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 mysoginie dans la musique

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MessageSujet: mysoginie dans la musique   Ven 31 Oct - 18:44

Il est très rare qu'une femme dirige un orchestre symphonique; à ma connaissance, très peu d' orchestres au monde sont dirigés par une femme.Hormis les formations vocales comme Accentus ( dirigée merveilleusement par Laurence Equilbey ), la mysoginie règne en maîtresse. Les musiciens des orchestres de renom n'acceptent pas que la maîtrise , le rythme, la conduite d'orchestres ( souvent à majorité masculines ) reviennent à une femme, quelle que soit sa qualité.

MUSIQUE CLASSIQUE - Chef d'orchestre, l'un des métiers les plus prestigieux du monde, se décline encore largement au masculin. Les femmes, elles, bataillent contre des clichés tenaces. Tour d'horizon.
On les cherche, souvent en vain, à la tête de grandes formations. On les trouve rarement à l'affiche de nos institutions. Car les cheffes d'orchestre sont une denrée rare, très rare: «La musique classique est l'un des milieux les plus conservateurs, où l'apparence physique compte énormément», explique Claire Gibault, ancienne cheffe permanente de l'Opéra de Lyon et actuelle codirectrice de l'Orchestre Mozart de Bologne aux côtés de Claudio Abbado. «C'est une fonction liée au pouvoir, à l'argent, à l'autorité. On a de la peine à voir une femme dans ce rapport de forces.» Cette Française de 60 ans l'a appris, une fois de plus, à ses dépens: l'an dernier, l'Orchestre de Radio France n'a pas voulu d'elle au seul motif qu'elle était une femme. «Quand le directeur du Châtelet leur a proposé mon nom pour la création mondiale de Peter Pan, un opéra de Patrick Burgan, ils ont refusé sans même demander à me rencontrer.» Dénonçant cette attitude misogyne, le directeur a décidé de maintenir Claire Gibault et de se tourner vers un autre orchestre, «nettement moins conservateur» (lire Le Monde du 24 octobre).


Haut plafond

Anecdote sans pareille? Pas vraiment. Cheffe d'orchestre et première directrice du Conservatoire supérieur et Académie de musique Tibor Varga de Sion, Monica Buckland en convient: «Une fois qu'on est au pupitre, face à l'orchestre, il n'y a plus aucun problème. Mais pour y accéder, c'est une autre paire de manches!»
Et la cheffe helvético-britannique de préciser qu'elle a «tout entendu» de la part des directeurs, programmateurs et autres intendants d'orchestre – physique inadéquat, manque d'autorité... Souvent écartée parce qu'elle était une femme, Chantal Wuhrmann, cheffe à l'Orchestre de chambre romand de Berne, se souvient des propos d'un directeur: «Il m'a dit que s'il engageait une femme, la moitié de l'orchestre risquait de démissionner!»
Aujourd'hui, le ton se fait plus doux. «Les directeurs ont été sensibilisés au politiquement correct, poursuit Monica Buckland. Ils vous répondront simplement que vous n'avez pas le profil désiré.» Loin d'être «amère», la cheffe se réjouit tout de même des améliorations de ces sept ou huit dernières années. «Nous sommes un peu mieux acceptées. Mais le plafond de verre n'a pas disparu. Il est simplement plus haut.»


Loin du mythe

Résultat: elles sont une petite poignée à briller à la tête de grandes institutions – Marin Alsop à l'Orchestre symphonique de Baltimore, Simone Young à l'Opéra de Hambourg. Et les autres? Certaines galèrent pour se faire inviter régulièrement. D'autres s'orientent naturellement vers la direction chorale. Ou se concentrent sur le répertoire baroque ou contemporain, «des domaines qui intéressent moins les hommes», commente Claire Gibault.
La semaine prochaine à Genève, Chien-Lien Wu, cheffe des choeurs du Grand Théâtre, mènera l'Orchestre de la Suisse romande à la baguette, à l'occasion d'un concert choral: «J'ai été formée à la direction de choeur et d'orchestre, raconte-t-elle. J'ai choisi la première option, par goût d'abord, et aussi par opportunité. Parce que lorsqu'on est une femme, on vous fait moins confiance et la chance se présente moins souvent.» Bref, en musique classique, les parcours féminins ne ressemblent pas souvent à la «carrière traditionnelle et mythique du chef, qui dirige une symphonie de Mahler ou de Bruckner avec un grand orchestre autour de lui», poursuit Claire Gibault.


