dessus montre ainsi la vertigineuse croissance des fonds prêtés aux banques américaines par la Réserve fédérale) vont s'accélérer et créer de nouvelles tensions économiques, sociales et politiques qu'il faut traiter par anticipation dès le mois prochain (une fois les « paquets financiers » mis en oeuvre)

. même s'il était absolument nécessaire de remettre en marche le système de crédit, les gigantesques moyens financiers consacrés sur toute la planète aux « réparations d'urgence » du système financier mondial seront autant de moyens qui ne pourront pas être mis à disposition de l'économie réelle dans les mois à venir pour faire face à la récession globale . la « réparation d'urgence» constitue une marginalisation, et donc un affaiblissement supplémentaire des Etats-Unis, puisqu'elle met en place des processus contraires à ceux prônés par Washington pour les 700 Milliards USD du TARP de Hank Paulson et Ben Bernanke : une recapitalisation des banques par les gouvernements (décision qu'Hank Paulson est obligé de suivre maintenant) et une garantie des prêts interbancaires (en fait les gouvernements de l'Euroland se substituent aux assureurs de crédits, une industrie au cœur de la finance mondiale et essentiellement américaine depuis des décennies). Ces évolutions détournent toujours plus de relais décisionnels et de flux financiers hors de l'orbite
américaine à un moment où l'économie des Etats-Unis et l'explosion de leur dette publique (9) et privée en auraient plus que jamais besoin ; sans même parler des retraites qui s'envolent en fumée (10).

Le dernier point illustre comment, dans les mois à venir, les solutions à la crise et ses différentes séquences (financière, économique, sociale et politique) vont diverger de plus en plus : ce qui est bon pour le reste du monde ne le sera pas pour les Etats-Unis (11) et désormais, Euroland en tête, le reste du monde semble déterminer à faire ses propres choix.

Le choc brutal que générera la cessation de paiement des Etats-Unis à l'été 2009 est en partie une conséquence de ce découplage décisionnel des grandes économies du monde par rapport aux Etats-Unis. Il est prévisible et peut être amorti si l'ensemble des acteurs commencent dès maintenant à l'anticiper ; c'est d'ailleurs l'un des thèmes développés dans ce
GEAB N°28. LEAP/E2020 espère seulement que le choc de Septembre 2008 aura « éduqué » les responsables politiques, économiques et financiers de la planète afin qu'ils comprennent qu'on agit mieux par anticipation que dans l'urgence.
Il serait dommage que l'Euroland, l'Asie et les pays producteurs de pétrole, tout comme les citoyens américains d'ailleurs, découvrent brutalement au cours de l'été 2009, à la faveur d'un week-end prolongé ou d'une fermeture administrative des banques et bourses pour plusieurs jours sur le territoire américain, que leurs Bons du Trésor US et leurs Dollars US ne valent plus que 10% de leur valeur car un « nouveau Dollar » vient d'être instauré (12).
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MessageSujet: Re: Crise: par Serge Berstein, historien (vidéos)   Ven 21 Nov - 11:01

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MessageSujet: Re: Crise: par Serge Berstein, historien (vidéos)   Aujourd'hui à 3:18

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