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 «Les cadres sont passés de la coke aux calmants»

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Chien Guevara
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Nombre de messages : 9406
Date d'inscription : 10/06/2007

MessageSujet: «Les cadres sont passés de la coke aux calmants»   Mer 24 Sep - 18:33

«Les cadres sont passés de la coke aux calmants»



LIVRE
«L'open space m'a tuer», Alexandre des Isnards et Thomas Zuber, Hachette Littératures, 16,50 euros.

Un livre drôle et choc «L'open space m'a tuer» décortique l’impact des
nouvelles méthodes de management: absence apparente de hiérarchie,
tutoiement, séminaire de «teambuilding», gestion des ressources
humaines par l’affectif... Censés valoriser l’épanouissement, ces
procédés en vogue provoquent, au contraire, solitude et souffrance chez
les cadres. Explications avec Alexandre des Isnards, un des auteurs du
livre.

Comment avez-vous eu l’idée de ce livre?

J’ai commencé d’échanger avec Thomas Zuber, le co-auteur du livre, sur
nos conditions de travail. J’étais dans une agence internet où les gens
partaient en faisant des mails collectifs violents qui ne faisaient pas
réagir la direction. On a commencé à se poser des questions sur le sens
de notre travail, nous nous sentions mal alors que nous aurions du nous
sentir privilégiés. Nous avons eu envie de raconter ça sous forme de
saynètes issues d’histoires vraies qu’on nous a racontées ou que nous
avons observées autour de nous.

Qu’est-ce qui ne fonctionne pas?


Ce qui est en cause, c’est le management en mode projet, où l’autonomie
se transforme en solitude, les cadres se sentent seuls dans ce système.
Il y a perte de sens et de repères. Tout le monde dit s’épanouir dans
cette culture du cool où on se doit d’être enthousiaste, mais c’est une
façade.

Ce management se dit plus humain, plus épanouissant. Quelle est la réalité, quels en sont les ressorts?

Il faut laisser la personne face à son projet et juste l’orienter au
cas où. Sur le papier, c’est très sympa, mais ça ne l’est pas. Le
manager n’aide pas, il n’y a pas de travail collectif. Dans les grandes
entreprises, il faut sans arrêt se réinventer un projet ou son métier.
Si on n’en a pas, on n’a plus rien à faire, on devient responsable de
son inactivité. Tout se gère sur le côté affectif, on ne donne plus
d’ordres car on devient responsable de cet ordre et donc du possible
échec. Il faut laisser l’employé seul responsable. C’est un système qui
fonctionne sans hiérarchie apparente. Un «bon» manager qui veut
survivre n’a pas intérêt à s’impliquer dans un projet.

Peut-on encore faire carrière?


Les entreprises attirent les salariés en leur disant qu’en travaillant
chez elles, elles pourront mieux se vendre ailleurs. Il faut donc se
fabriquer une image de marque pour être employable, il faut jouer un
personnage, donner l’image de quelqu’un d’épanoui… C’est une comédie du
bonheur mais un jeu fatigant. Les cadres qui tirent leur épingle du jeu
sont ceux qui ont compris par exemple qu’une évaluation ne se fait pas
sur des critères objectifs, mais en sachant vendre son travail au bon
moment.

Quel est le rôle de l’open space dans cette comédie?

Les gens sont amenés à jouer leur rôle constamment puisqu’ils sont tout
le temps sous le regard de la communauté. L’open space permet une forme
d’auto-surveillance: les gens intériorisent la norme en fonction des
autres et ils s’autolimitent. Cela permet aussi de détecter ceux qui
sont dans l’esprit ou non. Cela permet aussi de faire du management par
le déménagement en testant la résistance des employés aux changements.

La société du mérite devrait se traduire dans le monde de l’entreprise. Est-ce le cas?

Non, car le mérite se fait en fonction de l’évaluation et cette
évaluation se fait sur l’image de marque que le salarié s’est
construite. La nouveauté, avec le travail en mode projet c’est que la
notion d’«expérience» disparaît. A chaque nouveau projet, on remet les
compteurs à zéro, on oublie ce qui a été fait avant et d’ailleurs, on
est souvent jugé par une personne qui ne sait pas ce que vous avez fait
avant. De plus, on présente chaque nouveau projet comme une grande
aventure au sein de l’entreprise, mais on oublie souvent d’intéresser
les gens financièrement.

Vous avez constaté une vraie souffrance?

Avant les cadres prenaient de la coke pour se dépasser, maintenant ils prennent des calmants pour tenir.

Le manque d’ambition est-il une forme de résistance?

Les salariés se rendent compte de plus en plus tôt que ça ne vaut pas
le coup de s’investir à fond pour si peu de retombées. C’est une
conséquence de cette absence de projet commun entre l’entreprise et les
cadres.

S. ORTOLA / 20 MINUTES ¦ Alexandre des Isnards.

Recueilli par David Carzon
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Clode
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Age : 60
Date d'inscription : 22/07/2007

MessageSujet: Re: «Les cadres sont passés de la coke aux calmants»   Jeu 25 Sep - 8:45

C'est le travail individuel dans une surveillance collective.
A l'image des Star'ac et autres koh-lanta.
Vos propres amis , collègues sont là pour vous "nominé" sélectionner pour le placard. Et vous êtes aussi dans le collectif pour descendre vos collègues.

Un bon panier de crabes pour mieux diriger.
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