Comme au zoo

D'un côté donc, un plafond en verre armé. De l'autre, des préjugés bien ancrés, dans l'orchestre comme dans la salle. «Certains spectateurs viennent me voir en concert comme on va au zoo, par simple curiosité, s'amuse Chantal Wuhrmann. A la fin, ils me félicitent en disant: c'est fantastique, vous dirigez comme un homme!» Au sein de l'orchestre, les hommes s'estiment en danger: «Encore un domaine où vous allez prendre notre place», lui assènent-ils. Sans parler des musiciennes, qui elles aussi se sentent remises en cause par une femme qui bouscule un peu trop les clichés.
Surtout, le milieu craint un manque supposé de sévérité, «parce que quand on est chef, il paraît qu'il faut crier et commander», ironise Chantal Wuhrmann. Et pourtant, il y a mille manières de faire ce métier, raconte Claire Gibault. «Claudio Abbado dirige tout en douceur. Est-ce que cela le rend moins viril? Il faut sortir de ce rapport dominant-dominé. La direction d'orchestre, c'est une question de respect mutuel.» I ---------------------

A contre-courant des normes bourgeoises

Entretien avec Irène Minder-Jeanneret*, musicologue, chercheuse et ancienne vice-présidente du Forum musique et femmes (FMF), qui milite pour la reconnaissance des femmes tant interprètes que compositrices.


Pourquoi voit-on si peu de femmes cheffesd'orchestre?

– Plus il y a de gloire, de pouvoir et d'argent, moins il y a de femmes. La formule vaut pour la plupart des métiers. Et en ce qui concerne la direction d'orchestre, les places sont rares, et donc plus chères pour tout le monde – homme ou femme. Depuis une bonne centaine d'années, on observe une concentration des postes les plus en vue dans le monde occidental. Quelques stars, toujours les mêmes, se taillent la part du lion. Elles font des tournées internationales, sont régulièrement invitées par les institutions les plus prestigieuses, etc. Les femmes qui dirigent sont mal acceptées et ce n'est pas étonnant: selon les préceptes de la culture bourgeoise, elles doivent éviter d'exposer leur corps, rester passives, discrètes et immobiles – le corset illustre bien ce dogme.
Alors imaginez les tares que cumulent les cheffes: elles donnent des ordres, se tiennent debout, s'expriment par des gestes, seules face à un orchestre assis, le plus souvent à dominante masculine, et devant une salle qui peut contenir 2000 personnes. C'est le paroxysme de l'anticulture bourgeoise! D'ailleurs, on trouve plus de cheffes d'orchestre en Australie, aux Etats-Unis et en Nouvelle-Zélande qu'en Europe. Ce sont des pays jeunes, où ces clichés sont moins implantés.

Pourtant, historiquement, les femmesont toujours fait de la musique...

– Oui, elles ont même toujours dirigé. Mais le XIXe siècle a fait beaucoup de dégâts. On a attribué une aura de génie aux compositeurs et aux chefs, censés jouer un rôle d'intermédiaire entre Dieu et les hommes. Richard Wagner, qui voyait une cause surnaturelle à tout, a poussé ce mythe à l'extrême.
En Suisse, les villes ont commencé à subventionner les orchestres à la fin du XIXe siècle seulement. Dès lors, les positions se sont radicalisées. Les salaires se sont stabilisés, le prestige a envahi la profession et... les femmes ont été écartées pour n'occuper que des postes bien définis – soprano solo, harpe, et naturellement le piano. Lors de mes recherches, j'ai constaté que durant la Seconde Guerre mondiale, les femmes ont souvent remplacé les hommes – partis en campagne – aux positions prestigieuses dans les orchestres. Mais à leur retour, elles sont retournées à leur place, parfois volontairement.


Aujourd'hui, les femmes ont un meilleur accès à la formation et peuvent prétendre aux mêmes postes que les hommes...

– Oui, en théorie. Mais les classes de direction d'orchestre comptent entre une et zéro fille. C'est un phénomène psychologique bien connu: les filles n'y pensent même pas! Et du coup, c'est un cercle vicieux: tant qu'on ne verra pas plus de femmes diriger, cela n'incitera pas les autres à le faire. Il n'y a pas d'émulation, et les rares qui réussissent refusent parfois de revendiquer ce droit pour les autres. Elles veulent avant tout être reconnues pour leur talent de musiciennes.


Alors, quelles solutions?

– Je crois qu'il faut désacraliser le mythe, démocratiser le monde de la musique et, surtout, niveler les hiérarchies. Car après tout, chef d'orchestre est un métier comme les autres. PROPOS RECUEILLIS PAR RBT ----------------------

Salaire mystère

Combien gagnent les chef-fe-s? «Il y a un grand mystère autour des salaires, explique Florence Kraft-Babel, cheffe de choeur et conseillère municipale libérale en Ville de Genève. Dans ce domaine, tout tourne autour de la personnalité. Les diplômes comptent peu et il n'y a pas de barème. C'est donc la notoriété qui fait le salaire.» Les chefs invités sont rémunérés à la prestation (environ 50 000 francs par concert pour les stars internationales, mais nous n'avons pu obtenir aucun chiffre officiel) – «et comme aucune femme n'a la renommée d'un Riccardo Muti ou d'un Daniel Barenboïm, elles gagnent forcément moins», ajoute Chantal Wuhrmann. Idem pour les chefs à la tête des institutions: peu de femmes ont accès à ces postes. «Leur rémunération dépend évidemment de la richesse et de la réputation de la maison qui les engage», nous précise-t-on. En général, ils bénéficient d'un salaire fixe (pour leur poste de directeur) et d'honoraires pour chaque représentation. A Genève, de source bien informée, on estime que Marek Janowski, chef d'orchestre et directeur artistique et musical de l'OSR, aurait gagné plus de 500 000 francs en 2005 (salaire et honoraires cumulés). Une femme au même poste gagnerait-elle autant? L'Etat et la Ville, qui subventionnent largement l'OSR, n'interviennent pas dans sa politique salariale et laissent les coudées franches à la fondation qui le gère. «Toutefois, l'égalité de salaires, à responsabilité égale, devrait être appliquée au nom du principe de l'égalité entre hommes et femmes», indique le Service des affaires culturelles de l'Etat, qui va procéder à un état des lieux sur cette question. RBT -----------------------

Classes désertes

«Les femmes sont comme les singes, elles imitent tout.» Cette élégante boutade, un professeur l'a formulée lorsqu'il a vu débarquer une fille parmi ses élèves1. C'est qu'en 1952, la Suissesse Hedy Salquin était la première femme à intégrer la classe de direction d'orchestre de Conservatoire de Paris. Depuis, bien sûr, les temps ont changé. On ne refuse plus l'accès des femmes à ces classes, comme ce fut le cas pour Chantal Wuhrmann au Conservatoire de Genève en 1966. Les filles, cependant, choisissent rarement cette carrière: l'an prochain, le Conservatoire en accueillera une seule (sur six élèves en tout) dans la classe de direction d'orchestre et deux sur quatre pour la direction chorale, déclare Laurent Gay, professeur. «Cette année, elles constituaient un quart ou un tiers des candidats à se présenter à l'examen d'admission, qui se déroule sans discrimination aucune», assure-t-il. RBT ----------------------

Peu d'appelées, peu d'élues

C'est peut-être le métier artistique où elles exercent le moins: seule une centaine de cheffes d'orchestre mènerait une carrière d'envergure internationale1. Exemple éloquent, le prochain Concours international de direction Sir Georg Solti (du 4 au 10 septembre à Francfort) annonce 32 femmes sur... 500 inscrits.
A Genève, l'Orchestre de la Suisse romande (OSR) n'a jamais été dirigé par une femme, du moins dans sa formation symphonique. «Mais nous ne sommes pas pour autant des machos, explique Steve Roger, administrateur général. C'est simplement qu'il y a beaucoup moins de femmes que d'hommes!» D'ailleurs, l'institution souhaiterait «travailler avec des cheffes comme la Finlandaise Susanna Mälkki (à la tête de l'Ensemble Intercontemporain, ndlr) ou l'Australienne Simone Young (directrice de l'Opéra de Hambourg, ndlr), précise-t-il. Pour l'instant, la chose ne s'est pas faite à cause d'incompatibilité de dates.»
A Berne pourtant, l'Orchestre symphonique – formation moins prestigieuse que l'OSR – invite «au moins une femme par année», assure la directrice Marianne Käch, qui programme également des oeuvres de compositrices. «Je suis sensible à la question de l'égalité. Il faut laisser une chance aux femmes et pour moi, c'est naturel de les voir diriger ou composer.» Est-ce à dire que les femmes à la tête d'institutions sont plus sensibles à la parité? «On peut le penser, reprend Steve Roger. Lorsqu'elle dirigeait le Grand Théâtre de Genève, Renée Auphan avait lancé le mouvement en invitant quelques cheffes. A l'arrivée de Jean-Marie Blanchard (l'actuel directeur, ndlr), cela a aussi été le cas, mais plus depuis quelques années.» Qu'en dit l'intéressé? «Ce qui compte, ce n'est pas le sexe, c'est le talent», déclare M. Blanchard, se refusant à plus de commentaires. (RBt)


une des rares fois où une femme est chef d'orchestre

http://fr.youtube.com/watch?v=v_Eya3_IqOQ
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